Le Gardien des Choses perdues – Ruth Hogan

The Keeper of lost Things, 2016. Traduit de l’anglais par Christine Le Bœuf. Actes Sud, février 2017.

Ma chronique :

Le Gardien des Choses perdues est un livre doux, très British. Deux histoires sont menées de front. L’une autour d’une grande maison nommée Padua, où Anthony, suite à une perte cruelle, collecte des objets que d’autres ont égarés. Laura, amie puis héritière, sera en charge de retrouver leurs propriétaires. L’autre histoire suit à travers les années la petite maison d’édition de Bomber et Eunice, son assistante. L’ensemble est émaillé avec beaucoup de justesse par de courts récits, parfois sombres, sur les objets en eux-mêmes. C’est foisonnant et impeccablement construit jusqu’à la fin, très émouvante.

Dans ce premier roman de l’anglaise Ruth Hogan, il est question de livres, d’écriture, de perte et d’amour, de transmission et de mémoire, de la vie et de ses sens, de différence. Il y a beaucoup de complicité et de bienveillance ; de l’humour, aussi. Un brin désuet, ce roman est plein de sentiments, mais sans rien de mièvre. Une jolie découverte.

Publié dans 1.3 Litt. de Gde-Bretagne, 2017, Angleterre, Rentrée hiver 2017 (janvier-février 2017) | Tagué , , | 4 commentaires

Londres #1 : Keats House

La semaine dernière j’ai passé quelques jours de vacances à Londres. Il est des séjours si agréables, qu’à toute force on souhaite les prolonger… Des billets sur le blog ? Un bon prétexte.

Première étape, et non des moindres : Keats House, au 10 Keats Grove à Hampstead,  au nord de Londres ; la maison où l’immense poète John Keats (1795-1821) a vécu deux années, écrit nombre de ses plus beaux poèmes et rencontré Fanny Brawne.

De la station de métro (sur Northern Line), on y est en à peine dix petites minutes de marche. Prendre à gauche à la sortie de Hampstead Station, descendre la rue principale puis tourner à gauche sur Downshire Hill, et ensuite à droite sur Keats Grove.

Tadaaa-aaahhh :

L’entrée est à 6,50 £, gratuite pour les mineurs. Le guide de visite est très bien fait.

Dédié à la vie et l’oeuvre de John Keats, Keats House est un musée immersif. La visite plonge dans la vie du poète d’une manière chronologique, mais aussi domestique. On entre par paliers dans l’époque et l’existence de John Keats et de ses pairs ; les deux pièces qu’il louait à son ami Charles Brown, un bureau au rez-de-chaussée et une chambre au premier ; la cuisine et les celliers au sous-sol ; le jardin où nous accueille un prunier, descendant de celui sous lequel il a écrit l’Ode à un Rossignol. En plus des meubles, des objets, des photos, des dessins et peintures, des cartels et autres panneaux explicatifs, des citations et des morceaux de poèmes sont peints sur les murs, des essayages de vêtements et de chapeaux d’époque sont proposés. Tout pour le voyage.

Plus on avance, plus on touche du doigt, du coeur, de l’âme, une essence. Cette visite a été aussi agréable qu’inoubliable.

 

Hommage d’un talentueux visiteur, laissé sur le livre d’or.

 

[Sur sa stèle, à Rome où il est mort de la tuberculose, on peut lire cette épitaphe qu’il a composée lui-même : « Here lies one whose name was writ in water » (littéralement, « Ici repose celui dont le nom était gravé dans l’eau »)]

(c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’Ailleurs

De petits souvenirs de Keats House…
Replonger dans les poèmes et les lettres.
Peut-être revoir le film Bright Star.
Relire à nouveau, c’est certain, Les Cantos d’Hypérion, splendide space opera dans lequel Dan Simmons fait revivre avec un talent extraordinaire John Keats.

Bright Star

Bright star, would I were steadfast as thou art–
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors–
No–yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever–or else swoon to death.

Traduction
Étoile lumineuse, puissé-je être immobile comme toi,
Non pas solitaire, resplendissant au-dessus de la nuit,
Les yeux toujours ouverts,
Veillant avec patience, tel un ermite de la Nature,
Observant les eau mouvantes à leur tâche sacrée
De purification des hommes,
Ou encore contemplant la neige fraîchement
Tombée sur les monts et les bois,
Mais plutôt, toujours immobile, immuable,
Assoupi sur le sein fleuri de ma bien-aimée
Pour ressentir à jamais son doux mouvement,
Éveillé pour toujours dans une douce insomnie,
Encore et encore à l’écoute de sa tendre respiration ;
Et vivre ainsi toujours, – ou sinon m’évanouir dans la mort.

Ah ! N’oubliez pas de passer avant de partir par la bibliothèque, qui jouxte le musée : The Keats Cummunity Library.

(c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’Ailleurs

Publié dans 1.3 Litt. de Gde-Bretagne, 7.2 Poésie, 8.1 Blablas, Angleterre, Photos | 4 commentaires

Le Donjon – Jennifer Egan

The Keep, 2006. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Schneiter. Stock, 2015 ; réédité en poche chez Points en 2016.

Ma chronique :

Ce roman m’a beaucoup plu. Une ambiance, des fausses pistes, une histoire dans l’histoire. D’un côté, deux cousins se retrouvent vingt ans après, pour rénover un château partiellement en ruines, quelque part en Europe de l’est. Leur amitié enfantine un jour a violemment volé en éclats. Quand on sait pourquoi, on le sent mal, le plan retrouvailles. Une petite voix bavarde, ça va mal finir, ça va mal finir ! Mais non, en tous cas pas tout de suite, car c’est une deuxième histoire qui nous happe. Celle de Ray et d’un atelier d’écriture en prison, animé par Holly au trouble passé.

D’insidieuses questions jaillissent, tandis que Jennifer Egan nous balade entre ces deux univers fermés. Ces histoires sont-elles liées ? Un des personnages de l’une inventerait-elle ceux de l’autre ? Ou pire, mieux, où est la vérité ? Dans quelle histoire ? Qui sont les vraies personnes ?… Qui ? A mesure que l’on progresse dans l’intrigue, l’atmosphère épaissit, le fantastique titille, le désarroi s’installe et la panique s’immisce, les questionnements pullulent. Le Donjon, c’est le lieu physique, mais aussi une forteresse symbolique, intérieure, où cacher ses trésors ; à l’abri.

J’ai trouvé la construction de ce roman impeccable, même si le démarrage est un peu longuet. Je me suis beaucoup attachée à Ray. Le rythme allant crescendo et les rebondissements de même, c’est limite avec un point de côté qu’on termine Le Donjon. Il a certes quelques imperfections, mais une vraie matière. Je conseille !

Extraits : 

« Un silence d’entre-deux – celui d’un souffle qu’on retient. »

« Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Rien.
— Alors pourquoi tu restes là comme si un volcan t’avait dégueulé ? »

« Tom-Tom est un mec qui se réjouit que personne ne l’aime parce que ça lui donne raison sur le fait que le monde n’est qu’une énorme décharge. Tom-Tom préfère avoir raison qu’être aimé. »

L’auteur : Née en 1962 a Chicago, Jennifer Egan a remporté le prix Pulitzer en 2011 avec son roman Qu’avons-nous fait de nos Rêves ? (A visit from the Goon Squad, 2010). Elle collabore fréquemment au New York Times Magazine.

Lu dans le cadre de ma participation en tant que jurée au
Prix du meilleur Roman des lecteurs des éditions Points 2017

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Douze auteurs jeunesse irlandais #1 : Roddy Doyle

L’an dernier, je vous ai proposé des billets sur des auteurs irlandais lus il y a longtemps : mes Mémoires de Porcelaine. Cette année, c’est à un petit tour d’horizon de la littérature jeunesse irlandaise traduite en français que je vous convie, pour vous présenter douze auteurs, qui écrivent ou non exclusivement pour la jeunesse. Une roue à douze rayons, un trèfle à douze feuilles, douze romans – et même plus – que j’ai déjà lus (sauf pour trois d’entre eux, qui sont encore dans ma Pile à Lire et dont j’ai prévu la lecture dans les mois à venir).

Mais par qui commencer, avec quel auteur inaugurer cette série de billets ? Par ordre alphabétique, cela aurait été Colin Bateman ; en commençant par la fin, Michael Scott. Le plus vieux, C. S. Lewis. La plus jeune, Siobhan Dowd. Au pif, alors ? … et puis au Festival « New writings, new styles » au centre culturel irlandais, en saluant Marie Hermet, mon premier billet s’est imposé naturellement : Roddy Doyle, bien sûr. C’est Marie qui a traduit ses trois  derniers romans jeunesse en français.


Roddy Doyle est un écrivain majeur de la scène littéraire irlandaise contemporaine. Il est né à Dublin en 1958 et a passé son enfance à Kilbarnack, un quartier populaire situé au nord de Dublin – qui lui servira d’inspiration pour ses futurs romans. Après des études à l’University College de Dublin, il devient professeur d’anglais et de géographie ; avant de se consacrer entièrement à l’écriture, à partir de 1993.

« Le style de Roddy Doyle est familier, percutant, composé de dialogues à l’humour acerbe, s’inscrivant dans des scènes de vie quotidiennes, découpés comme un scénario. Il rompt avec le style en vogue dans la littérature anglo-saxonne et opte pour une approche humoristique et sensible de la vie, tout en traitant de sujets graves. » [lire l’article]

Cinq de ses romans jeunesse sont traduits en français, j’en ai lu quatre, le cinquième est dans ma pile à lire, j’en ai chroniqué un. Tous sont très bons.

La série des Aventures de Rover

1. Opération farceuses (The giggler treatment, 2000) Traduit de l’anglais par Marie Aubelle, illustrations de Brian Ajhar, couverture illustrée par Voutch. Publié aux éditions Gallimard-Jeunesse, 2001.
Présentation de l’éditeur : Qui sont les Farceuses ? D’insaisissables petites créatures qui adorent les enfants. Que font-elles ? Elles les suivent partout pour s’assurer que les adultes les traitent convenablement, sinon… Sinon quoi ? Elles les punissent en déposant de la crotte de chien sur leur chemin pour qu’ils mettent le pied dedans. Et pourquoi Mister Mack va-t-il être puni ? Parce qu’il a envoyé ses enfants dans leur chambre en les privant de dîner. Mais il les a rappelés tout de suite après et les Farceuses n’ont pas entendu ! C’est vrai ? Vite, il faut empêcher Mister Mack de marcher dans l’énorme crotte qui se trouve sous son pied. Il s’y enfoncerait jusqu’au genou…

2. Qui peut sauver le Père Noël ? (Rover saves Christmas, 2001) Traduit de l’anglais par Vanessa Rubio, illustrations de Brian Ajhar, couverture illustrée par Voutch. Publié aux éditions Gallimard-Jeunesse, 2002.
Présentation de l’éditeur : En Laponie, la veille de Noël… Le père Noël porte un costume rouge tout neuf, son traîneau est chargé de cadeaux, mais catastrophe ! Rodolphe, le meilleur et le plus rapide des rennes, est cloué au lit avec la grippe. Qui peut sauver le père Noël ? Un seul espoir : Rover ! Rover ? Oui, Rover : le plus intelligent… des chiens ! Et le héros d’Opérations Farceuses. Réussiront-ils à livrer en un temps record leurs cadeaux dans le monde entier ? Cette tournée promet d’être inoubliable et hilarante…

3. The meanwhile adventures (2004) – non encore traduit en France

Plus froid que le Pôle nord (Wilderness, 2007) Traduit par Marie Hermet. Publié chez Flammarion Jeunesse en 2016.
Présentation de l’éditeur : On ne voyait rien. Mais il fallait avancer. Des branches de sapin nous fouettaient le visage. Le frois n’avait plus d’importance. Nous allions retrouver notre mère. Ce n’était plus un jeu. Ce soir-là, un traîneau manque à l’appel. Johnny et Tom se lancent sans hésiter à la recherche de leur mère dans un épais brouillard. Mais combien de temps peut-on survivre dans un univers de glace ?

Her Mother’s Face (2008) – non encore traduit en français

• 3 Femmes et un fantôme (A Greyhound of a girl, 2012) Traduit de l’anglais par Marie Hermet. Publié aux éditions Flammarion, 2013.
Présentation de l’éditeur : « Tout était silencieux. Scarlett conduisait. Mary regardait par la fenêtre. Sa grand-mère dormait ; elle sauait que ce voyage était quelque chose d’unique. Quatre générations de femmes – je suis une femme, se disait Mary – sur la route pour une virée en voiture. L’une morte, l’une prête à mourir, l’une au volant, et la dernière pour qui tout ne faisait encore que commencer. »
Mary ne se posait pas de questions sur le passé de sa famille. Mais quand le fantôme de son arrière-grand-mère vient lui taper sur l’épaule, c’est l’occasion pour la jeune fille de découvrir ses racines.

• A la Poursuite du grand Chien noir (Brilliant, 2015) -> ma chronique
Traduit par Marie Hermet et illustré par Chris Judge. Publié chez Flammarion Jeunesse en 2015.
Présentation de l’éditeur : Le grand chien noir est arrivé à Dublin pendant la nuit. Il répand la peur. Les autres animaux ont essayé de prévenir leurs maîtres, en vain. Les enfants de Dublin, menés par Gloria et Simon, partent à sa poursuite, aidés par des animaux.

(c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’Ailleurs

Pour en savoir plus sur Roddy Doyle, voir ma fiche auteur complète, par ici

Le prochain billet consacré à Douze auteurs jeunesse irlandais parlera de Siobhan Dowd 🙂

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Le Supernaturaliste – Eoin Colfer

The Supernaturalist, 2004. Traduit par Julien Ramel. Gallimard jeunesse, 2004.

Ma chronique :

Le Supernaturaliste est un roman de science-fiction jeunesse très sympa, écrit par l’auteur irlandais Eoin Colfer (le prénom se prononce Own, pour l’anecdote ; merci Maeve !), créateur du célèbre (et génial) Artemis Fowl.

Le troisième millénaire n’est pas rose, sous la plume d’Eoin Colfer, loin de là. A Satellite City, une ville entièrement autonome, gérée de l’espace par un satellite de la multinationale Myishi, il se passe même des choses scabreuses. Prenons Cosmo Hill, par exemple. Orphelin, il est considéré comme un « non-sponsorisé » (entendre par là qu’aucun adulte ne le prend en charge financièrement) et enfermé dans un orphelinat épouvantable où lui et ses condisciples servent de cobayes pour des expériences scientifiques rémunérées. Et lorsqu’enfin un jour l’évasion lui tend les bras, c’est pour découvrir que dehors, la réalité semble encore plus atroce qu’à l’institut Clarissa-Fraysse. Des créatures invisibles pompeuses de vie, une bande de jeunes qui les chassent et se nomment entre eux « les supernaturalistes », Cosmo a du pain sur la planche pour rester en vie…

Des personnages attachants, peut-être un peu trop simples, mais ce léger écueil est largement compensé par le monde original et travaillé qui se tient parfaitement, l’action et les rebondissements. Une plume agréable, de l’humour et une lecture très fluide, ce roman plaira beaucoup aux jeunes lecteurs amateurs de S-F et d’action.

Extraits :

« Mais Zep ne pouvait pas s’arrêter. Les mots giclaient de sa bouche comme autant d’abeilles excitées sortant d’une ruche.
— On dit que vous n’aimez pas la paperasse parce que, parfois, on y trouve des mots de plus de trois lettres. »

« Cet endroit me donne la chair de poule. Vous savez qu’ils n’ont même pas la télé par satellite, ici. Certaines maisons n’ont que dix ou quinze chaines pirates. Qu’est-ce qu’ils font toute la journée ? »

« A Satellite City, la pluie était si drue qu’elle aurait pu arracher l’oeil de l’inconscient qui aurait eu l’idée saugrenue de regarder le ciel pendant une averse. Les molécules d’eau réagissaient à certaines vapeurs toxiques et s’agrégeaient beaucoup plus facilement qu’elles n’auraient dû. Elles fonçaient ensuite vers le sol comme des missiles. Les traditionnels parapluies n’étaient plus d’aucune utilité. Les nouveaux modèles, de plus en plus populaires à Big Pig, étaient en plastique rigide. »

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L’île du Point Némo – Jean-Marie Blas de Roblès

Zulma éditions, 2014 ; réédité en poche chez Points, 2016.

Ma chronique :

Dans ce roman à la croisée de Jules Verne et Blake et Mortimer, saupoudré d’uchronie steampunk et de pirouettes entre fiction et réalité, on voyage en transsibérien et en dirigeable, de Paris à Pékin en passant par Sydney, Cuba et le Périgord noir. On poursuit le sinistre enjambeur Nô et un diamant légendaire, tout en croisant une galerie de personnages complètement dingue, tous plus excentriques, improbables ou incroyables les uns que les autres.

L’île du point Némo est un livre vraiment réjouissant. Vaste, ludique et foisonnant, d’une créativité sensationnelle, et souvent drôle. La culture encyclopédique et le style élégant de l’auteur m’ont séduite, même quand il en fait un peu des tonnes, et qu’on se paume. J’ai été emportée quasi dès les premières pages par le rythme effréné de la narration, les feuilletons en mille-feuilles et les frontières perméables. J’ai adoré !

Extrait :

« Toute phrase écrite est un présage. Si les événements sont des répliques, des recompositions plus ou moins fidèles d’histoires déjà rêvées par d’autres, de quel livre oublié, de quel papyrus, de quelle tablette d’argile nos propres vies sont-elles le calque grimaçant ? »

« Mais en réalité, il pense si peu que lorsque cela lui arrive, il a l’impression de saigner du nez. »

« Le lecteur nous saura gré, nous l’espérons, de lui donner quelques détails sur ces « Semeurs d’épouvante ».
Honni entre tous, brûlant les lèvres de celui qui le prononçait, ce vocable évoquait non pas un seul ennemi, mais deux adversaires réunis par la frayeur qu’ils inspiraient. Dans l’univers thériomorphe des cavaliers nomades, il y avait d’un côté la horde des Cosaques épistémologues, de l’autre celles des Créationnistes, les hussards de la vraie foi. Deux idéologies antagonistes qui rassemblaient sous leur bannière quantité de sectes ou de groupuscules plus ou moins apparentés.
Les Epistémologues, qu’on appelait par moquerie les « Cosaques à pirogue » pour leur habileté à naviguer dans les méandres de la rhétorique, défendaient l’absence définitive et incontestable de toute divinité. Ils en tiraient le bonheur d’une telle liberté individuelle qu’ils avaient entrepris de l’imposer à tous comme un cadeau suprême. Ces Cosaques étaient plus connus sous le nom de Zépistos, ou même de Zippos, tant s’avérait systématique leur habitude d’incendier les lieux où ils passaient.
Pour les Créationnistes, c’était le contraire : seul un dieu avait pu mettre au monde notre univers ; décidés au martyr pour propager cette évidence, ils se nommaient eux-mêmes « les Crédieux » pour « Créatures de Dieu » et vous donnaient du « mon frère » ou « ma soeur » à tout bout de champ. On les craignait pour leur propension à se faire exploser auprès de vous à la moindre contrariété. »

Lu dans le cadre de ma participation en tant que jurée au
Prix du meilleur Roman des lecteurs des éditions Points 2017

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Festival « New writings, new styles » au Centre Culturel Irlandais (Paris 5ème) – 3 & 4 mars 2017

Petit retour sur le passionnant festival littéraire franco-irlandais « New writings, new styles » qui s’est tenu les 3 et 4 mars derniers au Centre Culturel irlandais, à Paris.

Le Centre Culturel Irlandais est situé non loin du Panthéon, dans le Collège des Irlandais, dont les origines remontent à 1578. Un très beau bâtiment.

J’ai eu la chance de pouvoir assister à quatre des rencontres et tables rondes :

L’écriture romanesque aujourd’hui, en France et en Irlande (animé par Lara Marlowe), avec Mike McCormack, Lisa McInerney et Maylis de Kerangal.

La nouvelle, un renouveau (animé par Jean-Michel Picard), avec Rob Doyle, Paul McVeigh et Declan Meade.

Faits alternatifs ou fiction alternative : la vérité, quelle importance ? (animé par Cliona Ni Ríordáin), avec Colette Fellous, Julia Kerninon et Rob Doyle.

*
Par où commencer et dans quelle direction avancer ? (animé par Sinéad Mac Aodha), avec Dermot Bolger, Paul Lynch, Léonor de Récondo et Patrick Deville.

Les débats ont été très animés, souvent passionnants, toujours drôles – comme à chaque fois que s’y trouvent des irlandais. Fatigants, aussi ! (car très peu traduits). Beaucoup de pistes de réflexions intéressantes. J’y ai découvert trois écrivains non encore traduits en français : Rob Doyle (j’ai craqué et acheté son dernier roman, This is the Ritual ; ma première dédicace du festival), Lisa McInerney et Mike McCormack, dont on entend énormément parler ces derniers temps, et que j’ai vraiment hâte de découvrir. Le plaisir de rencontrer (et d’écouter !) Paul McVeigh et Paul Lynch, dont j’ai lu les premiers romans (Un bon Garçon – Philippe Rey, 2016 – chroniqué ici et Un Ciel rouge le Matin, Albin Michel, 2014 – ). Et l’extraordinaire Dermot Bolger. La Ville des Ténèbres a été un des premiers romans irlandais que j’ai lu il y a vingt ans. J’ai presque lu tous ses romans depuis, un peu de sa poésie aussi (voir mon billet). Ca a été vraiment très touchant d’échanger quelques minutes autour d’une dédicace.

L’accueil est toujours très sympathique, au Centre Culturel Irlandais. Mais cette fois-ci, il y avait en plus un anniversaire à célébrer ! Les 18 ans du Franco-Irish Literary Festival de Dublin. Le gâteau était bon. Happy Birthday et merci !

Nous avons passé de très bons moments pendant ce festival, passionnant et convivial. J’espère qu’il deviendra un rendez-vous régulier.

Photos et vidéo (c) Hélène Hiblot et Lettres d’irlande et d’Ailleurs
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Un Ciel rouge, le Matin – Paul Lynch

Red sky in morning, 2013. Traduit par Marina Boraso. Albin Michel, 2014 ; réédité en poche au Livre de Poche, 2015

Ma chronique  (initialement publiée sur Babelio le 6 novembre 2014 – je réalise ce soir que je ne l’ai jamais publiée sur le blog ! j’y remédie, avec quelques « arrangements »)

Dans ce premier roman, Paul Lynch fait preuve d’une qualité d’écriture absolument remarquable : un lyrisme sombre, une poésie, une puissance extraordinaire.

1832, du Donegal à la Pennsylvanie en passant par Derry – et une traversée terrible de l’Atlantique : c’est un destin bouleversé que nous fait vivre Paul Lynch ; celui de Coll Coyle, métayer expulsé avec sa famille par son riche propriétaire anglais. L’incident irréparable. La fuite en avant en forme de chasse à l’homme.

Dans l’ensemble, ce roman m’a ravie. On y perçoit avec une acuité presque magique la vie de l’époque et certaines ambiances (le port populeux et l’attente avant l’embarquement – la traversée m’a énormément plu), la différence de classe, la condition d’émigrant, la peur devant la maladie et la cruauté. L’instant où la vie bascule, ce presque rien qui mène à la chute, inexorable ; et le feu pourtant toujours tenace qui brûle en l’homme, d’exister. J’ai beaucoup aimé l’épilogue.

Quelques bémols, cependant, à mon sens : dans la première moitié du roman, l’écriture est parfois tellement travaillée que l’intrigue s’en trouve délayée, voire même carrément perdue, dans l’observation du grain d’un nuage ou de la rugosité d’une planche. Coyle manque de consistance et même hélas un peu de crédibilité. Ensuite, j’ai trouvé à plusieurs reprises des invraisemblance dans certains enchaînements d’action. Et pourtant, là, Coyle a pris de l’épaisseur, et je me suis vraiment attachée à lui. L’amitié qu’il noue avec Cutter est formidable, leur périple américain, terrible, extraordinaire.

Dans l’ensemble, ce roman est incontestablement de très grande qualité ; une belle lecture et un grand voyage ; je le conseille.

Quelques extraits :

« Les mots sont sortis de sa bouche, mais il manque pour les étayer la fermeté de la certitude, aussi vont-ils se perdre dans la mousse, balayés par le vent, un tremblement dans la voix du jeune homme trahissant le mensonge. »

« Et alors plus rien n’existe que les flots, torturés par des mains invisibles, maelstrom fuligineux qui aspire le bateau vers le fond avant de le recracher. La Murmod donne de la bande, sa charpente rudoyée se tord en gémissant et tous à part le capitaine craignent de la voir se disloquer. Les matelots se démènent, mus par une force surnaturelle, tels des incubes qui auraient absorbé l’énergie des passagers démunis terrés à fond de cale, condamnés à ballotter sur leur couchette, dans l’obscurité, les entrailles et l’esprit remués par une nausée qui les accable et les renvoie au néant de leur propre impuissance. »

« Le jour s’achève sous un ciel muet. Le forgeron lève les yeux vers les rougeurs du couchant. À l’ouest une estampe d’ombres sur le ciel, et les nuages embusqués, avec leur provision de pluie. Le vent exhale de longs soupirs, les feuilles tiennent fermement aux branches, seul l’automne les décrochera. Le monde s’enfonce dans la nuit, les oiseaux enfouissent la tête sous leur aile. Il règne un grand silence jusqu’à ce que les nuages crèvent, et un déluge descend sur la terre impassible, la vieille terre tremblante qui tourne le dos au soleil déclinant. »

L’auteur : né en 1977 dans le Donegal (le Comté le plus au nord de l’Irlande), Paul Lynch est journaliste et critique de cinéma, il écrit régulièrement dans le Sunday Times, l’Irish Daily Mail et l’Irish Times. Un Ciel rouge, le matin a été salué unanimement par la presse comme une révélation. Il a été finaliste en France du Prix du Meilleur Livre étranger. Depuis, il a écrit La Neige noire, paru chez Albin Michel en 2015 (The black Snow, 2014). Son troisième roman, qui sera une suite à Un Ciel rouge, le Matin, Grace, va sortir cette année. Il sera publié en France en 2018 chez Albin Michel. Youpi.

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Nouvelles découvertes irlandaises #10 : Mars 2017

Sorties prévues en grand format

Mars 2017 :

• L’Herbe maudite – Anne Enright (Actes Sud, le 2 mars 2017)
Luna – Ian McDonald (Denoël, coll. Lunes d’encre, le 16 mars 2017)

Avril 2017

Assez de Bleu dans le Ciel – Maggie O’Farrell (Belfond, le 6 avril 2017)
Mon Midi mon Minuit – Anna McPartlin (le Cherche-midi, le 6 avril 2017)
Mauvaise Prise – Eoin Colfer (Gallimard, Thriller, le 13 avril)

*

L’Herbe maudite de Anne Enright

« Cette année, les quatre enfants de Rosaleen Madigan retournent fêter Noël en Irlande, dans la maison de leur enfance. Ce sera la dernière fois. Leur mère, veuve depuis quelques années, a décidé de la vendre.
Constance, l’aînée, arrive avec les courses et toute sa famille. Dan rentre de Toronto, sans son copain Ludo, dont il vient pourtant d’accepter la demande en mariage. Leur cadet, Emmet, qui coordonne des opérations humanitaires, traîne un chagrin d’amour. Et la benjamine, Hanna, actrice à la capitale, apporte ses doutes et ses joies face à sa maternité toute récente.
Anne Enright examine cette réunion familiale et le passé de la fratrie avec une formidable acuité psychologique et son franc-parler réjouissant. Elle insuffle dans son roman une profonde empathie pour ces êtres qui négocient chacun un tournant délicat de la vie.

L’auteur : Anne Enright « appartient à cette tradition de rigueur artistique et de franc-parler irlandais potentiellement explosif » (The Independant). Née à Dublin en 1962, Anne Enright a d’abord été actrice et productrice de télévision avant de se consacrer entièrement à la littérature. Ses livres, essais, nouvelles ou romans, ont été couronnés par de nombreux prix dont le Booker Prize en 2007 pour son ouvrage Retrouvailles (Actes Sud, 2009) –> lire ma chronique

*Pour

Luna de Ian McDonald

« 2110.
Sur une Lune où tout se vend, où tout s’achète, jusqu’aux sels minéraux contenus dans votre urine, et où la mort peut survenir à peu près à n’importe quel moment, Adrianna Corta est la dirigeante du plus récent des cinq «Dragons», ces familles à couteaux tirés qui règnent sur les colonies lunaires. Elle doit l’ascension météoritique de son organisation au commerce de l’Hélium-3. Mais Corta-Hélio possède de nombreux ennemis, et si Adrianna, au crépuscule de sa vie, veut léguer quelque chose à ses cinq enfants, il lui faudra se battre, et en retour ils devront se battre pour elle…
Car sur la Lune, ce nouveau Far West en pleine ruée vers l’or, tous les coups sont permis.
Développé en série télé par CBS, souvent comparé à Game of Thrones à cause de la brutalité de ses intrigues, récompensé par le Gaylactic Spectrum Award 2016, Luna est le premier volume d’une trilogie. »

L’auteur : Ian McDonald est né en 1960, à Manchester. C’est l’un des auteurs de science-fiction les plus talentueux et les plus récompensés. Il est notamment connu pour son roman Le fleuve des dieux qui a reçu de nombreux prix. Ian McDonald vit à Belfast avec sa femme. Je suis bien décidée à enfin découvrir cet auteur !

*

Assez de Bleu dans le Ciel – Maggie O’Farrell

(Youpi, je guettais cette parution !) N’ayant encore rien trouvé sur le site de la maison d’édition française, je mets le lien vers le livre en version originale (paru l’an dernier), sur le site de l’auteure : « This must be the Place »

L’auteur : Maggie O’Farrell est une auteure que j’adore. Voir ma notice.

*

Mon Midi mon Minuit – Anna McPartlin

« À la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre…

Comment survivre à la perte et au chagrin ?
Quel courage l’existence peut-elle parfois exiger de nous ? »

L’auteur : Après une carrière dans le stand-up, Anna McPartlin est devenue romancière. Elle est l’auteur, au Cherche Midi, des Derniers jours de Rabbit Hayes, son premier roman publié en France.

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Mauvaise Prise – Eoin Colfer

(Je mettrai le billet à jour lorsque j’aurai plus d’infos)
C’est le deuxième opus des aventures de Daniel McEvoy, paru en 2013 sous le titre Screwed. J’avais été déçue par le premier, Prise directe (lire ma chronique par là)

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Sorties en poche

Nouveautés :

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air – Darragh McKeon (10-18, le 16 mars 2017)
Les Hôtes de la nation – Frank O’Connor (La Table ronde, coll. la petite Vermillon, 6 avril 2017)

Et l’an dernier :

J’y suis presque – Nuala O’Faolain (Sabine Wespieser poche, novembre 2016
Oliver ou la Fabrique d’un Manipulateur – Liz Nugent (J’ai Lu, août 2016)

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Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Darragh McKeon (paru en grand format chez Belfond en 2015)

« Dans ce roman d’un réalisme incroyable, McKeon relate la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, qui marquera le début de la chute de l’empire soviétique.
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s’étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l’aube. Du ciel cramoisi, inquiétant, les oies tombent.
Nous sommes le 26 avril 1986. Il s’est passé quelque chose à Tchernobyl… »

Mon coup de coeur de la rentrée littéraire d’automne 2015. Lire ma chronique ici

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Les Hôtes de la Nation de Frank O’Connor. A lire absolument.

« On a dit de Frank O’Connor qu’il était un «Flaubert au milieu des bocages irlandais». Ce premier recueil de nouvelles à paraître en français contient onze de ses plus célèbres histoires. Chacune met en scène cette mystérieuse ligne de force à partir de laquelle des individus prédisposés à l’acquiescement se raidissent : le cœur se durcit au moment même où on l’imagine sur le point de s’adoucir. Dans la nouvelle éponyme, deux soldats britanniques emprisonnés se lient d’amitié avec leurs geôliers, qui reçoivent un jour l’ordre de les exécuter. Dans Les Lucey, un père refuse de serrer la main de son frère à cause de sa fierté blessée par la mort de son fils. Ces histoires généreuses d’esprit et fines de sentiment mettent en scène coutumes, piétés, superstitions, amours et haines à un moment où les conditions de la vie moderne déchirent lentement le tissu de la société irlandaise. »

L’auteur : Son vrai nom est Michael O’Donovan, et il est né dans la ville de Cork. Il rejoint les « Irish Volunteers » et combat du côté républicain pendant la guerre civile. Il a dirigé l’Abbey Theatre et a enseigné à l’université d’Harvard, à Northwestern University ainsi qu’au Trinity College de Dublin, qui l’a récompensé par un « D. Litt. » en 1962. Il a publié des centaines de nouvelles, des traductions de poésie en gaélique, deux romans, des pièces de théâtre, une biographie ainsi qu’une autobiographie en deux tomes et un important essai sur l’art de la fiction. O’Connor fut un maître de la nouvelle et un brillant traducteur. Enfance, sexe, religion, communauté – ces thèmes sont récurrents dans les histoires de cet écrivain.

J’y suis presque de Nuala O’Faolain

« « Je ne savais pas que je m’embarquais pour un voyage quand j’ai écrit les premiers mots de On s’est déjà vu quelque part ?, et je ne pensais pas que des eaux calmes m’attendaient peut-être, moi aussi. Mais je comprends qu’un mouvement a commencé à ce moment-là qui ne sera pas terminé avant que je connaisse la sérénité. Sans doute parce que je peux entrevoir le lac de la pièce où j’écris cela, je me dis parfois que j’y arrive, que j’y suis presque. »
Avec le succès de On s’est déjà vu quelque part ?, son premier récit autobiographique (SW poche, 2015), très rapidement suivi d’un roman, Chimères (Sabine Wespieser éditeur, 2004), la vie de Nuala O’Faolain a radicalement changé : d’éditorialiste solitaire, les pieds solidement ancrés dans la terre irlandaise, elle est devenue un écrivain reconnu, installé une partie de l’année aux États-Unis.
Intelligent, lucide et généreux, J’y suis presque (première édition : 2005), son deuxième livre de mémoires, est avant tout le roman d’une vie, la sienne : celle d’une femme dans la cinquantaine à qui tout sourit enfin, mais dont la quête de sérénité se heurte sans trêve aux fantômes du passé. Si elle y est presque, rien n’est jamais gagné, et c’est à la lumière de cette contradiction intime que s’est écrite l’œuvre intense de cet auteur trop tôt disparu (née en 1940, Nuala O’Faolain est morte en 2008). »

L’auteur : Nuala O’Faolain est née à Dublin en 1940 et morte, dans la même ville, en 2008. C’est une auteure à découvrir absolument. Pour lire sa bio et feuilleter ses titres chez Sabine Wespieser, c’est par là.

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Oliver ou la Fabrique d’un Manipulateur de Liz Nugent (paru en grand format chez Denoël en septembre 2015)

« Avec ce premier roman, Liz Nugent signe une pépite de suspense psychologique. » Marion Pluss – Elle Oliver ou la fabrique d’un manipulateur Alice et Oliver Ryan sont l’image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu’elle plonge dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d’une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Nouveau génie du suspense psychologique, Liz Nugent dissèque la fabrication fascinante d’un monstre, du mal à l’état pur. »

L’auteur : Liz Nugent est née en 1967 à Dublin. Scénariste et romancière, son deuxième roman Profil bas vient de paraître en France chez Denoël (février 2017)

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A bientôt, pour de nouvelles découvertes irlandaises !

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Prise directe – Eoin Colfer

Plugged, 2011. Traduit de l’anglais (Irlande) par Antonin Chainas. Gallimard, série noire, 2012.

Ma chronique (publiée initialement sur Babelio le 18 mars 2015)

C’est rare chez moi, mais j’ai lâché ce livre aux deux tiers de sa lecture et je ne l’ai pas terminé. Depuis la page 50 je me disais « accroche-toi, tu vas bientôt être happée… ». A la page 200 je ne l’étais toujours pas, et le livre m’est tombé des mains.

Eoin (se prononce Owen) Colfer est un écrivain irlandais dont j’ai dévoré les Artemis Fowl, une merveilleuse série de fantasy pour la jeunesse. Prise directe est sa première incursion dans le roman noir… et pour moi, l’essai n’est hélas pas transformé.

Pourtant, l’écriture est riche et travaillée, le personnage central Daniel McEvoy, complexe et d’une belle épaisseur nuancée, l’humour est de qualité… mais je me suis ennuyée. Trop de flashbacks au début délayent complètement l’intrigue, et ensuite c’est souvent parti dans des directions qui m’ont agacée ou laissée sceptique, parfois des scènes et des personnages à gros potentiel ont été bâclés, voire laissés en plan.

Je n’ai pas accroché. Je suis déçue.

NB : la suite des aventures de Daniel McEvoy, Mauvaise Prise (Screwed, 2013) sort le 13 avril prochain chez Gallimard.

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