Irlande, nuit froide – Deirdre Madden

One by one in the Darkness, 1996. Traduit de l’anglais (Irlande) par Anna Gibson. Éditions Belfond, 1998, 1999. Réédition en poche chez 10-18, 2000 ; 278 p

Mon avis :

Un roman lu en août 2000, pour lequel j’avais eu un gros coup de coeur.

Cate, journaliste à Londres, revient dans la maison familiale, en Irlande du Nord, pour annoncer un changement majeur dans sa vie à sa mère Emily et à ses deux soeurs. Helen est avocate dans un cabinet de Belfast qui défend les Républicains et Sally, elle, est institutrice dans le village d’à-côté, où elle-même fut élève, enfant. Lors de ces retrouvailles, les souvenirs les happent toutes les quatre. Ceux, lumineux, d’une enfance chaleureuse et sereine, mais aussi ceux, tragiques, du déferlement des Troubles dans les années 1970 et dans leurs existences.

Le récit alterne habilement tout au long des chapitres entre les points de vue des quatre femmes et entre passé – les familles du père et de la mère, les trois frères Quinn et la famille Kelly – et présent.

Irlande nuit froide est écrit d’une plume simple et limpide qui permet d’appréhender quasi intimement quelle pouvait être la vie à l’époque des Troubles. Les contrôles de l’armée en allant chercher le pain, les soldats qui envahissent votre jardin, les bombes explosant devant la mairie… [Depuis, j’ai lu La déchirure de l’eau de John Lynch, Un bon Garçon de Paul McVeigh et La parole de Fergus de Siobhan Dowd, où l’on ressent avec cette même acuité intime la proximité du conflit].

Dans Irlande nuit froide, on sent le déchirement et l’ambivalence que l’auteure peut éprouver envers son pays natal. Un rapport à la fois plein de tendresse mais aussi de haine pour cette histoire sanglante et l’arbitraire de la mort qui frappe à l’aveugle.

A travers l’histoire de ces femmes, c’est toute celle de l’Irlande que l’on découvre. Un roman touchant, au ton très juste.

L’auteure : Deirdre Madden est née à Belfast et a grandi à Toomebridge, Co. Antrim, en 1960. Ses romans sont sombres et évoquent la vie dans le Nord. Elle a gagné de nombreux prix littéraires. Écrivain en résidence au Trinity College de Dublin en 1996-97, elle partage actuellement son temps [mes notes datant un peu, je ne sais pas si c’est toujours d’actualité !] entre l’Irlande et Paris.
Quatre de ses romans ont été traduits en français. J’en ai lu trois.
Rien n’est Noir (03-98) 3,5* / Irlande, Nuit froide (08-00) ♥ / Authenticité (07-08) 4,5*

Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain billet Lettres d’Irlande au féminin.

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3 commentaires pour Irlande, nuit froide – Deirdre Madden

  1. Ping : Lettres d’Irlande au féminin – Billet récapitulatif | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

  2. j’aime beaucoup la littérature Irlandaise, les cinéastes aussi. Ils parlent si bien des douleurs de leur pays. Merci Hélène

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  3. lewerentz dit :

    Oh, je me souviens que je l’avais lu et beaucoup aimé – il ya des années !

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