Ce que je ne veux pas savoir – Deborah Levy

Sous-titré Une réponse au « Pourquoi j’écris » de George Orwell (1946)

Things I don’t want to know. A response to Goerge Orwell’s 1946 essay « Why I write », 2013. Traduit de l’anglais par Céline Leroy. Éditions du sous-sol, 2020 ; 144 p.

★★★★★★★

Mon avis :

« Elle m’avait dit d’exprimer mes pensées à voix haute, mais j’avais préféré les mettre par écrit. ». « J’ai trouvé un stylo et j’ai essayé de mettre des mots sur mes pensées. En gros, ce qui a jailli sur la page en sortant du stylo rassemblait tout ce que je ne voulais pas savoir. »

Deborah est née en Afrique du Sud en 1959, en plein Apartheid. Elle a quatre ans quand son père est arrêté car membre de l’African National Congress, un parti politique qui luttait pour l’égalité des droits, désormais interdit par le gouvernement.

Mais ce premier volume de son autobiographie s’ouvre bien plus tard, par des pleurs sur des escalators. Deborah Levy retourne à Majorque pour faire le point, dans un petit hôtel où elle a déjà séjourné à plusieurs reprises. Elle revient sur son enfance en Afrique du Sud où très jeune elle prend conscience de l’Apartheid, puis son adolescence en Angleterre, la terre d’exil de sa famille où ses parents se séparent quand elle a quinze ans.

J’ai adoré le ton de ce livre. Deborah Levy questionne ce qui l’a amené à écrire, ce que c’est d’être une femme, elle nous plonge dans quelques moments clefs de sa vie telle une exploratrice de soi. On perçoit l’éveil d’une conscience, la construction d’une personnalité, l’envol d’un esprit libre. L’exclusion, l’exil, la maternité sont autant de thèmes abordés avec pertinence et une grande acuité dans ce livre. Ce que je ne veux pas savoir a été vraiment une excellente découverte, je sais déjà que je le relirai, et je ne tarderai pas à lire le suivant, Combien ça coûte.

« Comment les gens deviennent-ils cruels et pervertis ? Si on torture quelqu’un, est-on fou ou normal ? Si un homme blanc lance son chien sur un enfant noir et que tout le monde dit que c’est acceptable, si les voisins, la police, les juges et les enseignants disent : « moi ça me va », la vie vaut-elle d’être vécue ? Et qu’en est-il des gens qui pensent que ce n’est pas acceptable ? Sont-ils assez nombreux dans le monde ? »

  5 comments for “Ce que je ne veux pas savoir – Deborah Levy

  1. 9 mars 2021 à 22 h 10 min

    Merci Hélène pour cette critique très touchante, j’ai vraiment hâte de lire ce livre.
    Bises

    Aimé par 1 personne

  2. 11 mars 2021 à 20 h 14 min

    J’ai très envie de lire lire, ainsi que Combien ça coûte. J’ai hâte qu’arrive aussi la traduction du dernier tome de la trilogie.

    Aimé par 1 personne

    • 14 mars 2021 à 16 h 34 min

      Oui, j’ai vu que c’était une trilogie, je les lirai tous les trois et je les relirai, certainement ! On les a beaucoup vu passer et c’est mérité !

      Aimé par 1 personne

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