Bouquet d’avis #2 : Zoo-City – Lauren Beukes ; Étiquette et Espionnage & Sans âme – Gail Carriger

Voici mes avis sur quelques romans, pour lesquels je n’ai pas publié de billet dédié (manque de temps, d’inspiration ?), mais dont j’ai malgré tout envie de garder une trace.

Dans ce deuxième opus, je vous parle de trois romans écrits par des femmes : un polar d’urban-fantasy sud-africain et deux romans stempunk américains, dont l’un pour jeune adulte.

Zoo-City – Lauren Beukes

Zoo-City, Traduit de l’anglais (Afrique du sud) par Laurent Philibert-Caillat. Éclipse éditions, 2011 ; rééditions : Presses de la Cité, 2013 ; 344 p. ; Pocket, 2016

Mon avis :

Zoo-City est un texte assez dur à situer. Un polar uchronique d’urban-fantasy, je dirais. En tous cas, un très bon roman. Je l’ai lu il y a plusieurs années, mais j’ai envie d’en garder une trace dans mes tablettes chronistiques (sic), d’où cette présente bafouille.

Zinzi, ancienne journaliste et ex-junkie, vit à Johannesburg, dans le quartier de Zoo-City. La ville fantasmée d’une société où les criminels se retrouvent liés à un animal symbiote. La nuit suivant leur crime, un animal se présente et se lie, sans que l’on sache comment ni sur quels critères, cet animal en particulier. Il peut être une souris, un tigre, une autruche, un papillon. Une trop grande distance entre l’animal et son humain provoque d’intolérables souffrances, et si l’animal meurt, l’ « animalé » mourra également. On parle alors de « contre-courant », avec effroi. Depuis la mort de son frère, dont elle se sent responsable, Zinzi est liée à un paresseux, qui a élu domicile dans son dos. Elle survit tant mal que bien grâce à un business d’arnaques sur Internet, et aussi en monnayant le talent particulier qu’elle a pour retrouver les choses perdues et les personnes disparues. Talent que son paresseux renforce, comme pour chaque animalé, un don latent, peut-être, sublimé. En regardant quelqu’un, Zinzi perçoit comme des fils en faisceaux qui s’en échappent, chacuns reliés aux différents objets perdus. Elle n’a alors plus qu’à suivre ces traces.

Lorsqu’un producteur lui propose, via deux animalés hyper flippants, de l’engager pour retrouver la moitié jumelle de son duo de chanteurs ados en vogue, elle y voit une chance d’enfin sortir la tête hors de l’eau ; et elle soupçonne une sinistre plongée dans les ennuis.

Plus que l’intrigue policière, un peu lente, mais qui monte pourtant chouettement en puissance à mesure, c’est toute cette histoire autour des animalés que j’ai vraiment beaucoup aimé. J’en suis d’ailleurs presque restée sur ma faim, tellement j’aurais voulu tout en savoir. La sud-africaine Lauren Beukes nous convie dans des lieux sombres où les âmes saignent et les corps souffrent, et pourtant on sent comme un espoir qui nous guette au prochain croisement. Son écriture est forte et fluide, émaillée d’expressions locales, qui ajoutent au dépaysement et brouillent un peu les pistes, j’ai beaucoup aimé. Avec habileté, elle étoffe le background de son monde à l’aide d’apartés d’articles de journaux ou de conversations de forum. C’est très bien fichu.

Une super découverte, donc, il faut vraiment que je me procure ses autres romans.

★★★★★★★★☆☆

L’auteure : Lauren Beukes, née le 5 juin 1976 à Johannesburg en Afrique du Sud, vit au Cap, en Afrique du Sud, avec sa famille. Ancienne journaliste, elle se consacre aujourd’hui (2013) à l’écriture de ses romans de science-fiction et de fantasy, et de scénarios.
Elle a obtenu le prix Arthur C. Clarke en 2011 pour Zoo City. (présentation trouvée sur le site de la librairie Dialogues)

*

Étiquette et espionnage (Le pensionnat de Mlle Géraldine, tome 1) – Gail Carriger

Etiquette & Espionage, 2013. Traduit par Sylvie Denis. Calmann-Levy, coll. Orbit, 2014 ; 368 p.

Mon avis :

Un roman de littérature jeunesse (pour jeune adulte). Une Angleterre victorienne gentiment fantastique, un univers steampunk élégant, original et plein d’humour – à l’image de ce [spoiler] loup-garou, bel homme au demeurant, qui porte son haut de forme retenu par un fin cordon noué sous le menton, afin de ne pas le perdre lorsqu’il se transforme en monstre hurlant sous la lune… un gentleman sans chapeau, voyons, cela ne se peut pas ! [/spoiler]

Sophronia Angelina Temminick a 14 ans en ce milieu du 19ème siècle, et son penchant à démonter tout ce qui ne s’escalade pas (voire l’inverse), à poser des questions et à bricoler, au lieu d’apprendre à faire une révérence décente et à tenir son rang en société, fait le désespoir de sa mère. La voici donc envoyée chez Melle Géraldine, un pensionnat « pour le perfectionnement des jeunes dames de qualité ». Pour le coup, c’est Sophronia qui désespère… Jusqu’à ce qu’elle découvre que cette école est certes très select, mais pas exactement ce qu’elle semble être… : [spoiler] un professeur est un vampire, un autre un loup-garou (donc), et on y apprend certes la révérence parfaite et l‘art du plan de table, mais également à manier les armes, à doser les poisons, à épier, à dissimuler… à s’évanouir au bon moment et avec élégance… en un mot, à devenir une redoutable et formidable espionne… [/spoiler]

Certains personnages sont trop caricaturaux (je pense par exemple à Monique, la peste qui n’est en fait vraiment juste qu’une peste), et les enchainements d’actions sont parfois trop rapides, voire prévisibles, mais l’humour à l’anglaise omniprésent, l’écriture agréable, le style délié, ainsi que la richesse et l’originalité des inventions de cet univers particulier, m‘ont vraiment fait passer un bon moment (Le petit mechanimal m’a fait craquer). Une lecture distrayante.

★★★★★★★☆☆☆

*

Sans âme (Le Protectorat de l’Ombrelle, tome 1) – Gail Carriger

Soulless, 2009. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sylvie Denis. Calmann-Levy, coll. Orbit, 2011, 324 p. : réédition Livre de Poche, 2012

Mon avis :

Une fois terminé le premier tome du Pensionnat de Melle Géraldine, j’ai eu envie de découvrir sa série « pour adultes », Le Protectorat de l’Ombrelle, et j’ai rapidement emprunté à la bibli Sans âme, le premier tome (les deux séries se passent dans le même univers).

Quatrième de couverture : « Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ? »

Pour le coup, Sans âme a vraiment été une lecture réjouissante. Un univers riche, beaucoup d’humour, un style frais et enlevé, des personnages attachants, une héroïne piquante et sympathique. Le trait est parfois appuyé, mais sans lourdeur. De la bit-lit de qualité, en somme, un gros cran au-dessus de ce que j’ai déjà pu lire dans le genre. Une lecture à conseiller aux amateurs.

★★★★★★★★★☆

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