Quelques Bds #5 : Little Tulip (Charyn & Boucq) – Jamais (Duhamel)

Little Tulip (Charyn & Boucq)

Scénario : Jérôme Charyn ; Dessins : François Boucq ; Le Lombard, 2014 ; 80 p.

Mon avis :

New-York, années 70. Une vague de meurtres secoue la ville. Un tueur sanguinaire, surnommé par les médias Bad Santa car il laisse derrière lui un masque de Père-Noël, s’en prend à des femmes seules. Pour tenter de le démasquer, la police fait une nouvelle fois appel à un tatoueur renommé, Paul, et à son talent unique pour établir des portraits robots exceptionnels.

Mais qui est Paul, cet homme solitaire et secret ? On va découvrir à mesure de flashbacks son enfance après guerre, quand ses parents ont émigré à Moscou, puis se sont faits interner dans un goulag en Sibérie en 1947, sous un prétexte bidon. Alors il s’appelait Pavel et déjà, il avait un talent pour le dessin, comme son père… Avec ses souvenirs, on va plonger comme on se noie dans l’enfer abominable du goulag.

Un scénario de Jérôme Charyn soigné et vraiment exceptionnel par sa fluidité. La fin est tirée par les cheveux, mais cela n’enlève rien à cette histoire sombre et inquiétante, où l’on prend en pleine face les abimes polymorphes et insondables de la cruauté humaine. Les dessins de François Boucq sont au diapason, très expressifs, avec une grande qualité de reconstitution historique.

Une bande dessinée marquante, aussi violente que touchante. A découvrir (pour public averti, par contre).

« Simplement, dessine ce que tu vois et ce que tu ressens. Affranchis-toi de ce que tu sais si tu veux éveiller ce sens caché qui permet de cerner l’invisible. Quand tu dessines, libère ton esprit des entraves du savoir. »

★★★★★★★★★☆

*

Jamais (Duhamel)

(J’ai lu cette Bd l’an dernier, elle fait partie de mes coups de coeur 2018, mais je n’avais publié mon avis que sur Babelio, pas encore sur le blog)

Scénario et dessins : Bruno Duhamel. Bamboo éditions, janvier 2018 ; 54 p.

Mon avis :

Troumesnil, Normandie, bords de Manche. Madeleine, quatre-vint quinze ans, aveugle de naissance, ne veut pas quitter sa maison, qui pourtant risque à tous moments de dégringoler en bas d’une falaise grignotée par l’érosion. Son mari est mort en mer il y a longtemps, mais elle vit avec son chat comme si son mari était toujours vivant. Un sacré caractère, Madeleine, elle est géniale !

Jamais est une histoire touchante, où on rigole bien. Des clins d’oeil à Astérix, aussi, sympas. Les dessins sont doux et lumineux, ils m’ont beaucoup plu. Un très beau portrait de femme pour le moins atypique, pour une Bd coup de coeur, que je recommande.

« Monsieur le maire ! Étant donné que la nature vous a épargné les inconvénients qui accompagnent le fait d’avoir un cerveau, je vais m’adresser directement à votre moelle épinière : je ne quitterai jamais cette maison ! »

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