Nouvelles découvertes irlandaises #25 : avril 2019

Ce mois-ci, on fait le plein de poches ! J’ai aussi découvert un recueil de nouvelles paru l’an dernier 🙂

En grand format

Juin 2018Les vieux soldats ne meurent jamais – Lord Dunsany, Mary Lavin, Sean O’Faolain (Les belles Lettres, le 8 juin 2018)

En poche

Février 2019 Le temps des tourments – John Connolly (Pocket, le 14 février 2019)
Mars 2019 • L’étang – Claire-Louise Bennett (éditions Points, le 28 mars 2019)
Mai 2019Du côté du bonheur – Anna McPartlin (Pocket, le 9 mai 2019)
Mai 2019Maintenant ou jamais – Joseph O’Connor (10-18, le 16 mai 2019)

*

Les vieux soldats ne meurent jamais – Lord Dunsany, Mary Lavin, Sean O’Faolain (introduction de George Moore ; traduit par Patrick Reumaux

Sommaire :
Lord Dunsany : Ce que me disait le doyen
Mary Lavin : Une bonne âme & autres histoires mauvaises (L’amour est pour les amants ; Miss Holland ; Le soldat mort ; Tombe verte, tombe noire ; Une bonne âme)
Sean O’Faolain : La petite dame

• De Lord Dunsany j’ai lu il y a quinze ans La fille du roi des Elfes et Les dieux de Pegana, son premier ouvrage, un recueil constitué d’une trentaine de monologues et de fragments historiques, ce livre rapporte la fabuleuse légende de la création du monde et des Dieux. Les Dieux de Pegana est le point de départ d’une cosmogonie originale qui sera déclinée dans les textes suivants de l’auteur, parmi lesquels Le Livre des Merveilles et Le dernier Livre des Merveilles. Je n’en garde hélas pas plus de souvenirs que d’avoir pris plaisir à leur lecture.

Sur l’auteur : Lord Dunsany (1878-1957), de son nom complet Edward John Moreton Drax Plunkett, Lord Dunsany appartient à une famille aristocratique protestante du Comté de Meath. Après des études à Eton et Sandhurst, devenu en 1899 le 18ème baron Plunkett, il mène une vie de soldat et d’aventurier, combat en Afrique du Sud pendant la guerre des Boers et en Europe pendant la première guerre mondiale. En 1916 il est blessé durant le soulèvement de Dublin. Il se lance alors à corps perdu dans l’écriture. Professeur, journaliste, conférencier, il participe également activement au développement de l’Abbey Theatre, avec son ami W. B. Yeats. Encouragé par George Russell, il aidera à son tour de jeunes écrivains comme Francis Ledwige et Mary Lavin. Il écrit beaucoup.
Le surnaturel est présent dans toute l’œuvre de lord Dunsany. Lovecraft fait de lui un des maîtres du fantastique. Ses romans appartiennent au domaine de la « fantasy » où influences chrétiennes et païennes, mythologies nordiques et orientales se combinent à la tradition celtique.

• De Mary Lavin, je n’ai pour le moment lu qu’une nouvelle, Une journée humide, qui fait partie du recueil Trésors de la Nouvelle de la Littérature irlandaise Tome 1 et Tome 2 (éd. Les Belles Lettres, 2002)

Sur l’auteure : Mary Lavin (1912-1996) est née dans le Massachusetts (USA) de parents irlandais qui sont revenus en Irlande en 1923. Elle a d’abord vécu à Athenry (Co. Galway), puis à Meath et Dublin, où elle a fait sa scolarité à l’UCD. C’est l’un des plus grands écrivains de nouvelles (elle commence à en publier à la fin des années 30), dans la tradition tchekhovienne. Elle fut membre d’Aosdana. Sa maison, « The Abbey Farm », à Bective dans le Co. Meath, est le cadre de beaucoup de ses histoires sur la vie rurale en Irlande. Elle a gagné de nombreux prix littéraires.
Considérée par certains comme le pendant irlandais de Katherine Mansfield, ses œuvres sont surtout consacrées aux états d’âme de ses personnages plutôt qu’à leurs actions. Mary Lavin excelle à décrire les maux du cœur, la solitude morale, le désespoir, la désillusion.

• De Sean O’Faolain, j’ai lu un recueil de nouvelles, L’Homme qui inventa le pêché (un très bon recueil, qu’Yvon a chroniqué par ici) et une nouvelle, Vivant Impie et à moitié mourant, du même recueil des Belles Lettres de 2002 que pour Mary Lavin.

Sur l’auteur : Sean O’Faolain (1900-1991) est un des principaux représentants de la génération littéraire irlandaise qui a immédiatement suivi celle de Joyce. Il est né John Whelan, à Cork. Après ses études, il rejoint les Irish Volunteers en 1918, devient membre de la Gaelic Ligue et, pendant la guerre civile, combat dans les rangs de l’IRA. Il a perdu ses illusions concernant la lutte républicaine et pense que le « British Rule » va en fait être remplacé par le « Roman Catholic Rule ». Diplomé de Harvard en 1939, il enseigne alors en Angleterre.
En 1932, Midsummer Night Madness, son premier recueil de nouvelles sur la période révolutionnaire est interdit par la censure. De 1934 à 1945, période d’intense activité littéraire, romans, biographies (Eamon De Valera, 1933, 1939 ; Constance Markievicz, 1934 ; Theobold Wolfe Tone, 1937 ; Daniel O’Connell, 1938 ; Hugh O’Neill, 1942), la plupart de ses plus belles nouvelles et une multitude d’articles sur la vie littéraire ainsi que des éditoriaux très incisifs sur la société, la politique et la religion irlandaises. Il fonde et dirige de 1940 à 1946 la revue littéraire The Bell. À partir des années cinquante, il s’éloigne de l’Irlande, voyage beaucoup et enseigne dans des universités américaines. Outre ses romans, ses recueils de nouvelles (The Collected Stories, 1980-82, 3 vols.) et ses essais (The Vanishing Hero, 1956), il a aussi publié deux récits de voyage (Summer in Italy, 1949 ; South to Sicily, 1953) et une autobiographie (Vive moi !, 1964).

« Les nouvelles contiennent le meilleur de son œuvre et, en réalité, c’est seulement dans ses nouvelles que l’on peut voir son évolution d’écrivain. Il commence par des nouvelles romantiques qui essaient de traiter objectivement de ses expériences révolutionnaires, puis il évolue vers des nouvelles où apparaît un point de vue particulier, pessimiste. Le thème central est la condition de la liberté individuelle dans une société post-révolutionnaire stagnante. Les nouvelles de son second recueil, constatent une aliénation si totale qu’on aboutit à une impasse au-delà de laquelle aucune évolution ne semble possible. Pourtant graduellement, O’Faolain se libérera de cette réponse peu rigoureuse. (…) Dans ses dernières nouvelles, son respect grandissant pour les expériences psychologiques profondes de ses personnages l’oblige à porter son attention sur des thèmes aussi universels que le temps et le changement, le caractère éphémère de la jeunesse et les compromis de l’âge mûr. Comme Flaubert, O’Faolain pense que le secret des chefs-d’œuvre se trouve dans la concordance entre le sujet choisi et le tempérament de l’auteur. Ses meilleures nouvelles sont l’œuvre d’une personnalité mûre, complexe et extraordinairement raffinée. Par leur manière et leur enchaînement, par la finesse et les nuances des sentiments qu’elles expriment et par leur grande compréhension de la nature humaine, ces nouvelles sont des œuvres de première importance. » (Maurice Harmon).

*

Le temps des tourments de John Connolly (traduit par Jacques Martinache)
Paru en grand format aux Presses de la Cité en 2018

« Jerome Burnel a été condamné, puis emprisonné, mais a toujours clamé son innocence. À sa libération, il demande à Charlie Parker de faire la lumière sur ce qu’il pense être un coup monté. Le récit de Burnel a des accents de vérité, et sa disparition soudaine achève de convaincre Parker d’enquêter. L’ancien flic n’a rien à perdre.
Le voici embarqué sur les traces d’une communauté de Virginie qui vit en marge de la société selon ses propres règles, imposées par le meurtre et la terreur, et sur laquelle plane la présence d’un mystérieux Roi Mort… »

–> Je ne l’ai pas lu car j’ai un problème avec John Connolly ; en tous cas avec les deux livres que j’ai déjà lus de lui – et que je n’ai pas aimés ! : Prière d’achever et Le livre des choses perdues (leurs chroniques sont par ici sur ce blog). Un jour je lui donnerai une dernière chance : j’ai son polar Le Chant des Dunes dans ma PAL…

L’étang de Claire-Louise Bennett (traduit par Thierry Decottignies)
Paru en grand format en 2018 aux éditions de l’olivier.
–> Ma chronique est par ici : « Je me suis bien prise au jeu de cette pensée particulière et étonnante, pertinente et souvent drôle (j’ai même franchement ri, à certains moments). Une traduction superbe, pour une balade légère dans le cerveau d’un Autre original, un peu timbré peut-être. Pour moi, une charmante découverte ! » (je m’auto-cite, haha)

Présentation de l’éditeur : « La narratrice de L’Étang est une jeune femme d’un genre particulier. Son nom ? Inconnu. Sa biographie ? Tout aussi floue. Elle a abandonné une thèse en cours de route puis elle est partie à la campagne pour changer de vie. En Irlande, apparemment. À côté de la maison qu’elle habite se trouve un étang, auprès duquel elle va souvent se promener.
Immergée dans la nature, cette solitaire retrace au jour le jour le récit de sa vie matérielle, faite de tâches domestiques et d’une attention remarquable à l’infra-ordinaire. La relation qu’elle entretient avec le monde extérieur devient de plus en plus intense…
Dans ce texte à l’originalité surprenante, Claire-Louise Bennett mêle avec talent les registres de langue, l’humour et le sérieux, et interroge la puissance du langage et sa capacité à habiter le monde. »

Du côté du bonheur d’Anna McPArtlin (traduit par Anne Le Bot)
Paru en grand format en 2018 au Cherche Midi éditeur.

« L’histoire de Maisie, une Irlandaise courageuse qui retrouve le bonheur en quittant son mari violent. Peu après, son fils Jeremy disparaît avec son ami sans laisser de trace. Maisie reconstitue le fil des événements, aidée par son compagnon, Fred, et par Lynn, sa fidèle amie. Sa vie est bouleversée par le secret qu’elle découvre. »

–> Je ne l’ai pas lu, par contre ses deux autres romans traduits en français sont chroniqués sur sur ce blog : Mon midi, mon minuit et surtout le sensationnel Les derniers jours de Rabbit Hayes.

Maintenant ou jamais de Joseph O’Connor (traduit par Carine Chichereau)
Paru en grand format en 2016 aux éditions Phébus.

« Au début des années 1980, à la fac de Luton, près de Londres, Robbie, un adolescent de 17 ans né à Dublin, fait la connaissance de Fran, jeune homme d’origine vietnamienne incroyablement libre et extravagant. De leur étonnante amitié naît « The Ships in the Night », un groupe de rock, que rejoignent les jumeaux Trez et Seán. De leurs débuts en Angleterre et aux États-Unis jusqu’à leur succès inattendu, et sans occulter leur séparation, Robbie tente de se souvenir de tout, bien des années plus tard. Alcoolique repenti, il ne joue plus de guitare et n’a pas revu Fran depuis la dissolution du groupe. En écrivant leur histoire commune, c’est un ami, un frère, qu’il cherche à retrouver. C’est alors que Trez et Seán organisent une soirée à Dublin pour les réunir tous… »

On ne présente plus le talentueux Joseph O’Connor (et j’avoue, vu la longueur de ce billet, je commence un peu à fatiguer). j’ai lu plusieurs de ses romans et recueils de nouvelles, mes préférés étant je crois bien L’étoile des mers, Inishowen et Muse. Son recueil Les âmes égarées est chronqiué sur ce blog.
–> Pour lire une chronique de ce roman-ci, je vous invite à aller lire celle du blog La viduité.

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4 commentaires pour Nouvelles découvertes irlandaises #25 : avril 2019

  1. Beaucoup d’auteurs/autrices de talent et tes avis toujours éclairant. Merci Hélène, bises bretonnes 🙂

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  2. Eve-Yeshé dit :

    encore des tentations à l’horizon! notamment Connely et Joseph O’Connor dont j’avais noté « Les âmes égarées » dans mon pense-bête 🙂

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  3. flyingelectra dit :

    une longue liste ! j’aime bien l’apparition de Connelly .. en fait, il fau que je lise O’Connor cette année ! là je croule sous ma PAL …

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  4. J’aimerais lire « Du côté du bonheur », j’ai été bouleversée par « Les Derniers Jours de Rabbit Hayes. merci Hélène 🙂

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