Cartes postales de retour de vacances

Me voici de retour, après trois semaines de vacances contrastées : à Barcelone, chaleur, baignades et découvertes architecturales ; à Brest, pluie, vent et retour aux sources. Du très bon temps passé, tant dans la capitale catalane que je visitais pour la première fois, que dans la cité du ponant qui m’a vue naître ; de très grandes balades, de l’inspiration, de beaux souvenirs, et quelques billets en projet.

Barcelone

Brest (et environs)

Et sinon…

Ces derniers temps, j’ai beaucoup lu et écrit, mais peu rédigé de chroniques.
Excellents moments de lecture avec Quand sort la recluse de Fred Vargas (Adamsberg) et Lointaines merveilles de Chantel Acevedo (Cuba).
Un peu déçue par Northanger Abbey de Jane Austen (mon classique de l’été), mais plutôt convaincue par Mon midi mon minuit, de l’irlandaise Anna McPartlin (que j’ai donc finalement découverte avec ce deuxième roman).
Tonitruants coups de coeur pour La Servante écarlate de la canadienne Margaret Atwood (j’ai aussi été emballée par la série tv), et Photo de groupe au bord du fleuve du congolais Emmanuel Dongala.
Je vais essayer de les chroniquer sans trop tarder.
J’ai toujours celles de L’Herbe maudite d’Anne Enright et du grand Marin de Catherine Poulain à publier. Certains livres que j’ai adoré ne se laissent pas chroniquer tout de suite.

J’ai de quoi m’occuper !

Bonnes lectures à vous, et bel été 🙂

Photos et vidéo (c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’ailleurs

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L’Enfant qui mesurait le Monde – Metin Arditi

Grasset, 2016 ; réédité en poche aux éditions Points, juin 2017.

Ma chronique :

L’Enfant qui mesurait le monde, c’est la Grèce contemporaine, les cris des mouettes, la crise, la corruption et les philosophes antiques. C’est une plume déliée, des mots qui entraînent dans la lumière. Celle, scintillante, du soleil sur la mer d’un bleu profond autour de la petite île grecque de Kalamaki ; celle, profondément touchante, de personnalités malmenées par l’existence. C’est Yannis, l’enfant autiste singulièrement doué pour les chiffres, qui mesure tout autour de lui, pour essayer de rétablir l’ordre du monde. C’est sa mère, Maraki, pêcheuse à la palangre qui galère pour l’élever et s’en sortir. C’est leur voisin Eliot, un architecte américain à la retraite, qui a trouvé asile sur cette île après une lourde perte, et bataille avec le nombre d’or. C’est de la chaleur humaine, enfin ; de la détresse, aussi. Celles d’une population soudée prise au col par la crise et qui cherche à survivre sans se perdre.

L’Enfant qui mesurait le Monde est un roman doux et saisissant qui déborde de générosité et de tendresse. Cette fable moderne dépaysante enrichit et donne le sourire. Un coup de coeur. Je conseille ardemment !

J’ai lu ce livre dans le cadre de ma participation en tant que jurée
au Prix du meilleur Roman des lecteurs des éditions Points 2017

 

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Rentrée littéraire d’automne 2017 : vous avez dit littérature irlandaise ?

C’est avec un très grand plaisir que je vous dévoile aujourd’hui le résultat de ma cueillette irlandaise dans les catalogues de la future rentrée littéraire d’automne 2017 (en grand format) : trois premiers romans, pour trois nouveaux auteurs publiés en France. Joie.

Août 2017

Hérésies glorieuses – Lisa McInerney (Joelle Losfeld, 24 août)
Vera – Karl Geary (Rivages, 30 août)

Septembre 2017

Killarney Blues – Colin O’Sullivan (Rivages, 20 septembre)

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Hérésies glorieuses de Lisa McInerney

« Dans un style vrai, cru et aussi poétique, Lisa McInerney dresse le portrait touchant, drôle et irrésistible de personnages pris au piège, qui voudraient s’en sortir mais courent tout droit à leur perte. »

L’auteur : Lisa McInerney, née en 1981 en Irlande, son premier roman Hérésies glorieuses, a été publié en anglais en 2015, récompensé en 2016 par le prix Desmond Eliott et le prix Baileys, et sélectionné parmi les 10 meilleurs romans noirs de l’année par le New York Time’s Book review. Une adaptation télévisuelle est prévue. Depuis que je l’ai écoutée au Centre Culturel irlandais en mars dernier, j’ai très envie de la lire !

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Vera de Karl Geary

« Vera a la trentaine passée, elle vit dans les quartiers chics de Dublin, à Montpelier Parade. Sonny a 16 ans, il travaille dans une boucherie. Bien sûr, il rêve d’ailleurs. Lorsqu’il croise le regard de Vera, sa beauté lui donne immédiatement le vertige. Vera parle peu. Mais elle sait écouter Sonny comme personne ne l’a fait jusqu’à présent. »
Premier roman coup de poing d’un acteur irlandais devenu écrivain et scénariste, « Vera » est une magnifique histoire d’amour portée par une écritre exceptionnelle, un mélange inédit entre la justesse de Ken Loach et la grâce de James Salter. Aussi émouvant et dévastateur que « Breaking The Waves »

L’auteur : Né à Dublin en 1972, Karl Geary part à seize ans pour les Etats-Unis, où il gagne sa « green card » à la loterie. Mannequin, puis acteur, il crée une scène musicale branchée à New York et s’impose comme scénariste.

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Killarney Blues de Colin O’Sullivan

« La pittoresque ville de Killarney, dans le sud-ouest de l’Irlande, pourrait sembler l’endroit idéal pour profiter d’un soleil trop rare, mais la ville a le blues. Bernard Dunphy, cocher excentrique et guitariste, se languit d’un amour non réciproque et doit composer avec une mère et un cheval tous deux malades ; son ami Jack se mêle d’un crime violent ; et un trio de copines se prennent dans la toile de leurs propres méfaits. Le roman oscille entre l’obscurité et la lumière tandis que ses protagonistes luttent avec leurs démons intérieurs. L’amitié, l’amour et la musique peuvent-ils sauver leurs âmes tourmentées ? »

L’auteur : C’est une autre Irlande qui se donne à voir, avec les mots d’un poète. Suite à la publication de recueils de poésies et de nouvelles, c’est le traducteur de James Ellroy qui propose ce texte aux éditions Rivages. Killarney Blues, de Colin O’Sullivan, nous amène dans cette paradoxale Irlande à mi-chemin entre intemporalité mythique et modernité. Il met en scène un antihéros absolu, Bernard Dunphy, cocher pour touristes de son état, atteint du syndrome d’Asperger, et qui voit dans le blues une spiritualité réconfortante. Son destin sera percuté par l’irruption de la transgression. Son ami d’enfance fera entrer le crime dans sa vie. Un roman traversé d’une profonde mélancolie et de la beauté du blues. (On vous glisse au coin de l’oreille que le roman est en lice pour l’équivalent du Goncourt du premier roman irlandais…) (Lu sur Actualitte.com)

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A suivre… (j’en ai certainement raté !)

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Nouvelles découvertes irlandaises #12 : juin 2017

Pour le mois de juin, deux nouveautés en grand format :

JeunesseOscar et le Recette du Bonheur – Sarah Moore Fitzgerald (Albin Michel, 1er juin 2017)
RomanceLes jours meilleurs – Cecelia Ahern (Milady, 16 juin 2017)

Et une nouveauté en poche :

Les Enfants de Dynmouth – William Trevor (Libretto, 1er juin 2017)

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•  Oscar et la Recette du Bonheur de Sarah Moore Fitzgerald (traduit par Valérie Le Plouhinec)

« Après avoir vécu toute sa vie dans un petit village de la côte irlandaise, Meg a déménagé pour un an en Nouvelle-Zélande avec sa famille. Elle a donc laissé Oscar, son complice de toujours. Oscar et son télescope toujours tourné vers les étoiles, Oscar et ses tartes aux pommes magiques qui ont le goût du bonheur.
Les deux amis s’écrivent, puis à coups d’éloignements, de malentendus et de mauvaises intentions d’une nouvelle arrivante, les lettres se font moins régulières. Jusqu’à ce coup de fil, de l’Irlande à la Nouvelle-Zélande. Oscar a disparu. Son vélo a été retrouvé sur la jetée. Personne n’a vu le garçon.
De retour au village, Meg mène l’enquête et découvre les zones d’ombre que cachait Oscar ces derniers mois. »

L’auteure : « Sarah Moore Fitzgerald est née à New York et a grandi à Dublin. Elle est aujourd’hui professeur d’université à Limerick, Irlande. Ecrivain depuis sa plus tendre enfance, elle est également une grande lectrice et une excellente cycliste. » (présentation de l’éditeur)

Ce roman (The apple Tart of Hope, paru en 2014, en version originale) est son deuxième publié, mais le premier traduit en français. Son premier, Back to Blackbrick date de 2013. Un troisième, A very good Chance, est sorti en 2016.

• Les jours meilleurs de Cecelia Ahern (traduit par Fabienne Vidallet)

« Kitty est dans l’impasse. À force de dévoiler la vie privée des gens dans la presse à scandale, elle s’est acquis une réputation désastreuse et sa carrière de journaliste piétine. Pire encore, elle ne supporte pas d’avoir déçu Steve, son meilleur ami, une des rares personnes dont l’opinion compte à ses yeux. Comme un malheur n’arrive jamais seul, elle comprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Kitty demande à son amie de lui confier sur son lit de mort l’histoire qu’elle a toujours rêvé d’écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d’une liste de cent noms, sans aucune explication. Déterminée à résoudre l’énigme, la journaliste part à la rencontre de ces inconnus. Cette enquête va lui permettre de découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance, et peut-être même de trouver un sens à la sienne. »

L’auteure : Cecelia Ahern est diplômée en journalisme et en communication du Griffith College de Dublin. Elle est la fille de l’ancien Premier ministre irlandais Bertie Ahern, mais elle ne se contente pas d’être une « fille de » : à vingt et un ans, Cecelia publie son premier roman, P.-S. I Love You. Le succès est immédiat et son roman est adapté au cinéma. Ses livres sont aujourd’hui traduits dans le monde entier. (présentation de l’éditeur)

Les Enfants de Dynmouth de William Trevor (traduit par Marie-Odile Fortier-Masek ; paru en grand format aux éditions Phébus, en 2014)

« Le jeune Timothy Gedge vit à Dynmouth, paisible petite cité du sud-ouest de l’Angleterre.
Pervers, rusé et impudent, l’adolescent s’introduit chez ses voisins dans l’idée de perturber la tranquillité de leurs jours et de leurs nuits. Ainsi, l’adolescent raconte sur son voisinage que le capitaine Gordon Abigail est attiré par les jeunes garçons ; que Mrs Dass et son mari n’ont rien fait pour retenir leur fils unique aujourd’hui enfui ; que Mr Plant lorgne les femmes et en trousse certaines ; et, pis encore, que le père de Stephen a sans doute tué sa première épouse.
Oui, c’est ce que clame à qui veut l’entendre, et souvent aux intéressés eux-mêmes, le jeune Timothy.
Mais de ce qu’il a raconté, insinué ou affirmé, comment faire la différence entre vérité et fabulation ? »

L’auteur : « Issu d’une famille protestante, William Trevor Cox ,de son vrai nom, est né en 1928 dans une petite ville voisine de Cork en Irlande. Après des études au collège Saint Columbia, puis au Trinity College de Dublin, où il fut diplômé d’histoire, William Trevor s’essaya à la sculpture parallèlement à son métier d’enseignant. En 1952, il se marie à Jane Ryan et s’établit en Angleterre, à Londres où il fut rédacteur dans une agence publicitaire, puis quelques années plus tard, dans le Devon. Il connait son premier grand succès littéraire à l’âge de trente-six ans avec The Old Boys. On lui doit des chefs-d’œuvre tels que En lisant Tourgueniev (Booker Prize 1991 ; Libretto, 2001) ou Le Voyage de Felicia (Phébus, 1996 ; adapté au cinéma par Atom Egoyan). Primé à de nombreuses reprises, il est considéré comme l’un des écrivains majeurs de langue anglaise ; il fut d’ailleurs fut anobli par la reine Elizabeth II d’Angleterre en 2002. » (présentation de l’éditeur)

J’ai déjà lu cinq romans de William Trevor, ainsi que deux recueils de nouvelles. Voici ce que j’ai écrit dans mon carnet de notes pour Cet été-là, lu en juillet 2013 (à l’époque, je n’écrivais pas encore de véritables « chroniques » – je n’ai commencé qu’en juin 2014) : « William Trevor excelle à peindre l’amour qui illumine soudain une existence terne, et la mélancolie des espoirs déçus. Son écriture, toujours limpide et délicate, donne naissance dans ce roman aussi, « Cet été-là », à une galerie de personnages humbles et attachants. Une belle histoire. »
Un très grand écrivain. Je lui consacrerai un billet dédié parmi mes « fiches auteurs », prochainement.

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Dans les eaux troubles – Neil Jordan

The drowned Detective, 2016. Traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Levy-Paolini. Editions Joelle Losfeld, avril 2017.

Ma chronique :

Dans les eaux troubles est un roman étrange et déroutant, très agréable à lire.

Merveilleusement écrit – et traduit -, tout d’abord il m’a surpris. Je m’attendais à plonger dans un polar plutôt classique, mené par un « détective anglais expatrié dans une ancienne république soviétique ». Jonathan, pris dans les rets de la jalousie, mène de front le sauvetage de son couple et une affaire ancienne d’enlèvement. La ville où il oeuvre tout autant qu’il erre est écrasée de chaleur – et avec les températures que nous venons de subir ces jours derniers, autant vous dire que j’ai été totalement dans l’ambiance ! -. Mais tandis que cette contrée jamais nommée gronde de révoltes urbaines. Que quelques traits colorés un peu flous au loin deviennent à mesure des cagoules multicolores. Que des jeunes chaussés de Doc Martens détalent devant les matraques policières. Insidieusement, Neil Jordan sème le doute dans nos esprits alertes de lecteurs captivés. « Je sentais que quelque chose était sur le point d’exploser, de voler en éclats, de se briser, et j’espérais que ce n’était pas moi ». Une jeune femme au violoncelle exhale un parfum d’étrangeté. Sa fille s’entoure d’amies un peu trop imaginaires. Et le roman bascule mine de rien dans autre chose. Presque fantastique, mais pas entièrement, toujours maîtrisée, l’intrigue vibre sur le fil d’une corde d’instrument, du tranchant d‘un miroir sans tain, où la réalité serait en train de fondre, de naître ; de se dévoiler peut-être. Frontières poreuses entre les êtres, les dimensions, les époques, les histoires.

Neil Jordan nous promène dans ce roman au coeur d’une réalité savamment teintée de différence, et distille avec un talent consommé le vrai et l’illusion, le fantasme et l’émotion. N’en a-t’il pas fait un peu trop ? Ou au contraire pas assez ? Je me suis posée la question, durant la lecture. Mais en bouclant le cours de ces eaux troubles, en terminant le roman, je pense qu’il en a fait juste ce qu’il fallait. Merci à Babelio et aux éditions Joelle Losfeld pour cette lecture un brin enivrante.

L’auteur : Neil Jordan est né à Sligo en 1950. Comédien, il a d’abord écrit des pièces pour le théâtre, la radio et la télévision. En 1974, il participe à la création de I’Irish Writers Cooperative, collectif d’édition destiné à publier et à promouvoir la jeune littérature irlandaise. Il y publie en 1976 un brillant recueil de nouvelles, Night in Tunisia, puis en 1980, The Past. Ce très beau premier roman est suivi d’un second en 1983, The Dream of a Beast, plus complexe, oscillant entre la fable fantastique et l’allégorie apocalyptique. Il se tourne alors vers le cinéma, devient l’assistant de John Boorman sur Excalibur (1980) et celui-ci produit son premier film Angel en 1982. Par la suite il réalise de nombreux films, notamment La Compagnie des loups (1984), Mona Lisa (1986), Crying Game (1992), Entretien avec un vampire (1994), Michael Collins (1995), La Fin d’une liaison (1999), etc. Retour à la fiction en 1994, avec Sunrise with Sea Monster / Lignes de fonds, roman étrange et poétique sur la relation complexe d’un père et d’un fils que sépare et réunit à la fois une femme pendant la guerre d’Espagne et la Deuxième Guerre mondiale (présentation de la Librairie Compagnie).
Il a encuite écrit deux romans, tous les deux traduits en français : Les Ombres (Shade, 2005), traduit aux éditions de l’olivier en 2006 et Confusion (Mistaken, 2011), traduit aux éditions Joelle Losfeld en 2013. j’ai lu et beaucoup aimé Lignes de Fond à sa sortie française en poche, en 1998.

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Pêle-mêle londonien, avril 2017

Aujourd’hui, le Mois anglais auquel je participe chez Lou et Cryssilda met Londres à l’honneur. Pour fêter ça, je publie cette modeste compilation de mes « billets londoniens », existants et à venir.

Mes billets publiés (cliquez sur le titre du billet pour y accéder) :

#1 : Keats House

Inoubliable visite de la maison d’Hampstead, où l’immense poète John Keats (1795-1821) a vécu deux années, écrit nombre de ses plus beaux poèmes et rencontré Fanny Brawne.

#2 : Street-art à Brick Lane (part 1)

Quelques images d’une balade street art d’Aldgate East à Shoreditch, dans l’est londonien. Tout le quartier est un immense terrain de jeu pour les artistes.

#3 : Les escaliers du métro londonien

Ce que je préfère, dans le Tube, ce sont ses escaliers.

Les billets à venir, courant juin (je mettrai ce billet-ci à jour à mesure) :

• #4 : Stepney Green
• #5 : Street-art à Brick Lane (part 2)

Et qui sait, peut-être d’autres encore, sur le Vintage Market de Brick Lane, les Hot chocolates, Regent’s Park Camden lock, les Pubs de Fitzrovia…  ?

En un mot comme en cent : I ♥ London !

Toutes les photos (c) Hélène Hiblot & Lettres d’Irlande et d’Ailleurs
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Je me suis tue – Mathieu Ménégaux

Editions Grasset et Fasquelle, 2015 ; réédité en poche aux éditions Points, 2017

Ma chronique :

Ce premier roman de Mathieu Ménégaux recueille beaucoup de suffrages, mais pas les miens : je n’ai pas du tout aimé Je me suis tue. Heureusement qu’il était court (137 pages).

L’idée pourtant est bonne. Une femme en prison entame sa confession. Elle raconte pourquoi, après un drame, elle a choisi le silence. Et comment, ensuite, d’engrenage en spirales, tout son monde a basculé, jusqu’au dénouement infernal.

Cette lecture m’a vraiment déplu, pour de nombreuses raisons : d’une manière générale, j’ai trouvé l’intrigue prévisible. Mettons qu’il y ait trois drames dans le roman : à la deuxième page, troisième paragraphe, cinquième ligne j’avais deviné le drame 2, à la septième page, le drame 1 et pas mal avant qu’il n’arrive aussi, le drame 3. Ensuite, j’ai ressenti un agacement récurrent dû au mouchetage du discours, tout au long du roman, par des bribes de chansons connues et de ritournelles, souvent hors de propos. Enfin, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages. Claire, la narratrice et Antoine, son mari, sont caricaturaux et manquent à mon sens de crédibilité. Mais où le bât a vraiment blessé, créant un gros malaise dans ma lecture, c’est cet auteur, un homme, qui se met dans la peau d’une femme jusque dans son intimité : et c’est complètement raté.

Donc Je me suis tue, c’est sans moi !

J’ai lu ce livre dans le cadre de ma participation en tant que jurée
au Prix du meilleur Roman des lecteurs des éditions Points 2017

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Douze auteurs jeunesse irlandais #2 : Siobhan Dowd

L’an dernier, je vous ai proposé des billets sur des auteurs irlandais lus il y a longtemps : mes Mémoires de Porcelaine. Cette année, c’est à un petit tour d’horizon de la littérature jeunesse irlandaise traduite en français que je vous convie, pour vous présenter douze auteurs, qui écrivent ou non exclusivement pour la jeunesse. Une roue à douze rayons, un trèfle à douze feuilles, douze romans – et même plus – que j’ai déjà lus (sauf pour trois d’entre eux, qui sont encore dans ma Pile à Lire et dont j’ai prévu la lecture dans les mois à venir).


Mon deuxième billet de cette série portera sur Siobhan Dowd.

Née en 1960 à Londres de parents irlandais, Siobhan Dowd est diplômée de l’université d’Oxford. Elle a dirigé à New York le PEN, une fondation d’écrivains qui œuvre dans le monde pour la liberté d’écrire. Dans ce cadre, elle s’est rendue en Indonésie et au Guatemala, pour enquêter sur l’application des droits de l’homme pour les écrivains. De retour en Angleterre, elle fait partie du comité des écrivains en prison (Writers in Prison Committee) et devient sous-commissaire pour les droits de l’enfant dans le comté de l’Oxfordshire. Elle a écrit des nouvelles et des articles, avant de publier Sans un cri, son premier roman pour la jeunesse, qui a recueilli les honneurs de la critique et a permis à son auteur d’être élue parmi les vingt-cinq « auteurs du futur » par The Guardian.
En août 2007, à 47 ans, Siobhan Dowd décède hélas subitement d’un cancer du sein. Ses quatre romans pour la jeunesse constituent « une œuvre littéraire magistrale d’autant plus précieuse qu’elle fut interrompue au summum de son accomplissement. Elle témoigne de son immense talent d’écrivain, de sa profonde passion pour la vie et de l’attachement qu’elle a toujours gardé pour l’Irlande où elle se rendait régulièrement » (présentation de l’éditeur)

D’elle, j’ai pour le moment lu un roman, La Parole de Fergus, et ce fut un très gros coup de coeur !

Sans un cri (A Swift Pure Cry, 2006)

Traduit de l’anglais par Cécile Dutheil de la Rochère. Éditions Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2007

« Dans le petit village irlandais de Coolbar, Shell tente d’être une lycéenne comme les autres. Mais élever Trix et Jimmy, ses petits frère et sœur, tout en les protégeant d’un père alcoolique et violent, n’est pas un quotidien ordinaire pour une jeune fille de quinze ans. Pourtant, Shell ressent profondément la joie d’exister. D’où lui vient cette force incroyable qui la sauve, même quand l’Irlande entière la montre du doigt ? Un roman singulier et fort, touché par la grâce. Comparée aux plus grands écrivains irlandais, Siobhan Dowd signe une histoire poignante, tirée de faits divers réels. » (Présentation de l’éditeur)

L’Étonnante disparition de mon cousin Salim (The London Eye Mystery, 2007)

Traduit de l’anglais par Catherine Gibert, Éditions Gallimard Jeunesse, 2009

« Ma sœur et moi avons emmené notre cousin Salim à la grande roue de Londres parce qu’il n’y était jamais allé. Lundi 24 mai, 11 h 32, nous avons regardé Salim monter dans une nacelle. Lundi 24 mai, 12 h 02, la nacelle est redescendue, les portes se sont ouvertes, tous les gens en sont sortis. Sauf Salim, qui s’est volatilisé. La police ne sait pas où donner de la tête. A-t-il été enlevé comme le pense tante Gloria ? Moi, Ted, j’ai échafaudé neuf théories, dont celle de la combustion spontanée, et je vais toutes les vérifier. » (Présentation de l’éditeur)

La Parole de Fergus (Bog Child, posth., 2008)

Ttraduit de l’anglais par Cécile Dutheil de la Rochère. Éditions Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2009

Ma chronique : Nous sommes en 1981. Fergus à 18 ans. Il court beaucoup, révise pour son examen d’entrée à l’université – trois B et il sera pris en Médecine, c’est le métier qu’il veut exercer depuis toujours – , il prend des leçons de conduite accompagnée avec son oncle Tally. Fergus a deux petites sœurs qu’il emmène parfois à la piscine, il aide sa mère quand elle en a besoin. Par hasard, il vient de découvrir un corps inhumé dans la tourbière, plus haut dans la montagne, parfaitement conservé, certainement une fillette ayant vécu à l’âge du fer… et la fille de l’archéologue chargée du dossier est séduisante en diable.

Fergus est un jeune homme bien, comme les autres, peut-être juste plus chouette que beaucoup. Il pourrait avoir une vie des plus classiques… Sauf qu’il vit en Irlande du Nord, non loin de la frontière avec la République d’Irlande, pendant les Troubles.

Son frère aîné Joe est emprisonné à Long Kesh, et entame une grève de la faim. Bobby Sands vient d’en mourir, après 66 jours sans se nourrir. Le gouvernement Britannique leur refuse le statut de prisonniers politiques (ils sont traités comme des prisonniers de droit commun), Margaret Thatcher, la Dame de Fer, ne cède jamais. Le circuit de jogging de Fergus, tôt le matin, l’amène à passer le poste frontière et il sympathise (en cachette, car cela pourrait lui coûter cher) avec le jeune gallois Owain, soldat de l’armée Britannique en faction. L’IRA provisoire l’approche habilement et sollicite son aide comme « passeur »… la retransmission télévisuelle du match de foot du vendredi soir est coupée par un flash annonçant un nouvel attentat à la bombe. 

L’amour, la fraternité, trouver sa place, se réaliser… Comment vivre une vie normale quand le destin d’une nation brûle autour de soi ?

Tout au long du récit, par petites touches délicates et sensibles, les rêves de Fergus portent jusqu’à nous la voix de Mel, l’enfant de la tourbe. Sa vie, sa famille, ses affections, ses tourments, l’approche de sa mort (Assassinat ? Sacrifice ? ). Ces passages forment un contrepoint mélodieux au présent de Fergus, et en sont souvent étrangement proches.

Siobhan Dowd réussit dans « La Parole de Fergus » à aborder des sujets douloureux sans jamais tomber dans un pathos réducteur, et à alterner gravité et légèreté sans aucune frivolité. Certains retournements de situation sont délicieux ; d’autres hélas, terribles. Ce roman est un plaisir rare de bout en bout, un vrai coup de cœur.

Où vas-tu, Sunshine ? (Solace of the Road, posth., 2009)

Traduit de l’anglais par Bee Formentelli. Éditions Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2010

« Holly n’en peut plus des éducateurs sociaux, des familles d’acceuil, de leur gentillesse et de leurs bonnes intentions. Chez les Aldridge, elle déniche dans le tiroir d’une commode une perruque blonde très glamour et c’est le déclic. Elle devient Sunshine, jeune fille sensuelle et rayonnante, et prend la route vers l’Irlande, à la recherche de sa mère… » (Présentation de l’éditeur)

Le prochain rendez-vous de Douze auteurs jeunesse irlandais se fera avec John Boyne 🙂

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Londres #3 : Les escaliers du métro londonien

J’aime beaucoup le métro londonien. Sa cocarde, la bonne odeur de ses couloirs, le fait que je m’y perde continuellement, son « Mind the gap between the train and the plaform », sa poésie. Mais ce que je préfère, ce sont ses escaliers. Les marches aux rebords métalliques et antidérapants, de différentes couleurs, j’adore.

Je compte bien, au cours de mes prochains voyages à Londres, alimenter cette petite collection de visuels.

— Mes précédents « billets londoniens » : #1 Keats House et #2 : Street art à Brick Lane (part 1)

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La Douleur porte un costume de Plumes – Max Porter

Grief is the thing with Feathers, 2015. Traduit de l’anglais par Charles Recoursé. Seuil, 2016 ; réédité en poche aux éditions Points, 2017.

Quatrième de couverture : Les humains m’ennuient sauf dans la douleur. Très peu m’intéressent. Mais les maris privés de femmes et les enfants privés de mères… Pour un corbeau sentimental, ils font un nid délicieux à protéger. Je les distrais, les fais rire grâce à ma vulgarité de corvidé primaire, qui est en réalité un programme de soins très réfléchi. Quand il n’y aura plus de désespoir à traquer, mon travail sera fini.

Ma chronique :

Maman est morte, laissant papa « aussi vidé qu’un pendu » et les garçons tout seuls. Jusqu’à ce que survienne Corbeau. Gigantesque, hallucinant ; salvateur. « (Corbeau) Dans d’autres versions je suis docteur ou fantôme. Parfaits stratagèmes : docteurs, fantômes et corbeaux. Nous pouvons faire ce que les autres personnages ne peuvent pas, manger la tristesse par exemple, ou renfouir les secrets, ou mener les batailles homériques contre le langage et Dieu. J’étais excuse, ami, deus ex machina, blague, symptôme, fiction, spectre, béquille, jouet, revenant, bâillon, psychanalyste et baby-sitter ». Un délire psychotique, peut-être. Une personnification de la douleur ?

La mise en page et l’écriture de cette fable moderne ne sont pas conventionnelles. Ca grince, ça ébouriffe, ça dissone. On cherche à comprendre… en vain ? Car pour saisir toute la portée poétique de cet ouvrage, sa beauté particulière, il faut juste lâcher prise et se laisser dégringoler sans parachute dans les très courts chapitres aux voix alternées. Se laisser porter par l’imagination qui soigne et les mots qui guérissent. Apprendre à voler ? Corbeau veille, et peu à peu les existences vont s’autoriser, presque à contrecœur, à reprendre goût à la vie.

Ce petit livre, auquel on peut ne pas du tout accrocher, a été pour moi une exquise étrangeté littéraire. Le genre de friandise qui fait grimacer les gencives, tout en explosant de douceur.

L’auteur : Max Porter est éditeur pour la maison d’édition britannique Granta. Il vit à Londres avec sa femme et leurs enfants. La Douleur porte un costume de plumes est son premier livre.

*** J’ai lu ce livre dans le cadre de ma participation en tant que jurée au Prix du meilleur Roman des lecteurs des éditions Points 2017. Vu qu’il était dans ma Pîle à Lire depuis sa sortie en grand format en janvier 2016, cette chronique me permet  également d’honorer ce mois-ci l’Objectif PAL d’Antigone… Et d’inaugurer ma participation au Mois Anglais chez Lou et Cryssilda.

Publié dans 1.3 Litt. de Gde-Bretagne, 2016, Angleterre, Rentrée hiver 2016 (janvier-février 2016) | Tagué , , , , | 12 commentaires