Le Pacte de l’étrange – John Connolly

A game of ghosts, 2017. Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacques Martinache. Éditions Presses de la Cité, coll. « Sang d’encre », juin 2020 ; 496 p.

★★★★★★★★

Mon avis :

Comme quoi, j’ai eu raison de persévérer avec John Connolly, car Le Pacte de l’étrange m’a bien plu. Il s’agit du nouvel opus de le série-phare de l’auteur irlandais, les enquêtes d’un détective privé nommé Charlie Parker. J’avoue m’y être plongée sans même savoir de quoi il retournait. Ce sont en fait des polars saupoudrés de fantastique, et ça fonctionne très bien.

Le Pacte de l’étrange s’ouvre avec la disparition d’un autre détective privé, Jaycob Eklund, sur laquelle le FBI demande à Charlie Parker d’enquêter discrètement. Eklund est un type qui, en marge de ses enquêtes plutôt basiques, rassemble depuis des années tout ce qu’il peut trouver sur les « martyrs de Capstead », un groupe de malfrats disparus dans les flammes au dix-neuvième siècle. Lui les appelle « les Frères » et il semble « convaincu que leur héritage ne serait peut-être pas seulement physique, sous la forme de descendants, mais aussi sous une forme plus éthérée »… Et effectivement, de prime abord, certains passages du livre mettent en scène des événements bizarres autant qu’étranges. Souvent en cours de lecture, je me suis demandée : saperlipopette, mais c’est quoi, les Frères ?!!! L’auteur est plutôt doué pour distiller le malaise et même parfois soudainement basculer sur l’atroce. Mais où ce roman est je trouve extrêmement bien fichu, c’est qu’il se maintient tout du long en équilibre. L’auteur entremêle à son histoire, avec à-propos et sans rien alourdir, une dose de fantastique, voire un écho horrifique. Mais sans excès. Il laisse ainsi Le Pacte de l’étrange se bonifier en un polar rythmé à l’humour noir vivifiant, mettant en scène des dialogues et des personnages bien campés.

Tout au long du roman, de nouveaux personnages entrent en scène, qui vont, par leurs actions ou interactions, nourrir l’intrigue sur différents fronts. C’est mené avec énergie mais sans précipitation, les révélations et rebondissements s’enchaînent et la tension monte avec un bon tempo, jusqu’à la toute fin, que je n’avais vraiment pas vue venir. En parallèle de l’enquête, on suit Sam, la fille de Charlie et de son ex-compagne, Rachel. Sam n’est pas une enfant comme les autres. « Tu ne me protèges pas, c’est moi qui te protège, papa. Et, ajouta-t-elle à voix basse, ceux qui écoutent ne sont pas des gens ».

Une très bonne découverte, donc, et pour tout dire j’ai maintenant envie de commencer la série à son début, pour connaître toute l’histoire de Charlie Parker. Un grand merci aux Presses de la Cité et à Babelio pour l’envoi.

« – T’as trouvé quelque chose ? s’enquit Angel.
– Juste des regrets, répondit Parker. »

(Vous pouvez retrouver mes précédents flops avec cet auteur irlandais par ici : Prière d’achever et Le livre des choses perdues)

  2 comments for “Le Pacte de l’étrange – John Connolly

  1. 12 novembre 2020 à 20 h 53 min

    Merci Hélène pour ce partage. J’aime beaucoup cet écrivain.
    Douce soirée, bises 😉

    Aimé par 1 personne

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