Un Jour – David Nicholls

un jour 2 un jour 10-18

One Day, 2008. Traduit de l’anglais par Karine Reignier. Publié en 2011 chez Belfond ; réédité en poche en 2012 chez 10-18.

Ma chronique :

De temps en temps, j’aime lire une belle romance. En voyant dernièrement Un Jour exposé en vue à la médiathèque, je me suis dit que le temps était venu, quatre ans et demi après sa publication en France, de rejoindre moi aussi la foule des adorateurs de ce roman de David Nicholls.

Car oui, les gens ont adoré. Voici d’ailleurs ce que l’on peut lire sur le site de Belfond : « Épique, douce-amère, poignante, une sublime histoire d’amour sur près de vingt ans, un roman drôle et subtilement lucide sur l’amour, l’amitié, le passage à l’âge adulte, les illusions perdues. Traduit dans près de 25 langues, le livre qui a fait chavirer l’Europe tout entière. »

Et bien moi, j’ai été déçue. Je pensais lire quelque chose entre Jonathan Coe et « Quatre mariages et un enterrement », des sentiments et de l’humour sur fond d’une légère étude sociale… Déçue. Des longueurs ; beaucoup de longueurs. Un style pas terrible (à force de lire des chefs-d’oeuvre, aussi, on devient difficile). Des personnages très (trop ?) caricaturaux… Rien de neuf sous le crachin anglais.

Pourtant, la structure narrative est intéressante. Le livre commence le 15 juillet 1988 à Edimbourg. Emma et Dexter fêtent la fin de leurs examens universitaires et passent la nuit ensemble. Le jour qui se lève, c’est la Saint Swithin. En France on connaît plus Saint Médard, celui qui, s’il pleut pour sa fête, fait pleuvoir quarante jours plus tard. Question de rime due à la langue peut-être (Médard, plus tard), car en Angleterre, c’est avec Saint Swithin que se décline le dicton pour les quarante jours de pluie ; mais où est la rime ? (merci de suivre) : Rainin’ ? … Enfin bref, je m’égare – qui rime aussi, d’ailleurs, vous l’aurez remarqué, avec Saint Médard ! … Bon ok, revenons à nos chroniques ; d’autant plus qu’à cette Saint Swithin 1988 à Edimbourg… il fait beau ! Héhé.

… La structure narrative, donc, intéressante. Le roman s’écoule en effet de 15 juillet en 15 juillet, d’année en année. Ce jour de la Saint Swithin, on suit Emma et Dexter qui, restés en contact, sont devenus meilleurs amis, sans réaliser (ou alors en décalé) qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Un jour par an, comme un instantané d’existences. La vie, ses errances, ses empêchements, ses drames et ses beaux instants, son cours chaotique. Emma, issue d’un milieu modeste, double cursus avec mention très bien, galère dans des petits boulots merdiques et voit s’éloigner ses velléités de refaire le monde. Une fausse moche intello super attachante qui va finalement devenir belle parmi les belles (lalala ♫♪) (comment ça, je suis dissipée ? C’est ma chronique d’abord, j’me dissipe si j’veux !), une belle qui va accomplir ses rêves. Tandis que Dexter, fils à papa et beau garçon, réussite aux études moyenne, voyage autour du monde après ses études, il est un peu prof pendant un moment, mais couche beaucoup avec ses étudiantes (et à peu près avec tout ce qui compte deux chromosomes X, d’ailleurs), donc il se fait virer, il ne fait rien de sa vie à part boire, coucher (donc), prendre des acides et pas mal d’autres trucs, taper sur le système du lecteur (en tous cas sur le mien, et plutôt deux fois qu’une !), et quand il se demande ce qu’il fera plus tard, c’est en imaginant la réaction des filles, et comme gérant d’un parc informatique ça fait vieux croûton has-been, il entame derechef une carrière à la télé… Oui, Dexter est imbuvable, c’est le mec qui a tout pour lui, et qui fait absolument tout foirer. Comme je disais plus haut, caricatural, très, rien de neuf sous… Hum hum.

Et pourtant… et pourtant. Quand j’irai à Edimbourg, j’avais prévu de gravir la colline d’Arthur’s Seat en laissant mes pensées vagabonder vers l’hiver le plus froid du monde et la naissance du petit Jack le 16 avril 1874, dans la maison perchée du docteur Madeleine (cf. Jack et la Mécanique du coeur de Mathias Malzieu) … Maintenant, j’avoue, je penserai aussi à certaines journées de Saint Swithin. Car si ce livre ne m’a pas emballée, il se lit quand même assez bien. On s’attache à Em, et aussi à Dex finalement ; puis on attend le chapitre suivant, pour voir ce que l’avenir leur réserve, puis encore le suivant et ainsi de suite.

Pas la romance du siècle, mais de bons moments tout de même.

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2 commentaires pour Un Jour – David Nicholls

  1. kathel2 dit :

    Peut-être à lire en voyage en Écosse ? (C’est prévu l’année prochaine…) A moins que ce ne soit Mathias Malzieu… ou les deux !

    Aimé par 1 personne

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