Read-a-thon du mois anglais 2018

Le Read-A-Thon du Mois anglais organisé par Lou & Cryssilda commence aujourd’hui et se termine dimanche 17 juin. On va lire anglais le plus possible, mais surtout partager nos heures anglaises. Bon, comme j’ai pas mal d’autres trucs de prévus ce weekend, j’espère que ma participation à ce marathon de lecture ne sera pas un flop total. En tous cas, je viendrai ici régulièrement raconter mes avancées !

Mes objectifs : Terminer Les Vestiges du jour de Kazuo Ishiguro (il me reste 200 pages), et lire Le Chagrin des Vivants d’Anna Hope (383 pages).

GO !

Les autres participants :
AlexielleBidibBlandineClarabel,
FondantGrignoteHildeKobaitchi,
 lcath,
LilasL’Or RougeLou
Touloulou

Vendredi 15 juin :

20h : Journée bien remplie, j’ai réussi à avancer un peu Les Vestiges du Jour en rentrant du taf, pendant que je préparais la soirée apéro-barbecue : + 30 pages tout rond (p. 162)

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1h : petit tour sur les blogs des participants au R-A-T et 24 pages lues (p. 186)

Samedi 16 juin

14h30 : Ce matin est arrivé chez nous un nouveau petit compagnon-chaton, Osiris ; du coup, entre aller le chercher puis craquer (gâtouiller ?) totalement avec mes enfants, la matinée a été peu productive en lecture ! 28 pages lues tout de même (Les vestiges du Jour, p. 214)

    

18h : Hum hum il fait beau, c’est la fête du commerce dans ma ville, Osiris est vraiment trop poilant. mais tout n’est pas perdu ! J’ai quand même lu douze pages en prenant un goûter anglais : Sultana scones de chez Marks & Spencer et thé noir au citron de chez Fortnum & Mason. (p. 226)

je vais maintenant faire un petit tour sur les pages du R-A-T, à ce soir !

Minuit et demie : 10 pages de mieux, ce qui me monte les Vestiges du jour à la page 236. Hum hum. Bilan en cette nuit de samedi, 104 pages lues, je frôle le flop !

Dimanche 17 juin

12h30 : Je me suis levée plus tard que prévu, du coup entre faire ronronner Osiris, passer au marché et préparer le déjeuner, j’ai lu 24 pages (p. 260). Par contre j’ai fait une chouette trouvaille à la cabine à livres en rentrant du marché – pas anglaise par contre lol -, une édition poche de 1974 de La mulâtresse solitude, d’André Shwartz-Bart. C’est le deuxième volet d’une sorte de trilogie dont j’ai lu le dernier tome l’an dernier, L’Ancêtre en solitude (ma chronique est par-là); un livre fort, émouvant et subtil que j’avais beaucoup aimé.  Pour être raccord avec le thème du weekend, il y a des biscuits anglais au cheddar à l’apéro ce midi !

Cet après-midi, nous avons prévu d’aller au ciné avec ma grande, dont les épreuves du Bac commencent demain… Histoire de faire descendre un peu la pression !

20h : Nous sommes allées voir Le cercle littéraire de Guernesey (raccord au thème là aussi, haha). Un moment de cinéma sympathique, mais de mémoire j’avais beaucoup préféré le roman, lu en 2011, à sa sortie en poche. Par contre ce fut splendide de voir les paysages, et le village de Guernesey, tout pentu, trop mignon ! Heureusement que j’avais des mouchoirs, par contre, car certains passages sont hautement lacrymogènes. En rentrant du ciné, tea time au soleil, 32 pages lues (p. 292)

1h du mat’ : Je termine le Read-a-thon sur un coup de speed ! J’ai terminé Les Vestiges du Jour, 338 pages (+46 p.) – j’ai vraiment beaucoup aimé -, et j’ai commencé dans la foulée Le chagrin des vivants ; au départ, c’était juste histoire d’en lire dix pages pour me dire que je l’avais quand même entamé… Et puis bim, quand j’ai levé le nez, j’en avais lu 51 pages. Je suis emballée !

Du coup, bilan de ce weekend de Read-a-thon : 257 pages lues.

Mon objectif est dans les choux, mais j’ai évité le flop ! En tous cas je suis ravie d’avoir tenté l’expérience car ça m’a vraiment motivée à lire de-ci de-là dès que j’ai eu un moment. Je crois que sinon, vu l’occupation de mon weekend, je n’aurais quasiment rien lu !

Et ce fut vraiment chouette de lire et partager entre copines ♥ Merci !

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Publié dans 8.3 Challenges, Le Mois anglais | Tagué , | 47 commentaires

Mes prochaines lectures #4

Présentation succincte de mes lectures en cours et à venir. Certains des livres présentés dans cette rubrique ne seront peut-être pas terminés tout de suite et il viendra certainement se greffer entre eux de nouvelles lectures au gré du vent et des humeurs, car cette présentation n’a pas vocation d’exhaustivité ni de tables de la loi. C’est simplement l’instantané de mes désirs de lecture, de mes projets et de mes joies.

• Pour continuer le mois anglais, deux poches que je suis absolument ravie de sortir de ma pile à lire, #annahope et #kazuoishiguro
• Deux nouveautés irlandaises dont j’entends un bien énorme #eimearmcbride et #sebastianbarry
• Le seul roman de ma chouchou #maggieofarrell que je n’ai pas encore lu (sorti de ma PAL également)
• Et un nouvel achat en poche #yaagyasi

Il semblerait que j’aie des heures de bonheur de lecture en perspective 😀

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Les couleurs de Lisbonne #2 : Les ruelles de l’Alfama

Alfama est le quartier le plus ancien et pittoresque de Lisbonne, le seul à avoir survécu au tremblement de terre de 1755 qui a ravagé la ville, en détruisant les neuf dixièmes. Ici les ruelles sinuent, montent et descendent sans cesse. Le seul point de repère ? Les commères et les compères trônant sur les bancs, ou qui échangent entre un pas de porte et la fenêtre voisine. Tu ne reconnais ni les rues ni les façades, mais la dame avec la mèche grise en bataille là, damned je suis déjà passée devant tout à l’heure ! Donc c’est à droite que je dois aller maintenant !

Le petit appartement adorable et douillet que nous avons loué via AirBnB était dans une partie piétonne de l’Alfama. Quand le chauffeur de taxi à l’aéroport a rentré l’adresse sur son GPS, ça lui a indiqué « no driven ». Et pour cause ! Après qu’il nous ait laissé au plus proche, au Miradourio Santa Luzia, on a descendu un escalier gigantesque, suivi une ruelle minuscule, pour tourner ensuite à gauche dans un autre escalier et puis encore un autre, et celui-là c’était notre rue ! Haha. Comment être tout de suite mis dans l’ambiance ! (Super vue sur les toits de l’Alfama et le Tage comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui suit)

• Flâner et se perdre dans les ruelles de l’Alfama (et tomber amoureux de ce quartier)

(Je ne fais même pas de commentaires, tellement je pourrais vous partager trois cent autres photos avec des coins tous plus mignons les uns que les autres, et vous raconter le petit côté Brocéliande de ces raccourcis qui te perdent et de ces chemins qui soudain réapparaissent)

• Admirer la vue du Miradourio (belvédère) Santa Luzia (et boire un ginjinha au quiosque)

On trouve un peu partout à Lisbonne ces Quiosques, bleus, verts, rouges, jaunes ou gris, ils sont jolis, typiques, idéaux pour se poser à l’ombre avec une jolie vue, boire un verre ou un café ou juste prendre le pouls de la ville.

Le ginjinha ou ginha est une liqueur obtenue à partir de la macération de cerises griottes. Typique de Lisbonne. C’est bon, franchement je suis fan ! Dans les petites ruelles de l’Alfama piéton, des petites mamies en vendent sur le pas de leur porte aux heures apéritives, un petit verre, un euro, excellent. La débrouillardise chaleureuse.

• Dîner en terrasse en écoutant du fado

Le fado est un genre musical portugais traditionnel et très ancien, un ou une chanteuse et des instruments à cordes pincées, guitare, guitara, parfois violon ou violoncelle. Les chants célèbrent la mélancolie, la nostalgie et l’espoir, la saudade en portugais.

Je conseille le restaurant São Rafael sur le Largo São Rafael.
Bon à savoir : le fado y est chanté en extérieur, donc si on le souhaite on peut profiter gratuitement des concerts, en s’asseyant sur les quelques bancs de la petite place qui surplombent la terrasse du resto.
Nous avons choisi plutôt d’y diner. Une cuisine simple, mais des portions incroyablement copieuses pour un prix modique, mon ado a pris une côte de boeuf avec des frites, je ne vous raconte même pas, c’est arrivé sur un plateau, avec en plus du riz et une salade, il n’a même pas réussi à terminer. Ma salade de poulpes aussi était énorme, et bonne. Une chanteuse et un chanteur se sont succédé à tour de rôle, les musiciens étaient excellents, une guitare sèche et une guitara, on s’est régalés. Une très bonne soirée pour débuter son approche du fado.

(j’éditerai ce billet quand j’aurai remis la main sur l’adresse d’un resto minuscule où on s’est régalés d’un plateau de charcuteries, saucisses et fromages portugais énorme pour 20 € seulement et mes deux ados et moi nous avons peiné à le terminer)

Prochain rendez-vous lisboète avec les tramways et les funiculaires !

Billet récapitulatif
Les couleurs de Lisbonne #1

Publié dans 8.1 Blablas, Lisbonne (avril 2018), Voyages | Tagué , , , , | 6 commentaires

La chorale des dames de Chilbury – Jennifer Ryan

The Chilbury ladies’ Choir, 2017. Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier. Albin Michel, mars 2018, 464 p.

Ma chronique (Le mois anglais, 1) :

En Juin, c’est le retour du Mois anglais chez Lou et Cryssilda et pour la deuxième fois j’y participe.

Jennifer Ryan nous offre avec La chorale des dames de Chilbury la chronique de vie d’un petit village anglais du Kent, de mars à septembre 1940. Le roman est entièrement composé d’une succession de lettres et d’extraits de journaux intimes, rythmant agréablement l’histoire entre le choral et l’épistolaire. L’auteure s’est inspirée des souvenirs de sa propre grand-mère, les anecdotes de la guerre qu’elle racontait, autant cocasses que tragiques.

Lorsque les hommes partent au front, la chorale de Chilbury menace de disparaître, la tradition imposant que les chœurs anglais soient mixtes. Quelques femmes cependant ne l’entendent pas de cette oreille et en créant un chœur entièrement féminin, elles vont entrer de plain pied dans ce que sera désormais leur existence : entre imprévu et danger, survivre au quotidien en se serrant les coudes, les opportunités à saisir et réinventer leurs vies. Un projet commun pour se souder et rassembler les énergies, les bienfaits thérapeutiques du chant et de la musique pour lutter contre peur et chagrin et surmonter les absences et les pertes.

Une galerie de personnages plutôt variée et attachants pour certains, je pense à la gaieté pétillante de Primrose Trent, à la droiture tourmentée de Mrs Tilling, à la jeune réfugiée juive Silvie. La chorale des dames de Chilbury est un roman sympathique et agréable à lire, mais j’ai hélas été un peu déçue : trop prévisible, trop de clichés peut-être, l’ensemble manque de profondeur. Néanmoins, l’ambiance so british est au rendez-vous et j’ai trouvé bien rendue cette vie quotidienne banale de village mise à mal par les échos de plus en plus proches et sanglants du conflit mondial.

« L’enthousiasme ouvre toutes les voies, car il les éclaire d’une lumière vive. »

L’auteure : Née dans un petit village du Kent, Jennifer Ryan a été éditrice à Londres. Plusieurs de ses nouvelles ont été publiées dans des revues littéraires. La Chorale des dames de Chilbury est son premier roman (via le site de l’éditeur)

Publié dans 1.3 Litt. de Gde-Bretagne, 8.3 Challenges, Angleterre, Le Mois anglais | Tagué , , , , , | 7 commentaires

Les âmes égarées – Joseph O’Connor

Where have you been ?,  2012. Traduit par Carine Chichereau. Éditions Phébus, 2014.

Ma chronique :

La nouvelle n’est pas mon format de prédilection – mais en fait je crois que c’est un peu comme pour les artichauts : quand j’en mange je me régale, mais spontanément je n’ai jamais envie d’en manger.

Du coup, lorsque les blogueuses Hop sous la couette ! et The flying Electra ont proposé un challenge « Mai en nouvelles » (#maiennouvelles sur instagram), j’ai sauté sur l’occasion. Bon, résultat, je publie ma première chronique le 4 juin… hum hum. Mon mois de mai ne m’a pas laissé faire exactement ce que je voulais. #maiennouvelles pour moi, ce sera donc plutôt en juin (ce recueil-ci terminé, j’ai commencé Pays de Cocagne de Gerard Donovan, et c’est prometteur)

Les âmes égarées comporte sept nouvelles et une novella. Je préfère le titre original, Where have you been ?, plus fidèle au contenu je trouve, moins pompeux peut-être, plus en prise avec l’autre, l’absence, le manque. L’Irlande est au cœur de chacun de ces textes. Plutôt Dublin, voire même le petit port de Dun Laoghaire. Si elles ne s’y situent pas, elles mettent en scène, à Londres (Le feu de la jeunesse) ou à New-York (le très émouvant Orchard Street, à l’aube), des émigrés irlandais. Certains des textes ont été publiés précédemment ailleurs, et retravaillés pour ce recueil-ci, par exemple Couleur octobre, dans laquelle j’ai immédiatement reconnu un des chapitres de Finbar’s Hotel.

Autre constante, les personnages abîmés, les séparations, les pertes, les désillusions. Des morts aussi parfois, effectives, annoncées, programmées… Certes, il vaut mieux ne pas avoir trop le moral en berne pour plonger dans ce recueil, mais Joseph O’Connor ne tombe jamais à plat dans l’abîme. Avec ce style qu’il partage avec les plus grands, il pose habilement chaque histoire, le décor et les personnages, en seulement quelques coups de plume. Des êtres toujours ancrés dans un contexte humain précis, si ce n’est historique. Puis il raconte, le banquier interné en hôpital psychiatrique pour dépression aggravée pendant la crise financière (Un garçon bien-aimé), un match de foot mémorable entre Angleterre et Irlande commenté pendant un mariage anglo-irlandais (Le feu de la jeunesse), l’homme dont le grand-père a travaillé sur le chantier de construction de la digue de Dune Laoghaire (Wexford Girl). Souvent ces nouvelles ont même plusieurs axes qui s’articulent pour nous surprendre. Du côté sombre, la maladie, la mort, l’exil, la crise. Du côté de lumière, les même parfois (je pense à l’amour et la famille), d’autres aussi, l’espoir, l’amitié, le choix, la famille. Des histoires percutantes.

Deux seulement de ces nouvelles m’ont laissé sur le côté, je n’ai pas bien saisi où il voulait en venir, Le figurant sur la photo et Deux petits nuages. Cette dernière étant écrite en miroir d’Un petit nuage de Joyce, il faudrait que je la relise peut-être pour comprendre.

Sinon, toutes m’ont plu. Je me souviendrai particulièrement du côté trash du feu de la jeunesse, dont j’ai trouvé intéressant le contraste des points de vue de la jeunesse irlandaise d’aujourd’hui sur la question de l’IRA. Mort d’un serviteur de l’état est admirablement construite et plutôt glaçante. Couleur octobre nous propose un très beau portrait de femme. Orchard Street, à l’aube, entre glas de la vie et des espoirs déçus. Wexford Girl, quand l’amour fait mal mais n’empêche pas de rire, et la novella Un garçon bien-aimé m’a agrippée jusqu’au bout.

Un recueil à découvrir !

« Un mot peut vous transpercer le coeur comme une balle. Mais une balle vous traverse, alors que le mot reste. Il demeure dans votre cœur jusqu’à le faire tourner à l’aigre. »

(et au fait, il y a aussi de l’humour, dans ce recueil !
« — Comment dit-on « espèce de gros connard », en gaélique ?
— Oh ça, c’est facile : « Anglais » »)

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, 8.3 Challenges, Objectif PAL | Tagué , , | 12 commentaires

Des nouvelles du monde – Paulette Jiles

News of the world, 2016. Traduit par Jean Esch. Éditions La Table Ronde, Quai Voltaire, mai 2018

Ma chronique

Coup de cœur pour ce roman captivant de l’américaine Paulette Jiles, paru aux éditions La Table Ronde la semaine dernière.

1870, au nord du Texas. Le capitaine Kidd, ancien soldat, ancien imprimeur, gagne sa vie en lisant les nouvelles du monde de ville en ville, des articles choisis dans la presse américaine et européenne. Un soir il accepte de ramener la petite Johanna dans sa famille de naissance, à plus de six cent kilomètres de là. Enlevée quatre ans auparavant par les indiens Kiowa qui ont massacré sa famille puis l’ont élevée comme l’une des leurs, « son silence absolu la rendait curieusement absente. Elle avait le maintien de tous les indiens qu’il avait rencontrés, une sorte d’immobilité cinétique, et pourtant, c’était une fillette de dix ans aux cheveux blond foncé, avec des yeux bleus et des taches de rousseur. » Une enfant sauvage qui ne comprend que le Kiowa et a tout oublié de sa vie d’avant, qui pense : « Je m’appelle Cigale. Le nom de mon père est Eau qui Tourbillonne. Le nom de ma mère est Trois Taches. Je veux rentrer chez moi ».

Johanna et le Capitaine entament alors un voyage périlleux, où la nature autant que les hommes sont un risque permanent. J’ai trouvé le contexte socio-politique de l’époque particulièrement bien rendu : il faut voir ce qu’était le Texas alors ! Entre le territoire indien au nord (et leurs raids n’importe où), le Mexique pas loin au sud, les bandes de pillards de tous poils qui écument les routes, les colons espagnols installés dans le sud de l’état depuis plus de cent ans et les plus récents, qui eux viennent d’un peu partout (Johanna est d’origine allemande). La guerre de sécession n’est pas terminée depuis si longtemps et ses remous agitent encore la vie quotidienne : ceux qui avaient des allégeances confédérées ont été écartés des postes de pouvoir, les laissant vacants dans beaucoup de petites villes. L’armée régulière américaine surveille les réunions de groupe, vérifie les certificats d’allégeance des voyageurs, qui ont interdiction de porter des armes de poing. Et les Noirs tout nouvellement affranchis essayent de se faire une place.

« Toute cette eau, ces arbres gigantesques, chacun doté d’un esprit. Des gouttes de pluie semblables à des pierres précieuses cascadaient de leurs mains longues et minces. »

Une fois commencé, je n’ai plus lâché Des nouvelles du monde. On s’attache à Johanna et au Capitaine dès les premières lignes. Des personnalités fortes et splendides. La plume de Paulette Jiles est nourrie et limpide, même dans les recoins plus sombres, elle a un style visuel et vivant. Un voyage haletant parfois cruel entre mesquites et chênes verts, le long de fleuves en crue et d’arroyos, en compagnie de ces deux êtres qui vont apprendre à s’estimer et s’apprivoiser mutuellement. Un voyage immersif dans le langage aussi, car pour communiquer, le Capitaine et Johanna vont développer leurs propres codes. C’est extraordinaire de suivre l’évolution de l’apprentissage de la fillette, qui va mélanger de plus en plus de mots anglais dans ses phrases en Kiowa, mots qu’elle prononce avec un accent kiowa et allemand magnifiquement bien rendu. « Pliss, Kep-ten » (Please, captain), “Blek-fast” (breakfast), “Wan, doo, tlee, foh, fife, siss, sefen, ate-a, nine-a, den » (one, two, three, four, five, six, seven, eight, nine, ten). La traduction de Jean Esch est talentueuse et intelligente.

Des nouvelles du monde est vraiment un beau voyage en humanité. Un roman que je vous souhaite de découvrir ! Merci aux éditions La Table Ronde.

“Le Capitaine sortit de la chambre d’hôtel et ferma la porte à clefs derrière lui. Il s’arrêta dans le couloir. Il entendit Johanna entonner un chant Kiowa. Cela pouvait tout signifier. Qu’elle était résignée, qu’elle allait se pendre avec le cordon du rideau, mettre le feu à la chambre, ou s’endormir.
Au moins, elle n’était pas armée. »

NB : J’avais beaucoup aimé aussi L’apache aux yeux bleus de Christel Mouchard (Flammarion jeunesse), inspiré de faits réels, l’enlèvement de ce garçon, l’acclimatation cruelle à la vie indienne, puis la métamorphose, l’acceptation totale, qui rend un retour, une réadaptation quasiment impossible.

Publié dans 2.1 Litt. d'Amérique du Nord, États-Unis | Tagué , , | 3 commentaires

Poètes de Bretagne, anthologie – Charles le Quintrec

Éditions de la Table Ronde, 1980, 1999, 2008, mai 2018

Ma chronique :

Cette anthologie a été un moment de lecture et de découverte particulièrement intéressant et plaisant. Dans ces 480 pages, Charles Le Quintrec rassemble soixante-dix Poètes de Bretagne. Beaucoup bien sûr sont nés sur le sol Breton, à Lannion, Brest, Quistinic, Groix, Nantes (ici, Bretonne) ou ailleurs ; d’autres ont vu le jour dans de nombreux coins de France, d’un ou des deux parents Bretons ; et d’autres encore, comme Saint-Pol Roux ou Georges Perros, ont choisi la Bretagne, sont devenus Bretons. Comme le dit joliment Charles Le Quintrec : « La Bretagne n’est pas tout entière une terre et une mer, moins encore un lieu géographique, puisque la vraie Bretagne n’existe nulle part ailleurs que dans le coeur de ses enfants. »

L’illustration de couverture (de Martin Jarrie) de cette toute nouvelle réédition en poche est particulièrement belle, et le menhir christianisé aurait plu à Charles Le Quintrec, ce « Rimbaud chrétien » (selon Pierre de Boisdeffre) dont l’inspiration « vient à la fois des Évangiles et de la forêt de Brocéliande ». A noter qu’un temps j’ai craint que la foi de Charles Le Quintrec ne gâche un peu le plaisir de ma lecture, vu ma non-croyance, mais en fait non. Ici prime la poésie. Cette anthologie a été publiée pour la première fois en 1980 et son introduction fut écrite en 1979 (j’ai bien rit quand Charles Le Quintrec raconte Alain Lemoigne en disant « ce jeune professeur » : haha, il est né en 1948 !). Les années ont passé, mais la lumière dispensée par les textes présentés n’a pas faibli d’un pouillème.

Après une longue introduction où il explique et argumente ses choix d’auteurs et de textes – et au passage règle quelques comptes, Charles Le Quintrec va présenter chacun tour à tour – les chapitres se suivent plus ou moins dans l’ordre chronologique de la naissance des poètes.ses. Il part de Chateaubriand né en 1768 à St-Malo et termine par Marilyse Le Roux, née en 1955 à Vannes. Son propos est toujours très personnel, vivant, inspiré et truffé d’anecdotes de vie ou de souvenirs (en fin d‘ouvrage une table des auteurs liste d’une manière concise et lisible les dates et œuvres majeures, c’est très bien fichu). Ensuite viennent, pour chacun, quelques poèmes choisis. Passionnant.

Nous avançons
dans l’espace bleu
pour l’amour d’une image

Un signe
que nous pourrions reconnaître
de l’impossible voyage

Rien ne nous retient
au dos des arbres
Le ciel est toujours plus loin

Devant nous
les pierres ont des ailes
les feuilles sont des oiseaux vivants

Nous avançons dans ce bleu rêvé
pour mieux revenir ici
où croît le désir
à l’abri du rien

[Marilyse Leroux]

Je connaissais certains auteurs pour leur prose, Pierre-Jakez Hélias et son Cheval d’orgueil, Jean Markale dont j’ai lu – entre autre – la somme du Cycle du Graal, Henri et Yann Queffelec (plus jeune j’ai dévoré de ce dernier tous les romans, Noces barbares en tête). J’avais déjà lu par contre les poèmes d’Eugène Guillevic ou René-Guy Cadou ; mais la plupart des autres m’étaient inconnus, du moins leur œuvre. Que de belles découvertes, dans cette anthologie ! Yvon le Men (Désirer, p. 296), Gwenn-Aël Bolloré (Automne, p. 326), Jean Langier (L’arpenteur des pluies, p. 242), Gérard le Gouic (Dès la nuit tombée, p. 248), Michel Manoll (Le jour qui parle, p. 218) ; entre autres.

La mer à Montparnasse est debout sur l’abîme
Le froid fouille ton ombre entre deux policiers
Ton cri devient posthume entre l’aube et la mer
Tu racontais la mer à qui la méritait
La mer à Montparnasse est debout sur la pierre
Et se mêle aux mendiants dans les yeux des rochers

[Yann Quéfellec]

Les styles des poètes sont innombrables et différents, de Tristan Corbière à René-Guy Cadou, de Victor Segalen à Xavier Grall, Alfred Jarry ou Max Jacob. Pour Yves La Prairie, « la poésie est une flamme de vie portée au-delà de l’horizon des habitudes », Paul-Alexis Robic « surprend partout un murmure d’humanité qu’il ne veut pas laisser perdre ». Les mots d’André Guégan « sont drossés […] comme s’il avait de la tempête dans la bouche ». Contemplatifs, inventifs, ombrageux ou sensuels, ils ont tous en commun une certaine ferveur, une simplicité grave, un sens du partage.

J’ai retrouvé avec bonheur Louis Guillaume (dont j’adore depuis longtemps Cris de  Sable) et Gilles Baudry (moine à l’abbaye de Landévennec) ; j’ai découvert aussi Pierre Kérébel (dont j’étais obligée de relever le patronyme, héhé) et sa splendide Berceuse océane (p. 355)

Éclos d’un ciel d’épiphanie
ou de l’extase d’une branche

l’oiseau

ce beau fruit
du silence.

[Gilles Baudry]

Il y aurait tant à dire encore. Poètes de Bretagne est une anthologie à découvrir, à lire d’une traite ou à savourer par miettes, pour ensuite aller creuser dans les œuvres des auteurs préférés. Vive la Bretagne, et un grand merci aux éditions La Table Ronde !

Je vous partage aussi Cris de sable d’Alain Guillaume, qui n’est pas dans cette anthologie, mais aurait pu !

Le jour blesse la mer qui se cabre et gémit
Et le silence obscur qui frémit en toi-même

Mais le ressac éclate au reproche du vent
Tandis que nul n’entend les cris de ta poitrine.

Seule une vague dort au tréfonds de l’abîme
Qui rêve d’apaiser à jamais la tempête.

Qui saura l’écouter, cette sœur de l’oubli,
Et lira sa chanson dédiée à l’écume ?

Et quel fou tenterait d’apprivoiser ces flots,
Tous ces mots de lumière enchaînés dans le sang,

Sinon celui qui veille au cœur de ton sommeil
Et qui ferme les yeux pour baliser la nuit ?

Publié dans 1.2 Littérature française, 7.2 Poésie | Tagué , , , , , | 5 commentaires

Nouvelles découvertes irlandaises #17 : mai 2018

De nouvelles parutions en mai 2018

En grand format

Une fille facile – Louise O’Neill (Stéphane Marsan, 16 mai 2018)

En poche

Génération – Paula McGrath (10-18, 3 mai 2018)

Une fille facile de Louise O’Neill, traduit par Nathalie Guillaume

Emma a dix-huit ans, c’est la plus jolie fille du lycée. En plus d’être belle, elle est pleine d’espoir en l’avenir. Cette nuit-là, il y a une fête, et tous les regards sont braqués sur elle.
Le lendemain matin, ses parents la retrouvent inanimée devant la maison. Elle ne se souvient de rien. Tous les autres sont au courant. Les photographies prises au cours de la soirée circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant en détail ce qu’Emma a subi. Les réactions haineuses ne se font pas attendre ; les gens refusent parfois de voir ce qu’ils ont sous les yeux. La vie d’Emma est brisée ? Certains diront qu’elle l’a bien cherché.
Un roman indispensable et puissant qui dénonce la culture du viol, nommé livre de l’année à l’Irish Book Awards de 2015.

L’auteure : Louise O’Neill est originaire de Clonakilty en Irlande. Elle détient une licence en littérature anglaise au Trinity College de Dublin. Une fille facile, dans sa version originale, a été récompensé par de nombreux prix littéraires.

Génération de Paula McGrath, traduit par Cécile Arnaud – (paru en grand format aux éditions La Table Ronde – Quai Voltaire en janvier 2017)

Un coup de coeur ♥ Si vous ne savez pas encore quel livre de poche lire pendant vos prochaines vacances, voici une pioche idéale !
–> Lire ma chronique (ainsi qu’un petit aperçu de notre rencontre avec l’auteure en novembre 2016)

Présentation de l’éditeur : Dans une ferme bio au coeur de l’Illinois, travailleurs mexicains et jeunes « woofeurs » venus prêter leurs bras, se croisent. Là, se trouve Joe Martello, ours trentenaire au roman familial épique. Cet homme est une énigme qu’Áine cherche à percer. Ils se sont rencontrés sur Internet, et, après un premier séjour, Áine y retourne pour six semaines avec sa petite fille Daisy. Mais sur place, rien ne se passe comme prévu. Joe et la ferme sont remplis de fantômes. Le jour où elle met la main sur un ordinateur tenu secret, Áine comprend que Daisy et elle doivent partir au plus vite, laissant là toutes ces trajectoires brisées. À moins que des années plus tard, sa fille, de retour à Chicago, ne vienne redonner sens à ce kaléidoscope ?

L’auteure : Paula McGrath est née en Irlande en 1966. Ses écrits de fiction et de non-fiction ont paru notamment dans The Irish Times, et Surge, une anthologie des nouveaux écrivains irlandais. Elle est diplômée d’un Master of Fine Arts de l’Université de Dublin où elle enseigne le creative writing.

Publié dans 1.1 Littérature Irlandaise, Nouvelles découvertes | Tagué , , , , , , | 6 commentaires

Les couleurs de Lisbonne, préambule et récapitulatif : que faire à Lisbonne ?

J’étais en train d’écrire mon prochain billet sur le quartier de l’Alfama, quand j’ai réalisé que mon propos commençait à tenir du roman fleuve en train de mourir d’indigestion après s’être mordu la queue. Voici donc, pour organiser un peu tout ça, un tour d’horizon introductif de mes futurs billets – je rajouterai au fur et à mesure les liens, lorsqu’ils seront postés.

Alors, que faire à Lisbonne ?

• Flâner et se perdre dans les ruelles de l’Alfama (et tomber amoureux de ce quartier)
• Admirer la vue du Miradourio (belvédère) Santa Luzia (et boire un ginjinha au quiosque)
• Dîner en terrasse en écoutant du fado
Les couleurs de Lisbonne #2 : Les ruelles de l’Alfama

• Remonter le temps dans le tramway 28
• Prendre l’ascensor da Bica, le plus vieux de Lisbonne (et déjeuner au Time out Market / Mercado da Ribeira, puis se balader dans le Cais do Sodre)
• Prendre aussi celui da Gloria pour voir le soleil se coucher sur Lisbonne depuis le Miradourio de Sao Pedro de Alcantara (et découvrir le Bairro Alto, à faire pâlir Montmartre)
Les couleurs de Lisbonne #3 : Tramways et funiculaires

• Arpenter la place du commerce (plaça do comercio) puis tremper ses pieds dans le Tage
• Découvrir les boutiques de la Baixa (après un déjeuner à la même terrasse que Fernando Pessoa)
• Voir (et rester soufflé par) l’elevador Santa Justa
Les couleurs de Lisbonne #4 : La place du commerce et Baixa

• Risquer un torticolis carabiné (à force d’admirer au sol le pavage en mosaïques et les azulejos sur les murs)
Les couleurs de Lisbonne #5 : Pavés et Azulejos

• Monter sur les remparts du Castelo Sao Jorge (puis descendre dans la Mouraria)
Les couleurs de Lisbonne #6 : Le Castelo Sao Jorge

• Se régaler d’un street art d’une rare qualité (et triper, triper, triper)
Les couleurs de Lisbonne #7 : Street-art

• Admirer le Monastère des Hyéronimites (Mosteira dos Jeronimos), s’étonner du monument des explorateurs et pousser jusqu’à la Tour de Bélèm (Torre de Bélem)
• Faire la queue pour déguster les meilleurs Pastéis de Nata de Lisbonne
Les couleurs de Lisbonne #8 : Le quartier de Bélem

A Lisbonne, on mange très bien et pas cher. Je vous partagerai à mesure de bonnes adresses.

Quelques conseils d’ordre pratique :

Prévoir des chaussures de marche avec une semelle qui ne glisse pas : à Lisbonne, la ville aux sept collines, on marche énormément, et surtout en côtes sinueuses, descentes abruptes et escaliers monumentaux. Partout au sol, un pavage en mosaïques extraordinaire, souvent splendide et ancien, très usé et passablement casse-cou !

Penser à l’argent liquide : dans beaucoup de petits commerces et restaurants de Lisbonne on ne peut pas payer en carte bleue. Il y a pas mal de distributeurs bancaires, par contre, donc ce n’est pas compliqué de se ravitailler en monnaie ; il faut juste y penser !

Acheter une carte de transports : à l’unité, les tickets pour le tramway et les funiculaires sont vraiment onéreux (de mémoire 2,60€ et 3,70€), et pourtant il faut absolument les prendre et les reprendre, tellement c’est bien. Du coup, le bon plan est d’acheter une carte, avec le forfait « Zapping », valable pour tout, bus, métro, électricos (les trams), ascensors (les funiculaires) et elevadors (ascenseurs). On paye la carte 0,50€ et on la charge du montant que l’on souhaite. Tout revient à peu près moitié prix avec ce forfait (exemple, j’ai fait le compte à un moment, avec 9€13 j’avais pris deux trams, deux funiculaires, un bus et trois métros). Je l’ai achetée dans une station de métro, on peut aussi la prendre à l’aéroport, c’est sans doute le plus pratique.

A bientôt pour le prochain billet !

Vue sur l’Alfama et le Tage

Publié dans Lisbonne (avril 2018), Voyages | Tagué , , , | 5 commentaires

Quatre lettres d’amour – Niall Williams

Four letters of love, 1997. Traduit de l’anglais (Irlande) par Josée Kamoun. Éditions Flammarion, 1998 ; réédition en poche chez J’ai lu en 1999, puis en grand format aux Éditions Héloïse d’Ormesson en janvier 2018

Ma chronique :

Entre deux lectures un peu rudes, je me suis fait le plaisir de relire Quatre lettres d’amour, de l’irlandais Niall Williams. Gros coup de cœur à chaque fois. Le titre peut tromper, car ce n’est pas une romance comme on l’entend à l‘heure actuelle, mais plutôt l’épopée épique d’un amour destiné ; on pense à quelque Tristan et Iseult moderne. Entre la banlieue de Dublin et les îles d’Aran, deux destins, une narration puissante et l’âme irlandaise joliment saupoudrée de réalisme magique. Étincelant.

Le roman commence ainsi : « J’avais douze ans lorsque Dieu a parlé à mon père pour la première fois. Il ne lui a pas dit grand chose. Il lui a enjoint de devenir peintre […] ». Pendant que William Coughlan, grand, maigre, le cheveu blanc claquant au vent, part pendant de longues semaines à l’autre bout du pays et tente d’apprivoiser sur ses toiles la lumière atlantique, Nicholas et sa mère restent seuls dans leur pavillon dublinois, à la dérive. Pendant ce temps, sur une île au large de Galway, le jeune frère d’Isabel, Sean, musicien chevronné, succombe à une attaque qui le laisse privé de la marche et de la parole ; Muiris, son père instituteur, noie discrètement ses poèmes enfuis dans le whiskey. Nos vies se tissent parfois de fils dont on ne sait pas tous les autres nœuds. Devine-t-on ce qui nous attend au bout de la grève, à l’orée d’un nouveau matin, au prochain croisement ?

« Les hivers étaient précoces. Ils verglaçaient les routes sous mon vélo, et j’entrais en ville si lentement, les matins de janvier aux aurores givrées, que chaque tour de roue semblait dégager un copeau de ma vie et m’amener au bureau des semaines plus âgé que lorsque je m’étais mis en route. »

Cette histoire est habitée. La plume de Niall Williams se montre souvent lyrique mais sans lourdeur, et la traduction est belle. Les passages sur l’île d’Aran m’ont rappelé Skerrett de Liam O’Flaherty, et le ton de la vie des Coughlan a l’esprit de certains textes de Brady Udall. De plus, notons-le, les beautés des temps capricieux sont magistralement rendues ! (c’est la bretonne qui parle) : « Les ciels sous lesquels nous dormions étaient trop instables pour se livrer à la moindre prévision. Ils changeaient au gré des caprices de l’atlantique, qui nous rabattait une demi-douzaine de temps différents dans l’après-midi, et nous jouait les quatre mouvements d’une symphonie des vents, allegro, andante, scherzo et adagio, sur l’échine brisée des vagues blanches. »

Quatre Lettres d’amour vient d’être joliment réédité (mais il vaut mieux éviter de lire le quatrième de couverture) aux éditions Héloise d’Ormesson, du coup je l’ai racheté (mon premier exemplaire, déjà lu deux fois par moi – en 1999 et en 2007 – et quelques autres par des amis, le pauvre bat sérieusement de l’aile…). Un roman qui parle directement au coeur de chacun, je crois. À découvrir !

« Il y a des choses qui ne se prêtent pas à être racontées. {…] Les mots parfois aplatissent les émotions les plus profondes, les épinglent, papillons dont le vol splendide s’engourdit et qui ne seront plus désormais que le lointain souvenir de ce qui naguère colorait l’air et le faisait palpiter comme de la soie. »

L’auteur : Niall Williams est né à Dublin en 1958. Il a fait ses études à l’University College de Dublin, a vécu en France et à New-York. Il vit maintenant à Kiltumper, dans l’ouest de l’Irlande (Comté de Clare). C’est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre ainsi que de documentaires sur l’Irlande, écrits conjointement avec sa femme Christine Breen, d’origine américaine. On peut trouver trois autres de ses romans en français : Comme au ciel et Destins crépusculaires, lus tous les deux – Quatre lettres d’amour reste cependant mon préféré de l’auteur – et Tu n’as qu’un mot à dire.

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