Le peuple de la brume – José Eduardo Agualusa

A vida ni céu, 2013. Traduit du portugais (Angola) par Dominique Nédellec. Éditions La joie de lire, 2018 ; 216 p.

Ma chronique :

Le peuple de la brume est une dystopie, un roman jeunesse initiatique et d’aventures, une épopée poétique dont se dégage une douceur extraordinaire. De l’optimisme. Du rêve.

« Après la fin du monde, nous sommes montés au ciel. ». Il y a un peu plus de trente ans s’est produit un grand désastre, un déluge. Aujourd’hui, le monde est totalement recouvert par les eaux. Des eaux polluées, dangereuses, trop chaudes pour rester à leur surface. Alors l’humanité, pour survivre, a migré dans les airs. Au moyen de dirigeables pour les plus fortunés, de radeaux pour tous les autres. « […] Les radeleurs ont aménagé des villages suspendus, en reliant les ballons entre eux par un réseau de cables phosphorescents, qui brillent dans la nuit, et un entrelacs de passerelles de cordes. ».

José Eduardo Agualusa nous propose une véritable civilisation dans les nuages. Franchement c’est beau ; et passionnant. Il ne perd pas le fil de son récit en justifications scientifiques ; on ne saura pas pourquoi finalement ce déluge, ni comment l’humanité fait son compte pour être toujours reliée par internet… au début j’ai tiqué, puis je me suis dit : qu’importe ! Il fallait des communications, nous les avons, basta. Le peuple de la brume est une dystopie poétique.

Carlos Benjamim Tucano, seize ans, est né dans le village de Luanda, qui rassemble plus de 300 radeaux. Son père, Julio, a disparu un jour d’ouragan : il a chuté en essayant de porter secours à un radeau. Mais Carlos ne croit pas à sa mort, et part à sa recherche. Et nous, au rythme des courants du ciel, nous nous envolons sur ses pas, à la découverte d’un monde tout à fait fascinant. L’auteur a encore foi en l’humanité.

J’ai passé un excellent moment avec ce roman, et ma fibre néphélibate a vibré avec joie.

« Espérance : c’est le nom que l’on donne aux nuages, quand l’eau vient à manquer. »

L’auteur : J’ai entendu parler pour la première fois de cet auteur angolais lorsqu’il a remporté l’an dernier le prestigieux prix Impac de Dublin pour Théorie générale de l’oubli (qui a directement rejoint ma pile à lire à sa sortie en poche il y a peu chez Métailié). Depuis mon séjour à Lisbonne, j’ai décidé de m’intéresser de près aux auteurs de langue portugaise, aussi lorsque j’ai repéré ce roman jeunesse-ci dans une masse critique sur Babelio, j’ai tenté ma chance… un grand merci à eux et aux éditions La joie de lire !

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Cet article, publié dans 2018, 7.3 Jeunesse & young adult, Angola, Littérature lusophone, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le peuple de la brume – José Eduardo Agualusa

  1. Eve-Yeshé dit :

    je note, je n’ai encore rien lu de cet auteur.
    je ne me rappelais plus que « Théorie générale de l’oubli » que j’avais repéré était de lui 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. oh là du rêve et de la douceur, de l’optimisme.. voilà qui fait du bien. Je suis très dystopie mais je découvre cet auteur grâce à toi. Un grand merci car ton blog est une mine d’or où j’aime venir pour découvrir justement des auteurs. Tu m’as fais découvrir l’excellent Sebastien Barry.. Je note celui-ci sur ma PAL. Grand soleil ici en Bretagne sud, ça fait un bien fou, excellent weekend à toi 😉 🙂 Bises bretonnes !

    Aimé par 1 personne

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