Taqawan – Eric Plamondon

Quidam éditeur, 2018 ; réédité au Livre de Poche, 2019 ; 224 p.

Mon avis :

« Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. […] Quel monde pour un peuple qu’on traite de sauvages durant quatre siècles ? »

Je poursuis ma découverte de la littérature québécoise avec Taqawan, d’Éric Plamondon. C’est un roman court, construit en une succession de chapitres rapides où alternent présent et passé, fiction et réalité. Talent de l’auteur qui ne nous perd jamais en route, au contraire même, j’ai eu l’impression d’être hameçonnée de plus en plus serré.

Taqawan, c’est le saumon qui retourne dans les eaux qui l’ont vu naître. Ce texte revient également aux sources. A l’origine, ils ont traversé le détroit de Béring et ont marché vers l’est, toujours plus loin à l’est – à l’inverse des colons européens – jusqu’à ce qu’ils arrivent à la fin des terres, Gespeg dans leur langue, devenu aujourd’hui la Gaspésie.

Au début du roman nous sommes en mai 1981, le Québec travaille à son indépendance et prend des mesures pour la pêche au saumon sur les réserves. C’est le Canada qui gère les réserves, c’est politique tout ça, c’est brutal, et les autochtones se retrouvent au milieu. A partir de ces faits historiques réels, qu’il reprend, Eric Plamondon raconte quelques destins que se mêlent : Océane, une jeune Mi’gmaq de quinze ans qui vit sur la réserve de Restigouche ; Yves Leclerc, un garde forestier ayant démissionné après la première descente de la Sûreté du Québec sur la réserve ; Caroline Seguette, jeune institutrice française en poste pour un an au Québec ; William, un autochtone vivant au fond des bois…

J’avoue que la fin du roman m’a laissée un peu perplexe – elle est vraiment bourrin -, mais qu’importe : Taqawan est une histoire habitée et vibrante. Franchement j’ai pris une claque.

« Au Québec, on a tous du sang indien. Si ce n’est pas dans les veines, c’est sur les mains. »

★★★★★★★★★☆

  7 comments for “Taqawan – Eric Plamondon

  1. 3 août 2020 à 16 h 49 min

    Excellent roman. Dans le même style, mais en plus poétique, il y a « Jeu blanc » de Richard Wagamese, canadien anglophone d’origine amérindienne.

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  2. 26 août 2020 à 7 h 12 min

    Quelque chose me fait hésiter avec ce roman mais j’y viendrai je pense… 😉

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    • 28 août 2020 à 12 h 39 min

      Comme toi, j’ai mis un certain temps à le lire et je ne regrette pas, bien au contraire ! N’hesite pas 🙂

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  3. 12 septembre 2020 à 20 h 59 min

    Tentant comme roman, d’autant que je lis rarement de littérature québécoise ! Il faut que je rattrape ça !

    Aimé par 1 personne

    • 20 septembre 2020 à 21 h 26 min

      Il est vraiment à découvrir effectivement 🙂 Moi aussi en ce moment je rattrape mes lacunes en littérature québécoise 🙂

      J'aime

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