Artemis Fowl, tome 1 – Eoin Colfer

Artemis Fowl, 2001. Traduit par Jean-François Ménard. Éditions Gallimard jeunesse, 2001 ; 350 p. ; réédition en poche chez Folio junior, 2004, 2019

Ma chronique (relire, 1) :

J’ai découvert Artemis Fowl quand les romans sont sortis en français (il y en a huit à ce jour, j’en ai lu quatre), au début des années 2000. Gros coup de coeur pour cette série jeune adulte un brin policière, deux brins fantastique, trois brins absolument géniale. (J’ai entamé une campagne de relecture de certains livres irlandais lus et aimés il y a vingt ans, et celui-ci a finalement été le premier de ma liste).

Je vous livre quelques mots sur ce premier tome, histoire de vous donner envie de vous plonger dans l’univers original créé par Eoin Colfer.

Artemis Fowl est le rejeton d’une des plus grandes familles de la pègre européenne. « Sinistre, maléfique, intelligent et déterminé », c’est un héros sombre, brillant, qui a toujours deux coups d’avance. Et pour tout dire, il n’a que douze ans lorsqu’il met au point un plan insensé, qui pourrait entrainer l’effondrement de deux civilisations et précipiter la planète dans une guerre inter-espèces. Comment ça, « inter-espèces » ? Et oui, en vrai, le Petit Peuple existe bel et bien. Mais devant la prolifération des Étres de Boue que nous sommes, il a été obligé de migrer sous terre, où il a développé une civilisation d’une technologie ultra-sophistiquée. Saviez-vous que « le mot « farfadet » vient en fait des FARfadet, un sigle qui désigne les Forces Armées de Régulation auxquelles sont rattachées les Fées Aériennes de Détection » ? Non, bien sûr que vous ne le saviez pas, car seul le Petit Peuple est au courant : « Mieux valait rester invisible et laisser les humains garder leurs idées toutes faites ».

Sauf que, quand Artemis conçoit un plan pour restaurer la fortune de sa famille, tout risque de partir en sucettes : il a en effet décidé de voler l’or des fées.

Ce qui avait commencé comme un thriller sympa s’élargit alors soudain en une fresque ambitieuse à l’inventivité débridée, bourrée d’humour, avec une foultitude de personnages attachants. Je vous prie de croire qu’on ne sort pas indemne de sa rencontre avec Mulch Diggums, le nain cleptomane ! (rien qu’à l’écrire et me rappeler certaines scènes je suis pliée de rire).

Ce roman est peuplé de quelques humains – Artemis et son garde du corps et assistant Butler en tête -, mais surtout de nombreuses autres créatures : l’excellente capitaine Holly Short (« en langage plus technique, c’était une elfe, le mot « fée » étant un terme général. Elle était aussi farfadet, mais uniquement à titre professionnel ») et le commandant Root, qui fume trop de cigares au champignon, Foaly le centaure génie informatique, qui maitrise l’art d’utiliser à la milliseconde les poussées de magma pour propulser n’importe quelle capsule des brigades de récupération en surface. Il y a aussi un troll ignoble, des nains (vive Mulch !), des gobelins pas beaux, quelques chênes vénérables (« Bénis soient les dieux d’avoir créé les glands »), un manoir irlandais situé en surface non loin de Dublin et une ville de fées loin dans les profondeurs : Haven-Ville (« C’était l’un des avantages d’habiter près du centre de la terre – l’eau était toujours chaude. Bien sûr, il n’y avait pas de lumière naturelle, mais c’était un prix modeste à payer en échange de la tranquillité. Sous terre. Le dernier espace dépourvu d’êtres humains. Il n’y avait rien de plus agréable que de rentrer chez soi après une longue journée de travail, d’éteindre son bouclier et de se plonger dans un bain de vase bouillonnante. Une véritable félicité. »)

Artemis Fowl est une sorte d’anti Harry Potter, le Petit Peuple bien plus corrosif que les Minimoys, et l’ensemble, trépidant, baigne autant dans la magie et la technologie que dans un humour à l’irlandaise absolument savoureux. Ce roman est à dévorer sans aucune modération par les jeunes et les moins jeunes, et n’hésitez pas à continuer la série ! La suite est excellente aussi.

« Si je gagne, je suis un génie. SI je perds, je suis fou. C’est comme ça que s’écrit l’histoire. »

NB1 : Un long métrage adapté du roman et signé Kenneth Branagh sortira sur nos écrans en 2020 ; je ne sais pas trop si je dois frissonner de joie anticipative ou d’inquiétude !

NB2 : Un autre très bon roman jeunesse d’Eoin Colfer, Le supernaturaliste, est chroniqué sur le blog. J’ai presque terminé de boucler le billet Douze auteurs jeunesse irlandais que je veux lui consacrer… A bientôt !

Et encore un NB : sur la photo, vous pouvez voir la belle édition originale de 2001 en grand format. Je l’ai plus récemment racheté en poche, quand mon fils a eu envie de le lire (il a adoré aussi, d’ailleurs). Je viens de découvrir qu’ils l’ont réédité en poche cette année, avec une nouvelle couverture.

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4 commentaires pour Artemis Fowl, tome 1 – Eoin Colfer

  1. Excellente découverte, ce livre va plaire à toute la famille, merci beaucoup Hélène… Bises 😙

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