Miniaturiste – Jessie Burton

The miniaturist, 2014. Traduit de l’anglais par Dominique Letellier. Éditions Gallimard, 2015 ; réédition en poche chez Folio, 2017 ; 528 p.

★★★★★★★☆☆☆

Mon avis :

Voici ma deuxième lecture pour le mois anglais, terminée dans le train lundi dernier, mais je n’ai pas eu le temps de publier mon avis avant aujourd’hui.

L’auteure est anglaise, mais ce roman se passe à Amsterdam, en 1686. Petronilla Oortman vient d’épouser Johannes Brandt, un riche marchand de la VOC, la compagnie des indes néerlandaises. Elle n’a que dix-huit ans lorsqu’elle se présente avec sa petite valise et son perroquet Peebo devant l’imposante demeure, au bord du canal Herengracht, où vit son époux. Elle rencontre alors Marin, la sœur célibataire de Johannes, Cornelia sa servante et Otto, un homme à tout faire né dans les colonies, que Johannes a depuis longtemps à son service. Mais rien ne se passe comme la jeune femme l’avait escompté. Johannes ne s’intéresse qu’à son travail et boude son lit, Marin est revêche et particulièrement austère et il règne sur cette demeure une atmosphère pesante. Jusqu’à ce qu’un jour, Johannes offre à Nella un cabinet, une vaste maison de poupées représentant leur maison, et qu’elle découvre l’existence d’un miniaturiste à qui elle passe commande de diverses pièces pour meubler ce cabinet…

Miniaturiste a été pour moi une lecture en demi-teinte. Des personnages intéressants avec de belles complexités, beaucoup de potentiel et de bonnes choses dans ce roman, mais je pensais lire une histoire avec un contexte historique beaucoup plus fouillé et prégnant, et surtout (sans spoiler) je suis restée à la fin complètement sur ma faim avec un certain personnage, et cela m’a vraiment déçue. Je m’attendais à autre chose. Ce roman m’a fait l’effet d’un décor de théâtre. Quelques scènes précises et tout le reste un peu flou. Des personnages entrent et sortent comme d’un chapeau. Des scènes d’action laborieuses et tout le reste tissé de longueurs et de redites.

Ce qui est sûr, par contre, c’est que l’auteure réussit à merveille à rendre une atmosphère étouffante de secrets et de non-dits. C’est sombre et oppressant, tout pèse, la religion, les bourgmestres, les voisins épient et les secrets planent. C’est très bien rendu. Le côté féministe d’un éveil à soi et de la prise de conscience que la société ne laisse aux femmes que l’espace domestique pour s’épanouir – et encore – est également intéressant, de même que les points de vue croisés entre classes sociales et milieux de naissance.

Certains passages sont très bons et ce roman dans l’ensemble se lit bien, car on veut savoir le fin mot de cette histoire, mais la fin m’a semblé vraiment tirée par les cheveux et presque factice. Je n’ai pas adhéré ni compris l’utilité de la pseudo-dimension fantastique, elle m’a semblé juste un artifice pour combler un vide dans le scénario. Les personnages auraient vraiment mérité un écrin moins nébuleux.

Ce roman est ma première lecture pour les 10 ans du mois anglais, à retrouver sur le blog Plaisirs à cultiver. Comme il était sur mes étagères depuis l’an dernier, c’est également l’occasion de participer à l’Objectif PAL d’Antigone.

  11 comments for “Miniaturiste – Jessie Burton

  1. 3 juillet 2021 à 7 h 35 min

    Le dernier roman de Burton me tentait davantage que celui ci, donc ton avis confirme mon impression 🙂

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  2. 3 juillet 2021 à 8 h 07 min

    Pas encore lue, j’aimerais beaucoup découvrir cette auteure. Peut-être avec le dernier alors!

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  3. 3 juillet 2021 à 8 h 07 min

    Je l’avais noté suite à quelques chroniques enthousiastes mais il ne faisait pas partie de mes achats prioritaires… Ma liste vient de raccourcir d’un titre, ce qui est plutôt une bonne chose vu la longueur de ladite liste 😬

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  4. 4 juillet 2021 à 13 h 39 min

    J’avais beaucoup aimé  » Miniaturiste ». Beaucoup plus que  » Les secrets de ma mère ».

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  5. 6 juillet 2021 à 15 h 48 min

    Je l’ai toujours zieuté de loin, ce roman, entre intriguée et désintéressée. Là, je sais qu’il vaut mieux que je prenne mes jambes à mon cou!

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  6. 10 juillet 2021 à 20 h 24 min

    Une lecture en demi teinte pour toi Hélène. Tu rends service à ma PAL 😉 Je te souhaite un beau weekend 🙂🌞

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  7. Christelle
    12 juillet 2021 à 8 h 53 min

    Je me rappelle l’avoir dévoré, adoré, avoir été complètement emportée par ce roman !

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  8. 26 août 2021 à 7 h 49 min

    Ah mince ! ;(

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  9. nathaliesci
    4 septembre 2021 à 9 h 29 min

    Bon. Ça ne me décide pas vraiment à le sortir de ma PAL…

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