La lionne, un portrait de Karen Blixen – Pandolfo & Risbjerg (Bd)

Scénario : Anna-Caroline Pandolfo ; Dessins : Terkel Risbjerg. Éditions Sarabacane, 2015

Ma chronique (décembre nordique, 2) :

Et bien voilà pour moi un nouveau coup de coeur ! Ce roman graphique de quasi deux-cent pages est une biographie romancée de la vie de la danoise Karen Blixen. Il retrace ses nombreuses existences en trois parties, Les vents contraires, Les vents d’est, Le vent tourne. Un nom de naissance, un nom d’épouse, un nom de plume.

Au printemps 1855 nait Karen Christentze Dinesen, au Danemark, surnommée Tanne. Fille de Ingeborg Westenholz, un modèle de vertu et de bonté chrétienne issue de la bourgeoisie et de Wilhelm Dinesen, le fils cadet d’une des plus grandes familles du pays, les Dinesen, elle grandit dans la propriété familiale de Rungstedlund, une vaste demeure nichée entre la mer du nord et un lac où viennent se poser des foultitudes d’oiseaux migrateurs. Son père en est un. « Les cigognes ! Elles n’ont pas le coeur en paix. Tu vas voir, elles hésitent un peu mais elles vont finir par céder à l’appel du large. ». Avant son mariage il a beaucoup voyagé, allant jusqu’à vivre un temps comme trappeur avec les indiens chippewas en Amérique.

La scénariste Anne-Caroline Pandolfo, en un bel hommage à l’oeuvre littéraire de Karen Blixen (qui a excellé dans ses Sept contes gothiques et Contes d’hiver), reprend ici le principe narratif du conte. Elle imagine sept bonnes fées se penchant sur son berceau : Shakespeare, Nietzsche, Shéhérazade, un lion, le Diable, une cigogne et un guerrier Africain. « Vos bouches sont pleines de mots et vos mots courent vite sur vos langues. La petite doit être puissante comme le lion, elle doit avoir l’esprit libre et savoir raconter des histoires qui donnent un sens à sa vie qui sera semée d’embûches… ». On les verra chacun tour à tour au fil de l’histoire. Ils vont en quelque sorte veiller à ce qu’elle devienne ce qu’elle fut vraiment.

Perte de son père, rébellion contre le conformisme austère de son éducation religieuse, pour la jeune Karen, les livres deviennent des armes contre l’enfermement intellectuel. Mais cela ne suffit pas à satisfaire sa conception de l’existence. « Je n’en peux plus ! J’ai besoin de poésie, d’imagination, de grandeur, de folie ! ». En 1903, elle entre à l’Académie des Beaux-Arts de Copenhague. Mais là aussi, les demoiselles sont reléguées au second plan. « 1. Je suis une femme. 2. Je suis née en 1885. 3. Je vis au Danemark. 4. Ma famille a des idées de petits-bourgeois. 5. Ma famille est religieuse, protestante, luthérienne et unitariste. 6. Je suis la seule à m’inquiéter de 1, 2, 3, 4, 5… Que faire ? »

L’une des filles du comte Mogens (la branche aristocratique de sa famille), Daisy Frijs, insouciante, excentrique et frivole, est devenue sa meilleure amie. Elle va lui présenter Hans von Blixen-Finecke et son jumeau Bror. C’est ce dernier qui va finalement lui permettre de sortir de cette existence prévisible et morne, en lui proposant le mariage, l’Afrique et une plantation de café au Kenya.

Je ne vais pas tout raconter, quand même, je précise juste que la BD passe finalement assez vite sur les dix-sept années de Karen en Afrique. Personnellement, j’ai trouvé ça plutôt bien. Tout est dans le Out Of Africa de Sidney Pollack, n’est ce pas ?! C’est l’occasion de le revoir une énième fois. « J’avais une ferme en Afrique, aux pieds des collines du Ngong… » Et après l’Afrique, le dernier chapitre, Le vent tourne, raconte le retour au Danemark, la force de caractère hallucinante de cette femme qui surmonte toutes les pertes et les chagrins en se tournant vers l’écriture, sous le pseudonyme Isak Dinesen.

J’ai aimé le dessin de Terken Risbjerg, aquarelle et trait délicat, expressif, aux couleurs et à leur absence, pleines de lumière.

Une vie fascinante et un coup de coeur pour ce roman graphique ! Un très beau voyage.

« — Lève les yeux, Farah ! Toi et moi… Nous sommes des animaux sauvages, ici ! Et je suis fière d’être un flamant rose au milieu des poules et des moutons !
Tu n’es pas un flamant rose, M’sabu… Tu es une lionne ! »

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Publié dans 7.1 BD-Roman graphique, Danemark, Décembre Nordique 2018 | Tagué , , , , | 5 commentaires

Rentrée littéraire d’hiver 2019 : et la littérature irlandaise ?

Bonsoir à toutes et à tous ! 2019 n’est pas encore là, mais d’ores et déjà une chose est sûre, nous allons être vraiment gâtés, côté parutions irlandaises !

Cette année, j’ai ajouté la rentrée des poches en fin de billet.

Grand format

Janvier 2019

Grace – Paul Lynch (Albin Michel, le 2 janvier)
Maison des rumeurs – Colm Toibin (Robert Laffont, le 3 janvier)
D’os et de lumière – Mike McCormack (Grasset, le 9 janvier)
Edith & Oliver – Michèle Forbes (La Table ronde, le 10 janvier)

Février 2019

Le miracle du Thé – Seumas O’Kelly (Le nouvel Attila, le 8 février) –> parution initialement prévue en février puis en avril 2017, j’en avais parlé à l’époque – ça y est on va pouvoir le lire !

Sinon, nous attendons avec impatience la traduction de Orchid & The Wasp de Caoilinn Hughes, prévue l’an dernier chez Christian Bourgois.

Poche

Janvier 2019

Killarney Blues – Colin O’Sullivan (Rivages noir poche, le 9 janvier)
Phalène fantôme – Michèle Forbes (la petite Vermillon, Éditions La Table Ronde, le 10 janvier)

*

Grace de Paul Lynch

« Irlande, 1845. Par un froid matin d’octobre, alors que la Grande Famine ravage le pays, la jeune Grace est envoyée sur les routes par sa mère pour tenter de trouver du travail et survivre. En quittant son village de Blackmountain camouflée dans des vêtements d’homme, et accompagnée de son petit frère qui la rejoint en secret, l’adolescente entreprend un véritable périple, du Donegal à Limerick, au cœur d’un paysage apocalyptique. Celui d’une terre où chaque être humain est prêt à tuer pour une miette de pain.

Après Un ciel rouge, le matin et La Neige noire, le nouveau roman de Paul Lynch, porté par un magnifique personnage féminin, possède une incroyable beauté lyrique. Son écriture incandescente donne à ce voyage hallucinatoire la dimension d’une odyssée vers la lumière. »

Ma chronique de Un ciel rouge le matin, son premier roman, est par ici

A noter : Le 18 janvier 2019, Paul Lynch sera à la Librairie Millepages à Vincennes, à 19h !

Maison des rumeurs de Colm Toibin (traduit par Anna Gibson)

« Après le sacrifice de sa fille, une mère fomente la mise à mort de l’assassin. Enragée, elle crie sa joie de venger son enfant. Puis son fils est enlevé et passe des années en exil où, dans un douloureux monologue intérieur, il revit le meurtre de sa soeur. Au foyer, il ne reste qu’une fille, obsédée jusqu’à la folie par la place démesurée qu’occupent les disparus dans le coeur de leur mère.
Clytemnestre, Oreste, Électre. Ils mêlent leurs voix en un choeur tragique pour raconter ce drame : l’assassinat d’Iphigénie par son père en échange d’une victoire à la guerre.
Dans des paysages sauvages qui rappellent les contrées isolées d’Irlande, Colm Tóibín donne aux héros et aux héroïnes du mythe grec une humanité bouleversante, inattendue, qui nous hante longtemps. »

Je suis une grande admiratrice de l’ouvre de Colm Toibin. J’ai lu quasiment tous ses écrits traduits en français. Quatre de ses romans sont chroniqués sur ce blog : Le maître, La bruyère incendiée, Le testament de Marie et Nora Webster.

D’os et de lumière de Mike McCormack (traduit par Nicolas Richard)

« Marcus Conway est assis devant la table de sa cuisine, un sandwich et un verre de lait posés sur la nappe blanche. Il lit son journal et écoute la radio dans la maison vide, sa femme et ses deux enfants sont absents. Il est midi et les cloches sonnent l’Angelus, nous sommes le 2 novembre dans le village de Louisburgh, en Irlande. Pendant une heure, jusqu’au prochain bulletin d’information, Marcus se remémore sa vie depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, sa vie de fils, de mari, de père, d’ingénieur du génie civil. Il désosse son passé comme il observe les ponts, d’un regard aussi rationnel qu’émerveillé. Il se souvient également des épreuves qu’il a traversées comme son combat contre la petite corruption locale qui menace sans cesse de mettre en péril la qualité de son travail, et donc la sécurité de ses concitoyens.
Marcus se rappelle ses premières années d’homme marié aux côtés de Mairead, la naissance de leur fille puis celle de leur benjamin – l’aînée deviendra artiste-plasticienne alors que le second partira vivre à l’autre bout du monde, en Australie. Puis ce jour où, comme une large partie de la population du comté, Mairead est prise de violentes douleurs causées par un virus présent dans l’eau du robinet, un véritable désastre sanitaire. Il se souvient ensuite du trajet en voiture pour rapporter des médicaments à sa femme alitée. Il se souvient de sa vie qui s’est alors mise à vaciller…
Mike McCormack raconte avec tendresse et émotion l’histoire d’un homme. En suspension durant cette heure hors du temps, les souvenirs de Marcus Conway s’agrègent avec grâce pour mettre en regard l’intime et la société, le monde rural et l’économie globalisée, la tradition et les grandes questions contemporaines – la démocratie ou encore l’écologie. Il y a une lumière singulière dans ce texte, une langue qui bat au rythme d’un cœur en peine et qui nous immerge dans les profondeurs de l’âme celtique. Écrit d’un seul souffle, D’os et de lumière est un livre qui fera certainement date dans l’histoire de la littérature anglo-saxonne. »

Voici un roman dont j’attendais la traduction avec impatience ! Beaucoup aimé l’auteur au festival New Writings, new Style au Centre culturel irlandais en mars 2017 –> voir mon billet

L’auteur : Nouvelliste et romancier, Mike McCormack a grandi dans une ferme de Louisburgh, dans le comté de Mayo en Irlande. Son troisième roman, D’os et de lumière, a été acclamé par la critique et traduit dans le monde entier. Désigné « Roman de l’année » lors des Irish Book Awards, il a été couronné en 2018 par le très prestigieux International Dublin Literary Award – qui a récompensé par le passé Orhan Pamuk, Javier Marías, Colm Tóibín ou encore Herta Müller. Mike McCormack vit aujourd’hui à Galway.

Edith et Oliver de Michèle Forbes (traduit par Anouk Neuhoff)

« Belfast, 1906. Edith tombe follement amoureuse d’Oliver, un illusionniste ambitieux qu’elle croise un soir de fête trop arrosée et retrouve le lendemain sur scène, où elle doit l’accompagner au piano. Mais c’est sur la jetée de Dun Laoghaire, bien des années plus tard, que s ‘ouvre le roman. Edith y attend, avec sa fille, le bateau qui les emmènera en Angleterre et contemple à regret le pays où elle laisse son mari après avoir tout tenté pour le sauver de ses démons et le soutenir à une époque où le music-hall pâtit de l’arrivée du cinéma.

Edith & Oliver est une déchirante histoire d’amour qui entraîne le lecteur dans les coulisses du théâtre, porteur de rêve et de magie, dont Michèle Forbes, actrice et scénariste, connaît aussi toute la cruauté. »

J’ai beaucoup aimé son premier roman, Phalène fantôme, paru en 2016. Il sort en poche le 10 janvier (voir plus bas dans le billet pour plus d’infos)

L’auteure : Née à Belfast, Michèle Forbes est une actrice de théâtre, de cinéma et de télévision. Parallèlement à sa carrière artistique, elle a étudié la littérature à Trinity College, puis travaillé comme critique littéraire au Irish Times. Ses nouvelles ont été couronnées par plusieurs prix nationaux. Elle vit près de Dublin avec son mari et ses deux enfants.

Le Miracle du Thé de Seumas O’Kelly (traduit par Marc Volin)

« Kilbeg, petit village d’Irlande, début du XXe siècle. Lorsque Nan Hogan, vieille femme acariâtre, tombe malade, le village décide, contre son gré, de l’envoyer à l’hospice. Là, ellerencontre Maura Casey, une femme de ménage, à qui elle confie ses malheurs et qui, pour avoir un endroit à elle, part s’installer dans la maison de Nan, dont elle prétend être la gardienne. Devant son assurance, les habitants laissent faire, mais quand Nan veut rentrer chez elle, les deux femmes s’affrontent autour de la maison… ainsi qu’une voisine, Sara Finnessy, ennemie jurée de Nan.
Portraits de femmes et subtile évocation de la vie de village, ce récit de Seumas O’Kelly décrit avec finesse la vie d’une maison très humble qui cristallise les conflits et les intérêts… mais qui sera aussi la source de résolution de la dispute. »

L’auteur : Considéré comme le plus grand nouvelliste irlandais, couvert d’éloges de son vivant, Seumas O’Kelly (né en 1881) est mort assassiné, en 1918, dans le journal indépendantiste qu’il dirigeait. Fils de commerçants, originaire de Loughran, dans le comté de Galway, membre du Sinn Fein, il a écrit de nombreux recueils de nouvelles (Waysiders, The Golden Barque, The Leprechaunof Kilmeen) et trois romans : Wet Clay, The Lady of Deerpark, et La tombe du tisserand (Attila, 2010) – qui est dans ma pile à lire !

*

En poche

Killarney Blues de Colin O’Sullivan (traduit par Ludivine Bouton-Kelly)
— pas encore de visuel de couverture —

Paru en grand format en 2017 chez Rivages noir. Je suis tombée sous le charme de ce beau roman sombre et mélancolique, porté par le souffle du blues –> lire ma chronique

« La pittoresque ville de Killarney, dans le sud-ouest de l’Irlande, pourrait sembler l’endroit idéal pour profiter d’un soleil trop rare, mais la ville a le blues. Bernard Dunphy, cocher excentrique et guitariste, se languit d’un amour non réciproque et doit composer avec une mère et un cheval tous deux malades ; son ami Jack se mêle d’un crime violent ; et un trio de copines se prennent dans la toile de leurs propres méfaits. Le roman oscille entre l’obscurité et la lumière tandis que ses protagonistes luttent avec leurs démons intérieurs. L’amitié, l’amour et la musique peuvent-ils sauver leurs âmes tourmentées ? »

L’auteur : Après avoir fait ses premiers pas d’artiste sur les planches en jouant Mr Orange (Reservoir Dogs) dans la troupe de théâtre amateur du jeune Michael Fassbender, Colin O’Sullivan s’est tourné vers l’écriture. Il vit aujourd’hui au nord du Japon où il enseigne l’anglais. Il a publié de nombreuses nouvelles et des recueils de poésie. Killarney Blues est son premier roman noir.

Phalène fantôme de Michèle Forbes (traduit par Anouk Neuhoff)

Paru en grand format en 2016. Dans ce roman, il est terriblement question d’amour, d’amour et de mort, mais c’est également une réflexion intelligente sur la vie et l’attachement, ainsi qu’un témoignage d’époque poignant sur l’émergence des Troubles en Irlande du Nord. Une superbe découverte –> lire ma chronique et mon billet sur la rencontre avec l’auteure à la librairie Nouvelle, à Asnières, en mars 2016)

« Belfast, 1969 : tension dans les rues, trouble dans les âmes. De loin, Katherine a tout d’une femme comblée. Trois petites filles, un bébé adorable, un mari valeureux, George, ingénieur et pompier volontaire. Seulement, Katherine a un passé… En 1949, chanteuse lyrique amateur, passionnée par son rôle de Carmen, elle fait la connaissance de Tom, jeune tailleur chargé de lui confectionner son costume de scène. Le coup de foudre est immédiat, mais elle est déjà fiancée à George et la double vie a un prix. Vingt ans après le drame qui a décidé de son destin, Katherine ne parvient plus à garder ses émotions sous cloche. Au moment où sa ville se déchire, elle doit affronter les zones d’ombre de son passé.
Exploration de la mémoire, de l’enfance, de l’amour illicite et de la perte, Phalène fantôme dépeint des morceaux de vie ordinaire qui ouvrent sur de riches paysages intérieurs. »

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, 2019, Nouvelles découvertes, Rentrée hiver 2019 | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , | 13 commentaires

La forêt des renards pendus – Arto Paasilinna

Hirtettyjen kettujen metsä, 1983. Traduit du Finnois par Anne Colin du Terrail. Éditions Denoël, 1994 ; réédition en poche chez Folio, 1996

Ma chronique (Décembre nordique, 1) :

Une lecture hommage au regretté écrivain finlandais Arto Paasilinna.

Quel est le point commun entre Rafael Juntunen, un gangster refusant de partager une fortune en lingots d’or avec ses complices, et qui prend la fuite au fin fond de la Laponie finlandaise, le major Gabriel Remes, en disponibilité de l’armée finlandaise pour cause d’alcoolisme forcené, Naska Mosnikoff, quatre-vingt-dix ans, la plus vieille Skolte de toute la Finlande poursuivie par les services sociaux qui veulent la placer en maison de retraite, Jermakki le chat et un renard surnommé Cinq cent balles ? Laissez-vous emporter dans La Forêt des renards pendus pour le découvrir, vous ne le regretterez pas ! Ce roman est une épopée déjantée et savoureuse, pleine de loufoquerie et de moments de grâce. L’histoire peine légèrement à démarrer, mais c’est finalement pour mieux nous emporter. J’ai adoré l’humour, l’absurde, l’imagination débridée, l’immersion dans les contrées du Nord, l’irrévérence, les personnages truculents, la joie. Je suis ravie de ma bonne pioche, c’est mon troisième Paasilinna, inutile de préciser que je ne vais pas m’arrêter là !

« Fatigué, le gangster alluma une cigarette et constata qu’il était perdu. Mais tant mieux. S’il ne savait pas où il était, personne d’autre ne le saurait. »

★★★★★★★★★☆

Ce billet est ma première participation au challenge nordique de Cryssilda

Publié dans 1.4 Litt. d'Europe du Nord, 8.3 Challenges, Décembre Nordique 2018, Finlande | Tagué , , , , , | 16 commentaires

Décembre Nordique 2018

Cette année, je participe à nouveau au challenge nordique organisé au mois de décembre par Cryssilda. Au menu, tout ce qui touche l’Islande, la Norvège, le Danemark, la Suède et la Finlande.

Voici ci-dessous un petit aperçu des futurs billets qui devraient donc arriver sur le blog courant décembre. Deux romans sortis de ma pile à lire, Rosa Candida de l’islandaise Audur Ava Olafsdottir et Colza mécanique de la suédoise Karin Brunk Holmqvist. Un roman emprunté à la bibli, lecture hommage au regretté finlandais Arto Paasilinna : La forêt des renards pendus. Et puis deux romans graphiques : pour le Danemark, La lionne, un portrait de Karen Blixen (avec Anne-Caroline Pandolfo au scénario et les aquarelles de Terkel Risbjerg). Et pour la Norvège, Munch, de Steffen Kverneland.

Bon mois de décembre à toutes et à tous !

 

Publié dans Décembre Nordique 2018 | Tagué | 9 commentaires

Luna, tome 1 : Nouvelle Lune – Ian McDonald

Luna : new Moon, 2015. Traduit de l’anglais (Irlande) par David Goullet. Éditions Denoël, 2017

Ma chronique :

Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas lancée dans un cycle de SF (à part bien sûr mes relectures régulières du cycle de Dune de Frank Herbert et des Cantos d’Hypérion de Dan Simmons). Ce roman, Nouvelle Lune, est le premier tome de la trilogie Luna écrite par l’auteur nord-irlandais Ian McDonald. Je lorgnais dessus depuis sa parution en français chez Denoël l’an dernier. Et bingo, à la troisième page, j’étais déjà accrochée. Tout au long de ses 450 pages, je me suis absolument régalée.

Nous sommes en 2110, la Terre est exsangue. Sur la Lune, un nouveau far-west ultra technologique, nombreux sont ceux qui tentent leur chance. Marina est de ceux-là. Elle débarque, une Moonbeam parmi tant d’autres, sans un sou. Sur la Lune, les bas-fonds sont en fait au plus proche de la surface : à cause des radiations, plus tu es riche, plus tu vis profond. Tout s’achète et tout se vend. Tu paies ton air, tu vends les sels minéraux de ton urine. Au bord de l’asphyxie, Marina réussit à se faire embaucher comme extra à une soirée organisée par une des cinq familles qui détiennent le pouvoir sur la Lune, les Cinq « Dragons ». Ce soir-là, sa vie va changer, et nous, on va plonger véritablement au cœur du maelström politique qui secoue continuellement la Lune. Comme la Mafia, les Dragons sans cesse complotent et se battent, et le dernier des Dragons, les Corta – dont Adrianna la fondatrice originaire du Brésil a créé Corta-Hélio, les mineurs d’Helium-3, voici cinquante ans – n’est pas au bout de ses peines.

« Il n’y a pas de lois sur la Lune, rien que le consensus, et le consensus proscrit les armes à projectiles. Les balles sont incompatibles avec les environnements pressurisés et les mécanismes complexes. Couteaux, gourdins, garrots, machines subtiles et poisons lents, petits assassins biologiques comme les affectionnent les Asamoah : tels sont les instruments de la violence. Les conflits sont modestes et se livrent nez à nez. »

L’écriture de Ian McDonald est puissante et fluide, et quelle imagination ! Le monde qu’il a créé est original, dur et fascinant, hyper crédible et travaillé. A la fois proche du nôtre et si lointain. Des intrigues imbriquées, des luttes de pouvoir, un background passionnant, une montée en puissance, un rythme de plus en plus haletant, des personnages attachants et d’autres ignobles… Une fin en apothéose, qui ouvre magnifiquement l’histoire. Je crois bien que je n’ai absolument aucun bémol à relever. Deux ou trois petits clins d’œil au cycle de Dune m’ont fait chaud au coeur. Ma seule consolation de l’avoir terminé, c’est que Lune du Loup, le deuxième tome, est déjà traduit. Gros coup de cœur, donc, pour ce roman ambitieux qui tient ses promesses. J’ai été enchantée de bout en bout !

« On a toujours crû que l’apocalypse des robots prendrait la forme de flottes de drones tueurs, de mechas de guerre gros comme des pâtés de maison et de terminators aux yeux rouges. Pas d’une rangée de caisses enregistreuses automatiques à l’Extra ou à la station Alco du coin, pas de la banque en ligne, des taxis automatiques, du système automatique de triage médical à l’hôpital. Un par un, les robots sont venus nous remplacer.
Et nous voilà maintenant dans la société la plus dépendante aux machines jamais créée par l’humanité. Je suis devenue riche, j’ai bâti une dynastie basée sur ces même robots qui ont réduit la Terre à la mendicité. »

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, 7.4 SF-Fantasy-Fantastique, Irlande du Nord | Tagué , , , | 4 commentaires

Un peu de jeunesse : Ourse & Lapin (Julian Gough & Jim Field) – Le loup en slip (Lupano, Izoït & Cauuet)

Ourse & Lapin, tome 1 : Drôle de rencontre

Rabbit’s bad habits, 2016. Illustré par Jim Field. Traduit de l’anglais (Irlande) par Rose-Marie Vassallo. Flammarion jeunesse, Père Castor, janvier 2017. Conseillé pour les 7-9 ans. Format 13x18cm, cartonné ; 112p

Mon avis :

Un hiver, une ourse sortie trop tôt de son hibernation rencontre un lapin vraiment grognon. Entre bonhomme de neige et loup affamé, Ourse et Lapin, que tout semble opposer, ne sont pas au bout de leurs surprises !

Cet album illustré pour jeunes lecteurs est vraiment formidable. De l’humour, des dialogues savoureux, beaucoup de tendresse. Des explications claires de concepts comme la gravité. Certains passages mettant en scène des crottes de lapin vont faire rire les enfants à coup sûr. Les illustrations de Jim Field m’ont énormément plu. Dans des nuances de blanc, gris, noir et bleu turquoise, les personnages sont expressifs et les dessins très doux.

Un livre mignon, drôle et intelligent sur l’amitié, l’entraide et le dépassement des préjugés, pour premiers lecteurs. Un format genre poche comme les grands et une couverture cartonnée qui permet bien de prendre ses aises. Un coup de cœur !

« – La gravité ? dit Ourse. C’est quoi ?
Lapin prit un air important.
– C’est la force mystérieuse qui attire les choses les unes vers les autres.
– Je vois, dit Ourse. Comme l’amitié.
– Non, dit Lapin.
– Comme l’amour, alors ?
– Non, non, dit Lapin.
– Alors… comme la faim, dit Ourse, inspirée par son estomac vide.
– Non ! Non !! Non !!! répéta Lapin. »

L’auteur : Julian Gough est né à Londres, a grandi à Tipperary et a fait ses études à Galway. Il écrit aussi bien pour les adultes que les enfants, mais seule pour le moment sa série Ourse & Lapin est traduite en français. Trois tomes ont paru chez Flammarion jeunesse. Elle a récemment remporté le Prix Livrentête, décerné par plus de 3000 jeunes écoliers français.

Son site ici

J’ai pour ma part découvert Julian Gough le 6 novembre dernier au Centre Culturel Irlandais, lors d’une rencontre où Karl Geary et lui nous ont fait passer une très chouette soirée. Julian Gough nous a tellement fait rire que j’ai eu envie de découvrir Ourse & Lapin. Et j’ai eu bien raison !

*

Le loup en slip, tome 1 : Le loup en slip

Scénario : Wilfrid Lupano ; Dessins : Mayana ItoIz et Paul Cauuet. Dargaud, novembre 2016 ; 36p.

Mon avis :

Je découvre enfin, avec grand plaisir, ce spin off des vieux fourneaux (Le loup en slip est le nom du théâtre de marionnettes de Sophie)

« Au-dessus de la forêt vit le loup. Un cri qui glace, un regard fou. Dans la forêt, on le sait, ne laisse pas traîner tes fesses quand le loup descend pour manger. »

Le loup, toute la forêt l’entend la nuit qui hurle, tout le monde sait ses méfaits. Alors le loup, toute la forêt en parle ! Et le sanglier vend des clôtures anti-loup, l’ours donne des cours de karaté anti-loup, le renard publie une gazette sur les dernières exactions du loup (les trois petits cochons ont disparu !), le libraire fait recette avec ses romans sur les crimes du loup, les cerfs font des conférences sur le loup, deux blaireaux armés jusqu’en haut des rayures forment la brigade anti-loup. « Peur du loup ? Mangez des noisettes ! » : l’écureuil aussi s’en met pas mal à gauche pour l’hiver… Alors bien sûr, quand le loup approche, quel émoi ! … et quelle surprise de ne pas le reconnaître ! Maman Hérisson met bien les mots sur le malaise ambiant : « Impossible ! Le loup, le vrai loup, celui qui me fait peur depuis que je suis toute petite, il ne porterait jamais un slip pareil ! » Car voilà : le loup porte un slip. Et franchement, il ne fait plus peur du tout. « Oh, ce slip ? Ce slip, il a changé ma vie »

Ce premier tome du Loup en slip est drôle et trépidant. Sur la plupart des planches, les dessins sont sortis des cases, à la manière des albums. L’histoire remplit alors la page, avec partout des détails à découvrir. Et mine de rien, son propos est une belle satyre de notre époque actuelle, où la sur-information le dispute au sensationnalisme et à la démagogie, sur fond d’idées reçues et de libéralisme à tout crin. Un album qui plaira autant aux petits qu’aux grands. Seul bémol : l’album est bien trop court !!!

« C’est interdit d’offrir des slips, peut-être ? Y a une brigade anti-slips aussi, dans cette forêt ? »

★★★★★★★★☆☆

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, 1.2 Littérature française, 7.1 BD-Roman graphique, 7.3 Jeunesse & young adult | Tagué , , , , , , , , | 6 commentaires

La confession – Jo Spain

The confession, 2018. Traduit de l’anglais (Irlande) par Marion Boclet. City éditions, octobre 2018.

Ma chronique (rentrée automne 2018, 11) :

Harry McNamara et son épouse Julie sont dans leur salon, un soir, en train de regarder la télévision, lorsqu’un type déboule, un club de golf à la main – et tabasse Harry – le réduit en bouillie. Ici, dès le prologue, on sait qui a agressé qui. Tout le roman va alors se construire et se jouer sur les motivations et les mobiles de chacun des protagonistes – ou leur absence.

Les chapitres alternent entre les voix de Julie, l’épouse, John paul (JP) l’agresseur, et Alice, l’inspectrice en chef chargée de l’enquête. Parce que voilà : JP s’est rendu à la police tout de suite après les faits, couvert de sang et hagard, expliquant qu’il a été pris d’un accès de folie, rossant le premier type qui lui est tombé sous le club : il ne connaissait pas sa victime. Mais Alice n’y croit pas. Harry, l’un des banquiers les plus en vue d’Irlande (« L’argent les définissait », lui et sa femme), vient tout juste d’être innocenté à l’issue d’un long procès traquant les responsables du krach financier de 2007, qui a mis fin abruptement au Tigre celtique, cette période de forte croissance économique irlandaise.

C’est un roman qui change de ce que je lis habituellement sur l’Irlande. Ici, on voit les financiers du Tigre celtique de l’intérieur, et comme on s’en doutait, ce n’est pas joli-joli. Le début du roman pose bien chaque personnage dans son histoire personnelle, de 1990 à 2012. A mesure, on entre en finesse dans les personnalités et on découvre des relations de plus en plus complexes. Personne n’est vraiment ce qu’il semble être. Alcoolisme, enfance maltraitée, harcèlement sexuel… Jo Spain fait habilement monter l’histoire en puissance, jusqu’à une fin magistrale, qui m’a laissée pantoise.

La confession est un thriller psychologique qui tient ses promesses. Original, servi par une écriture dynamique et fluide, c’est un roman moderne et addictif. Un grand merci à City éditions pour cet envoi !

« C’est le choc, qui m’empêche de fonctionner normalement. Les pensées roulent dans ma tête comme des billes sur une assiette. »

★★★★★★★★★☆

Yvon aussi a aimé !

Lors de la deuxième soirée du festival du polar irlandais « Noire Émeraude », en septembre dernier, j’ai pu assister au Centre Culturel Irlandais à Paris à une chouette et intéressante conversation entre Jo Spain et le réalisateur Conor Horgan : « Detectives and criminals from page to screen. » « La romancière irlandaise de polars, Jo Spain, récemment chargée d’écrire son premier drame télévisuel pour RTÉ, nous [a fait] part des difficultés de passer de l’écriture de romans à celle de scenarios. Produite cet été par les réalisateurs de la série irlandaise à succès Love/Hate, sa série Taken Down sort sur écran en novembre 2018 »

(c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’Ailleurs

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, 2018, 7.5 Policiers et thrillers, Rentrée automne 2018 | Tagué , , , | 2 commentaires

Quelques Bds #4 : Les Danois (Clarke) – Les vieux fourneaux, tome 4 : La magicienne (Lupano & Cauuet)

Les Danois (Clarke)

Scénario et dessins : Clarke. Éditions le Lombard, janvier 2018 ; 100 p.

Mon avis :

Copenhague, novembre 2017 : deux enfants blonds naissent dans la même maternité. Un drame pour Sorraya – elle et son mari sont d’origine Jordanienne -, une surprise pour Kirsten, Danoise de souche, car le papa est Mauritanien. Infidélité, maladie ? Bruxelles, mai 2018 : un rapport démographique de l’Unesco dénombre désormais 830 familles issues de l’immigration dans lesquelles sont nés des enfants blonds aux yeux bleus. Cela s’est propagé aux pays alentour. Les bébés sont tous en parfaite santé, les tests de paternité nient de possibles adultères, mais un vent de panique se met pourtant à souffler, comme un virus mortel, les populations européennes s’inquiètent, les communautaristes de tous bords entrent en ébullition.

Sur une idée fantastique, Clarke a créé une histoire très bien fichue, enquête journalistique, récit humaniste, fresque sociale et politique plausible et tout à fait intéressante. Un propos très actuel et agréablement positif. Un scénario travaillé, des personnages sympas, des dessins qui mettent parfaitement l’histoire en valeur, j’ai beaucoup aimé ce one shot du dessinateur belge Frédéric Séron (aka Clarke).

« Parle pas si fort… je me sens dans le même état qu’un meuble Ikéa démonté trop souvent ! »

★★★★★★★★★☆

Un album repéré chez Antigone
*

La Magicienne (Les vieux fourneaux, tome 4) (Lupano & Cauuet)

Scénario : Wilfrid Lupano ; Dessins : Paul Cauuet. Dargaud, novembre 2017 ; 54 p.

Mon avis :

Après une tournée estivale de dix-sept dates avec son théâtre de marionnettes Le Loup en slip, Sophie rentre au bercail avec sa fille Juliette. Au village, Garan-Servier veut agrandir son usine, mais se heurte à une ZAD – une Zone à défendre -, car on a découvert qu’une sauterelle protégée, la magicienne dentelée, vit dans les anciens champs de Berthe.

Le décor est posé pour un nouvel épisode des aventures des compères septuagénaires Antoine, Pierrot et Émile. De bons moments dans cet album, j’ai franchement ri à certains passages :

« – Si vous saviez !! Vous connaissez Guimauve Frombze ?
Gui comment ?
Guimauve Frombze, la série télé… Avec les dragons !
Qu.. ? Ah ! Game of Thrones ?
Oui, c’est ça, Guimauve Frombze. Et ben c’est de la gnognotte à côté des luttes de pouvoir à la fédération départementale de chasse. »

On en apprend plus sur Sophie (vu le couverture, je m’en doutais un peu), c’est très sympa. Mais l’ensemble est franchement moins bon que les précédents opus. On reste sur sa faim avec le scénario, moins travaillé, des dialogues moins percutants, des gags moins drôles, l’ensemble manque de souffle.

J’espère que le prochain tome – qui sort aujourd’hui – sera plus pêchu ! J’ai en tous cas bien hâte de le découvrir, pour retrouver toute cette bande de chouettes personnages.

★★★★★★★☆

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L’Écart – Amy Liptrot #mrl18 #rakuten

The Outrun, 2017. Traduit de l’anglais par Karine Reignier-Guerre. Éditions Globe, août 2018.

Ma chronique (rentrée automne 2018, 10) :

Amy est née dans les Orcades, cet archipel au nord de l’Écosse. Elle est brillante, casse-cou, déterminée, l’amie un peu folle, à nulle autre pareille et tellement vivante. Elle étouffe sur l’île et à dix-huit ans prend son vol, pour des études à Londres.

Mais à quitter les falaises pour les gratte-ciels, la jeune femme a bien failli se casser les ailes. J’ai eu un gigantesque coup de cœur pour ce récit de vie habité, porté par une plume sincère. Amy Liptrot raconte sa plongée dans un alcoolisme forcené, problématique, débilitant, mais surtout explore le chemin qu’elle a pris pour en sortir. Un retour aux sources, aux îles, un rebours sur soi.

Dans L’Écart, on découvre les douze phases du programme des alcooliques anonymes, mais surtout certaines îles des Orcades, et la psyché complexe d’Amy Liptrot. Attachante, splendide. « Je comble le vide laissé par l’alcool en m’ouvrant à la beauté de la nature et en m’intéressant à de nouveaux domaines de connaissance. » Je me suis réellement passionnée pour le roi-caille, l’astronomie, Papay, les vents et les marées. Quel voyage ! Un témoignage remarquable et lumineux, vraiment touchant et passionnant, une écriture fine et envoûtante. Un premier roman à découvrir !

« Malgré mes réticences face à tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une question d’ordre spirituel ou religieux, je me résous à accepter l’existence de « puissances supérieures à moi-même ». Dans mon cas, il ne s’agit pas de Dieu, mais des forces avec lesquelles j’ai grandi et qui m’ont accompagnées toute mon enfance, des forces assez puissantes pour fracasser des navires et façonner des îles. »

J’ai lu ce roman dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire Rakuten 2018. Merci à Rakuten et aux éditions Globe ! #mrl18 #rakuten #amyliptrot #lecart

Publié dans 1.3 Litt. de Gde-Bretagne, 2018, Ecosse, Rentrée automne 2018 | 14 commentaires

Nouvelles découvertes irlandaises #21 : novembre 2018

Mise à jour le 10 novembre 2018, ajout de Steve Cavanagh et Olivia Kiernan

Deux parutions en grand format et deux poches, dont un avant-goût de 2019 !

En grand format

Octobre 2018

13 (Eddie Flynn, #3) – Steve Cavanagh (Bragelonne, 17 octobre)
Irrespirable – Olivia Kiernan (Hugo & cie, 18 octobre)

En poche

Novembre 2018

La Lucarne suivi de L’étrange et le connu – Seamus Heaney (Poésie/Gallimard, 15 novembre 2018)

Janvier 2019

Phalène fantôme – Michèle Forbes (La petite Vermillon, éd. la Table Ronde, 10 janvier 2019)

*

13 de Steve Cavanagh, troisième opus des aventures d’Eddie Flynn (Traduit par Benoit Domis)

« Rachel et Bobby Solomon formaient le couple le plus glamour d’Hollywood, ils avaient le monde à leurs pieds. Mais Rachel est morte, le crâne fracassé, et Robert se tient aujourd’hui dans le box des accusés.
À quelques heures du procès, la défense a appelé Eddie Flynn à la rescousse. En acceptant le dossier, l’ancien escroc s’est lancé dans la partie la plus difficile qu’il ait jamais eue à jouer. Car un homme l’observe, invisible, assis parmi les jurés. Tuer Rachel n’était qu’un début, son oeuvre peut véritablement commencer… »

Lire la chronique du blog EmOtionS : « En trois romans, Steve Cavanagh a dépoussiéré le thriller juridique en y rajoutant de fortes doses d’action, de suspense et de divertissement. »

L’auteur : Né à Belfast, en Irlande du Nord, Steve Cavanagh s’installe à Dublin pour faire son droit mais enchaîne surtout les petits boulots (plongeur, videur, agent de sécurité, opérateur de téléphonie) avant de décrocher un poste d’enquêteur dans un gros cabinet de Belfast, où il gérera les dossiers d’arnaque à l’assurance. Aujourd’hui avocat, il exerce dans le domaine des droits civils et a été impliqué dans plusieurs affaires très médiatisées. En 2010, il a notamment défendu un ouvrier victime d’injures racistes sur son lieu de travail et obtenu la plus forte somme en dommages et intérêts jamais accordée pour discrimination raciale en Irlande du Nord.
Les deux premières aventures d’Eddie Flynn ont été publiées aussi chez Bragelonne : La défense et Un coupable idéal. Je ne vasi d’ailleurs pas tarder à lire le premier tome.

Irrespirable d’Olivia Kiernan (Traduit par Francois Thomazeau)

« Dublin. Le docteur Eleanor Costello, scientifi que respectée, est retrouvée morte chez elle. Suicide ?
À peine remise des coups reçus lors de sa précédente affaire, la commissaire Frankie Sheehan se voit confi er l’enquête. La disparition du mari d’Eleanor puis la découverte d’une deuxième et bientôt d’une troisième victime lui prouvent qu’elle est en présence d’un tueur en série. Et que ce tueur aime jouer avec la mort.
Victimes consentantes, sites BDSM, » near death experiences « , chambres de torture, meurtres filmés et ritualisés : jusqu’à sa confrontation finale avec le tueur, Frankie va s’immerger dans ce que l’âme humaine a de plus noir et de plus pervers. Un noir absolu, malgré les taches de bleu de Prusse, ce pigment utilisé par Chagall et que l’on retrouve sur les victimes comme une signature. »

Lire la chronique du blog Unwalkers : « Ce roman est une réussite, surtout pour une première œuvre, et il n’y a pas besoin d’en faire plus. Le talent d’ Olivia Kiernan est tout simple : de bons personnages et un bon scénario servis par une écriture vive et agréable »

L’auteure : l’irlandaise Olivia Kiernan est écrivain, blogueuse et romancière. Titulaire d’une maîtrise en création littéraire de l’Université du Sussex, elle est née et a grandi dans le comté de Meath, en Irlande. Irrespirable (Too close to breath) est son premier roman, paru en 2018. C’est un thriller qui se passe à Dublin.

La Lucarne suivi de L’étrange et le connu. Traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Hersant. Préface de Jacques Darras

Né en 1939 en Irlande du Nord et mort en 2013 à Dublin, Seamus Heaney est sans conteste une des plus grandes voix de la poésie anglo-saxonne du XXe siècle. Le volume que nous publions, composé de deux recueils parus en 1991 et 1996 et qui encadrent sa réception du Prix Nobel de littérature en 1995, œuvres donc de la maturité, introduisent parfaitement à l’univers singulier du poète marqué notamment par la prégnance constante du monde rural, sa rudesse, ses travaux, ses outils, dont ce fils de fermier né dans une famille de six enfants dans une chaumière de la région de Londonderry a toujours fait le substrat de sa poésie.
Si elle n’est évidemment pas indemne des tourments et violences engendrées par le douloureux conflit qui a marqué l’histoire de son pays, conflit que le poète, homme de paix, a toujours voulu dépasser, la poésie de Heaney reste au plus près des choses concrètes et quotidiennes, attachée à la simplicité des êtres et des choses.
Un poète qui se situe dans l’extraordinaire constellation littéraire irlandaise parmi Yeats, Joyce ou Beckett…

Phalène fantôme de Michèle Forbes (Trad. de l’anglais (Irlande) par Anouk Neuhoff). Paru en grand format en janvier 2016 dans la collection Quai Voltaire, éditions La Table Ronde

–> lire ma chronique

J’avais eu la chance début 2016 d’assister à une rencontre avec Michèle Forbes à la Librairie Nouvelle à Asnières –> pour lire mon billet c’est par là

Présentation éditeur : Belfast, 1969 : tension dans les rues, trouble dans les âmes. De loin, Katherine a tout d’une femme comblée. Trois petites filles, un bébé adorable, un mari valeureux, George, ingénieur et pompier volontaire. Seulement, Katherine a un passé… En 1949, chanteuse lyrique amateur, passionnée par son rôle de Carmen, elle fait la connaissance de Tom, jeune tailleur chargé de lui confectionner son costume de scène. Le coup de foudre est immédiat, mais elle est déjà fiancée à George et la double vie a un prix. Vingt ans après le drame qui a décidé de son destin, Katherine ne parvient plus à garder ses émotions sous cloche. Au moment où sa ville se déchire, elle doit affronter les zones d’ombre de son passé.
Exploration de la mémoire, de l’enfance, de l’amour illicite et de la perte, Phalène fantôme dépeint des morceaux de vie ordinaire qui ouvrent sur de riches paysages intérieurs.

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