Égarés – Emma Donoghue (nouvelles)

Astray, 2012. Traduit de l’anglais par Virginie Buhl. Éditions Stock, coll. « La Cosmopolite », 2012, 299 p. ; Réédition au Livre de Poche, 2014

Ma chronique :

Emma Donoghue est une auteure irlandaise, installée au Canada depuis de nombreuses années. Avant d’ouvrir ce recueil de nouvelles, je ne l’avais encore jamais lue ; juste pris une grosse claque en voyant Room, le film sorti en 2016 adapté de son roman éponyme, quant à lui traduit en français en 2011. J’avais prévu de lire Room, bien sûr, et puis les mois ont passé…

Et bien, sitôt refermé Egarés, j’ai commencé Room. Et je n’ai pas pu le lâcher, aspirée un peu plus à chaque phrase, jusqu’à la toute dernière… Une plume unique, un roman éblouissant.
… Mais revenons à Egarés. Ce recueil n’a rien à voir avec Room. Moins affûté, plus prosaïque, volontiers inégal ; mais néanmoins agréable à lire. En tous cas, il m’a bien plu.

« Quels sont ces champs inconnus ? Je me suis égarée, je me suis écartée du chemin invisible que j’étais destinée à suivre à la naissance. Comment me suis-je retrouvée ici ? »

En partant de sa propre expérience, Emma Donoghue s’est emparée de faits, de gens, de correspondances réelles et elle a rassemblé dans ce recueil quatorze nouvelles écrites comme autant de fictions historiques sur le thème de l’exil, du XVIIème au XXème siècle. Egarés est construit en trois parties, en quelque sorte avant, pendant et après. On part de Londres, de New-York, du Texas, d’Irlande, on voyage jusqu’au Canada, au Yukon, en Arizona, à Chicago, on découvre Cap Cod et les premiers immigrants, la Louisiane et ses créoles (qui signifie de souche française), le New-Jersey pendant la guerre de Sécession, New-York au début du XXème siècle et l’Ontario en 1967.

La diversité des histoires, des contextes et des époques donne un rythme agréable à l’ensemble de ces nouvelles. On y cherche de l’or, la liberté, la survie, la vérité. Emma Donoghue fait revivre des épisodes atroces (La chasse), le destin édifiant de femmes hors normes (Fille à papa, De l’avant, Le lion) ainsi que diverses anecdotes plutôt jubilatoires (La bonne fortune de la veuve, Le dernier dïner de Brown) ou encore parfaitement tristes (Compter les jours). Je me souviendrai de certains personnages : Caroline Thompson, Murray Hall baptisé Mary Anderson, l’esclave dénommé Brown. Vous parler plus avant de ces nouvelles serait hélas en dévoiler le cœur ou la chute… Voici vraiment un recueil à découvrir, mais sans en attendre trop.

« Je ne suis plus rien ni personne désormais. Juste une pelure d’orange qui flotte dans le caniveau. »

★★★★★★★☆☆☆

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12 commentaires pour Égarés – Emma Donoghue (nouvelles)

  1. Ingrid dit :

    Cela peut faire un bon titre à rajouter à la pile constituée en attendant mai (Mois de la Nouvelle chez Marie-Claude -Hop sous la couette !- et Electra -La nuit je mens-) … J’avais beaucoup aimé Room, qui a dû vraiment me marquer, car je m’en souviens bien malgré les années écoulées depuis sa lecture.

    PS : désolée si je t’ai inondée de commentaires, mais wordpress a la fâcheuse tendance à classer mes commentaires en indésirables depuis quelque temps, je suis obligée de faire plusieurs essais avec divers pseudos pour que ça passe !! (Ingannmic, Book’ing)

    Aimé par 1 personne

    • LadyDoubleH dit :

      Merci pour ce message ! L’année dernière et celle d’avant je n’avais lu qu’un recueil pour chaque « Mai en nouvelles », et comme j’espère faire mieux cette année, tu as vu je chauffe le moteur dès le mois de mars !

      Er oui, franchement j’ai trouvé ce recueil un brin inégal mais il vaut le détour, je pense. Bon, en même temps je lis peu de nouvelles, du coup mon avis est celui d’une béotienne… 😀

      Tu as quoi dans ta pile prévisionnelle cette année, alors ?

      A bientôt !

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      • Ingrid dit :

        Ma pile compte pas mal de recueils. Je pense lire : Manuel à l’usage des femmes de ménage (Lucia Berlin), Courir au clair de lune avec un chien volé (Callan Wink), On a de la chance de vivre aujourd’hui (Kate Atkinson), Un si bel amour (Ludmila Oulitskaïa), Le piège Walt Disney(Zoran Feric), L’insondable profondeur de la solitude (Hao Jingfang / Science-fiction)..
        Si tu es tentée par une LC d’un de ces titres pour le mois de mai, n’hésites pas !
        Bonne journée !

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    • LadyDoubleH dit :

      (J’ai vu effectivement pour tes messages classés en indésirable, ma pauvre 😱 tu peux peut-être contacter l’administration de WP pour qu’ils t’arrangent ça ?)

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      • Ingrid dit :

        Oui, en espérant que le fait que je ne passe pas par leur plateforme les incitent tout de même à traiter ma demande… je sais qu’une blogueuse wordpress l’a déjà signalé, car je rencontre le même souci sur son blog..

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  2. J’ai beaucoup aimé  » Room » le livre, j’en garde un souvenir angoissant et bouleversant. Un talent inouï Emma Donoghue…. je lirai « Egarés »
    merci Hélène 🙂

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  3. Marie-Claude dit :

    Ça donne envie. D’autant plus que j’avais beaucoup aimé « Room » et que j’adore les nouvelles!

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  4. Antigone dit :

    Je ne sais pas si je lirai celui-ci mais Room avait été une claque oui ! 😉

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  5. Ping : Lettres d’Irlande au féminin – Billet récapitulatif | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

  6. Ping : Objectif pal de mars ~ le bilan – Les lectures d'Antigone

  7. En ce moment, je suis souvent déçue de mes lectures dont j’attends beaucoup… Donc du coup, s’il ne faut pas en attendre trop, et bien je me méfie un peu. Mais quels souvenirs de lecture intense avec Room, si bien retranscrit au cinéma ! Je vais donc attendre une oeuvre plus palpitante pour relire cette auteure !

    Aimé par 1 personne

    • LadyDoubleH dit :

      Habituellement je lis peu de nouvelles, mais ce format m’a bien aidé à me remettre à la lecture, après ma grosse panne de la mi mars 🙂 Je suis comme toi en ce moment j’ai du mal à être emportée. Alors je butine. Il faut se faire plaisir. A l’occasion si tu croises ce recueil, tu n’auras qu’à y jeter un coup d’oeil, il te plaira peut-être 🙂

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