Silence radio – Thierry Dancourt

Éditions La Table Ronde, Collection Vermillon, mai 2021 ; 230 p.

★★★★★★★★

Mon avis :

« Elle se sentait bien, là, entre les panneaux décorés de scènes bucoliques, les corniches moulurées, les éléments en stuc, dans ce lieu d’un autre temps à l’atmosphère surannée, en compagnie de cet homme que paradoxalement, au fil de leurs rencontres, elle avait le sentiment de cerner de moins en moins. »

J’ai noté cette pensée de Cécile, car c’est exactement ce que j’ai ressenti en lisant ce roman. Lu en un dimanche pluvieux, je m’y suis trouvée bien, comme bercée par un film d’époque colorisé qui habilement m’aurait cueillie, charmée puis captivée. Silence radio commence en Suisse dans les années 60. Le début évanescent n’a pas eu le temps de me laisser à distance, car je me suis vite retrouvée happée par le passé des personnages et l’Histoire.

Silence radio, ce sont tout d’abord des paysages, des scènes en clair-obscur et une certaine qualité de silence. Fumée de cigarette exhalée dans un souffle, l’infime éclaboussure d’un crawl parfait, le crissement de la neige sous les pas. Thierry Dancourt pose une atmosphère, les Alpes suisses, une station thermale désaffectée, un régisseur solitaire et deux amants venus s’y retrouver pour quelques jours. Nous sommes en 1960. Cécile et Franck se sont rencontrés il y a neuf ans, lorsqu’ils travaillaient tous deux pour Radio Lausanne. Elle est mariée, aime nager, fumer des Du Maurier et boire des Alka Seltzer. De lui, on sait qu’il élude les questions et cultive ses secrets. Le régisseur, Richard, est un ami de longue date et lorsque Franck un matin s’absente et ne revient pas, il décide de dévoiler à Cécile certains pans du passé de son amant.

Thierry Dancourt nous emporte alors dans le Paris de l’occupation, dans un ballet d’intrigues et d’échauffourées, d’identités et de frontières. J’ai beaucoup aimé être emportée dans cette histoire rythmée par juste ce qu’il faut de rebondissements et de surprises, pour que les pages tournent toutes seules. Thierry Dancourt brosse à mots choisis de beaux portraits humains et son style élégant à la prose un peu glacée, alterne parfois abruptement avec de belles envolées d’émotions.

J’avais aimé Jeux de Dame, le précédent roman de Thierry Dancourt (lire mon avis par ici), j’ai préféré Silence radio, plus profond et prenant. Certains des personnages me resteront.

  2 comments for “Silence radio – Thierry Dancourt

  1. 18 mai 2021 à 7 h 55 min

    J’aime beaucoup ton billet, tu décris très bien le silence et les sons étouffés créés par la plume de Thierry Dancourt 🙂

    J'aime

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