Rentrée littéraire d’hiver 2022 : et la littérature irlandaise ?

Une magnifique rentrée littéraire irlandaise en perspective ! Cinq grands formats et un poche.

En grand format

Janvier 2022

Une arche de lumière – Dermot Bolger (Joëlle Losfeld, le 6 janvier)
Auteure française – WIlliam Butler YeatsLes amours dispersées – Maylis Besserie (Gallimard, La Blanche, le 13 janvier)
N’importe où sauf ici – Rob Doyle (Au diable vauvert, le 20 janvier)

Février 2022

Voyage en territoire inconnu – David Park (La Table Ronde / Quai Voltaire, le 3 février) Irlande du Nord
Léawald – Dov Lynch (Éditions du sous-sol, le 4 févrrier)

En poche

Le bal des ombres – Joseph O’Connor (Rivages poche, le 12 janvier)

*

Une arche de lumière de Dermot Bolger (Traduit par Marie-Hélène Dumas)

« Irlande, 1949. Eva Goold Verschoyle est devenue Eva Fitzgerald. Etouffant sous la pression domestique, elle quitte son époux et le domaine familial du Mayo, renonçant à son statut social et heurtant les convenances. Ce choix radical l’entraîne dans une vie de bohème de Dublin au Kenya en passant par l’Espagne et le Maroc sans jamais rompre ses liens avec son fils et sa fille qu’elle veut protéger. »

Dermot Bolger renoue avec certains personnages de l’excellent Toute la famille sur la jetée du paradis ! Youhou ! J’ai commencé à le relire, du coup, j’en profiterai pour le chroniquer.

L’auteur sur le blog : Une illusion passagère / Fiche auteur / Festival New writings new styles

Les amours dispersées de Maylis Besserie

« Elle est entrée comme une ombre. Elle a glissé et s’est fichée dans mon œil, entre mes paupières que la poussière a refermées. »
« Elle, c’est Maud Gonne, la muse de l’écrivain William Butler Yeats. Enterré en France en 1939 dans le cimetière de Roquebrune-Cap-Martin pour être rendu à l’Irlande une décennie plus tard, le voilà qui revient sous les traits d’un fantôme. Il sort de sa tombe pour raconter son amour contrarié avec Maud, histoire qui se confond avec celle de l’indépendance de l’Irlande, dont ils ont été tous deux des acteurs emblématiques.
Si le fantôme s’est brusquement réveillé, c’est parce que des documents diplomatiques longtemps tenus secrets ont refait surface, jetant le doute sur le contenu du cercueil rapporté au pays pour des funérailles nationales. Où est donc passé le corps du poète ? Plane-t-il encore, comme il l’a écrit, « quelque part au-dessus des nuages » ? Que reste-t-il de nos amours et de nos morts, si ce n’est leur poésie ? »

→ J’ai énormément aimé le roman que cette brillante jeune auteure a consacré à Samuel Beckett : Le tiers temps (lire ma chronique ici). Je lirai celui-ci aussi !

N’importe où sauf ici de Rob Doyle (Traduit par Alice Zeniter)

(c’est la traduction de Threeshold, paru en janvier 2020)

« Rob Doyle a passé la majorité de sa troublante vie d’adulte à errer, écrire, et s’imbiber de narcoleptiques et de littérature à dose équivalente. Désormais échoué entre une jeunesse téméraire et l’âge de raison, entre l’exaltation et le désespoir, ses voyages lui ont insufflé un but : la quête immémoriale d’une révélation transcendante.
Sous la forme de 11 vignettes en roue libre pharmaceutiquement désordonnées, à travers un sinistre pèlerinage de frissons cheap et de vérité universelle, un homme de lettres nous emmène des inquiétantes banlieues de Paris au pays des clubs de junkies à Berlin, des festivals artistiques ensoleillés d’Islande, en passant par les éveils métaphysiques de l’Asie et une Europe au bord de la destruction, jusqu’aux révélations bouleversantes générées par la DMT.
Une éblouissante, intime et profonde célébration de l’art et du vieillissement, du sexe et du désir, des limites de la pensée et des sensations extrêmes. N’importe où sauf ici confirme le statut de Doyle comme l’un des auteurs les plus originaux de la littérature contemporaine irlandaise. »

→ C’est la première fois que Rob Doyle est traduit en français, donc joie ! Nous l’avions rencontré au Festival New writings new styles au centre Culturel Irlandais, en mars 2017.

Voyage en territoire inconnu de David Park (Traduit par Cécile Arnaud)

« Le monde est recouvert de neige.
Les transports sont interrompus.
Tom doit s’aventurer dans un paysage métamorphosé et hostile pour aller chercher son fils, malade et coincé dans une résidence étudiante.
Mais lors de ce trajet solitaire en voiture, de Belfast à Sunderland, Tom se retrouve à faire un autre voyage, sans carte ni guide, et retrace chaque route d’une histoire familiale habitée de souvenirs et embrumée de regrets.
Écrit dans une prose épurée et cristalline par l’une des voix les plus importantes de la littérature irlandaise contemporaine, Voyage en territoire inconnu est une œuvre au dépouillement exquis et à la grâce transfiguratrice. Un roman de pères et de fils, de chagrin, de mémoire, de famille et d’amour ; sur les gouffres qui nous séparent de ceux que l’on aime, et les mauvais tournants que l’on prend en allant les retrouver. »

→ Hâte de découvrir cette nouvelle plume d’Irlande du Nord !

Léawald de Dov Lynch (je n’ai pas trouvé trace de traducteur, il l’a peut-être écrit en français)

— Pas encore de visuel de couverture —

« À la première page, Léa repêche le corps d’un vieil homme qui vient de se noyer dans une piscine parisienne où elle a ses habitudes. À la fin, seule, elle pousse péniblement un cercueil en zinc dans une allée du cimetière de Montmartre. Léa est une sorte de moderne Antigone, héroïne d’un roman dystopique qui se développe en courtes scènes minimalistes, empruntant quelque chose de l’esthétique funèbre d’un Enki Bilal. D’ailleurs, Léa s’appelle en réalité Lejla, elle est d’origine bosniaque, sa mère a quitté Sarajevo enceinte d’elle au début du siège. Et, précisément, dans ce futur qu’on devine assez proche, Paris est en état de guerre, coupée en deux ; des forces insurgées occupent la rive droite, le gouvernement tient la rive gauche, une mission internationale déployée le long de la Seine.
Chaos, ruines, snipers. Léa, conductrice pour la mission internationale, accepte un contrat risqué : se rendre dans une fourgonnette sur la rive droite pour aller restituer un cercueil contenant la dépouille d’une figure de l’opposition dont on ne lui a pas précisé l’identité. En échange, elle pourra ensuite quitter Paris. Mais rien ne se passe comme prévu. D’abord, il y a cette gamine de treize ans qu’elle recueille à moitié contre son gré, déterminée à passer de l’autre côté où sont ses parents. Puis, dès la Seine franchie, l’affaire tourne mal. Les autorités qui étaient censées la protéger sont aux abonnés absents. Le cessez-le-feu a volé en éclats. On lui fait comprendre que la livraison du mort n’a plus aucune importance et qu’elle devrait plutôt songer à sauver sa peau. Mais Léa choisit une autre voie, décide de rester dans le camp « ennemi » et de prendre en charge jusqu’au bout les deux êtres qui lui ont été confiés – la gamine et le mort inconnu.
Léawald présente une traversée acharnée, jusqu’au-boutiste d’une Paris nocturne, en guerre et à peine reconnaissable, où tout est possible, la violence autant que la solidarité, jusqu’au lever du jour quand Léa découvre, dans la rumeur d’une ville qui se réveille, un sentiment d’appartenance nouveau et inattendu au monde et à elle-même. »

→ Très curieuse de découvrir ce roman. Je n’ai encore jamais lu cet auteur (sa fiche wiki est par ici, il a un CV impressionnant), dont deux romans ont déjà été traduits en français : Mer noire aux Éditions Anacharsis en 2015 (Dov Lynch en parle ici en français, il n’a carrément aucun accent, c’est fou) et Hauts Fonds aux Éditions du Seuil en 2018 (d’abord écrit en anglais puis réécrit en français). Je n’en ai lu aucun des deux, les thèmes ne m’intéressant pas vraiment. Mais ils sont dans ma pile à lire, des fois que je change d’avis, haha.

Le bal des ombres de Joseph O’Connor (Traduit par Carine Chichereau)

Paru en grand format chez Rivages en janvier 2020. Quel coup de coeur !

Lire ma chronique par ici : « Fiction historique sur la vie de Bram Stoker, l’auteur de Dracula, c’est un chef d’œuvre absolu. Joseph O’Connor réussit le tour de force de nous immerger à la fois dans l’époque, dans la vie de Bram et de ses proches, mais aussi dans son œuvre. »

  7 comments for “Rentrée littéraire d’hiver 2022 : et la littérature irlandaise ?

  1. 18 décembre 2021 à 21 h 31 min

    Je note le Dermott Bolger ! Et le Rob Doyle que je ne connais pas mais une traduction d’Alice Zeniter, ça me tente.

    Aimé par 2 personnes

  2. 19 décembre 2021 à 9 h 18 min

    Je lirai le David Park, il m’intrigue 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. 21 décembre 2021 à 15 h 06 min

    Oh, je sens qu’il y aura là de belles découvertes à faire. Le Rob Doyle et le David Park m’intriguent particulièrement.

    Aimé par 1 personne

  4. 21 décembre 2021 à 17 h 29 min

    Tu nous offres une belle idée de cette rentrée littéraire irlandaise 2022 ! Merci Hélène, bises bretonnes, je te souhaite de joyeuses fêtes 🙂✨🎄

    Aimé par 1 personne

  5. 22 décembre 2021 à 10 h 24 min

    Je suis très intéressée par « Le bal des ombres » de Joseph O’Connor.

    Aimé par 1 personne

  6. FEVE
    20 février 2022 à 10 h 58 min

    Je note tout. Merci, Hélène.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :