Chasse au trésor – Molly Keane

Treasure Hunt, 1952. Traduit de l’anglais (Irlande) par Cécile Arnaud. Éditions la Table Ronde / Quai Voltaire, 2014

Ma chronique :

« Les fenêtres posaient sur l’après-midi leur regard vide aux sourcils rocailleux. Elle avaient contemplé environ deux cent après-midi de septembre, alors en quoi celui-là différait-il ? »

Il diffère en ceci que Roderick Ryall, le maître de Ballyroden, vient de mourir. Le roman commence le jour de son enterrement. On découvre à mesure la famille de Roderick, ainsi que les domestiques. La sœur de Roderick, Consuelo Howard, 60 ans, et son frère, Hercules Ryall. Elle, grande, enrobée, une voix de merle enjôleur, lui, petit, dandy, tous les deux très aristocrates. Veronica, la fille de Consuelo, une jeune femme très effacée. Philip Ryall, le fils de Roderick, moins distingué que ses deux ainés, plus commun. C’est l’héritier du domaine. Et enfin mademoiselle Anna-Rose, la tante de Roderick, une vieille dame terriblement excentrique et adorable. Les domestiques sont quant à eux au nombre de trois : Mrs Guidera, cuisinière et maîtresse femme, acquise à Consuelo ; Bridgid (O’Keefe), dévouée à Hercules ; et Will (William Burke), aux petits soins pour Anna Rose.

A l’ouverture du testament, lorsqu’on découvre que Roderick ne leur a laissé que des dettes, Philip choisit, au grand dam de Consuelo et Hercules, d’héberger des hôtes payants. Entrent alors en scène trois anglais fortunés : Dorothy, sa fille Yvonne, 18 ans et son frère Eustace, antiquaire. Nous sommes juste après la seconde guerre mondiale (« Une guerre de malotrus »).

Chasse au trésor est cynique et drôle, enjoué et farfelu. Le roman se lit comme une pièce de théâtre, et pour cause : ce fut au départ une pièce de théâtre que, vu son franc succès, Molly Keane a adapté en roman – sous son nom de plume de MJ Farrell. Entre quelques pièces du manoir de Ballyroden et les dépendances, les différents personnages, extrèmement bien campés, vont et viennent entre vaudeville et satire décapante de cette aristocratie anglo-irlandaise à laquelle appartenait Molly Keane. Sa plume, comme toujours alerte et raffinée, fait ici autant mouche que merveille. Des dialogues et des personnages savoureux. J’ai beaucoup ri. J’ai vraiment adoré Anna Rose. Un très bon roman ! (c’est le 9ème déjà que je lis de cette grande dame des lettres irlandaises. Il ne m’en reste maintenant plus qu’un à découvrir. Snif)

« – Madame Howard, avez-vous déjà entendu parler de banqueroute ?
– Oui, bien sûr, qui n’en a pas entendu parler ? C’est une façon d’arrêter de payer les factures. »

★★★★★★★★☆☆

NB : Pour en découvrir plus sur Molly Keane, voici le lien vers le billet que je lui ai consacré il y a trois ans, ici

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5 commentaires pour Chasse au trésor – Molly Keane

  1. Antigone dit :

    Ce roman a l’air très sympathique et il me tarde de lire d’autres titres de cette maison d’édition, généralement enthousiasmante. J’ai vu que « La kube » sortait une Kube spéciale Irlande. J’ai pensé à toi ! 😉

    Aimé par 1 personne

  2. Ping : Objectif pal de l’été ~ le bilan – Les lectures d'Antigone

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