Bouquet d’avis #1 : Ici et maintenant – Pablo Casacuberta ; Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb ; Les mille visages de notre histoire – Jennifer Niven

Voici mes avis sur quelques romans, pour lesquels je n’ai pas publié de billet dédié (manque de temps, d’inspiration ?), mais dont j’ai malgré tout envie de garder une trace.

Ici et maintenant – Pablo Casacuberta

Aquí y ahora, 2002. Traduit de l’Espagnol (Uruguay) par François Gaudry. Éditions Métailié, 2016 ; 172 p.

Mon avis :

Ici et maintenant est un roman court, cent soixante-douze pages, dont la narration se déroule sur un temps très court également, moins de quarante huit heures. Le temps qu’il faut à Maximo pour passer de l’adolescence à l’âge adulte. Adolescent renfermé, il possède une attention incroyable aux détails. Maximo passe son temps plongé dans Ici et maintenant et Connaissance, des revues de vulgarisation scientifique. Son père ayant quitté la maison il y a longtemps (sans qu’il sache pourquoi), il vit avec sa mère et son jeune frère Ernesto, qu’il déteste. Pour s’émanciper du foyer familial, Maximo postule à un petit boulot de groom dans un hôtel « de classe internationale » – en tous cas c’est noté ainsi sur l’annonce.

Ici et maintenant est un récit d’apprentissage au ton très juste, subtil, qui allie humour et intelligence. J’ai été un peu déçue de ne pas vraiment découvrir l’Uruguay – le roman pourrait en fait se passer dans n’importe quel pays du sud -, mais c’est une très bonne découverte. Un autre des romans de cet auteur uruguayen est traduit en français, Scipion, je le lirais volontiers.

★★★★★★★★☆☆

L’auteur : Pablo Casacuberta est l’une des dernières incarnations de l’esprit de la Renaissance qui se lance à l’abordage de l’art en pratiquant le plus grand nombre de ses expressions, dans son cas la littérature, la peinture, la photographie, le cinéma et la vidéo. Il a été sélectionné en 2007 par le Hay Festival pour le groupe Bogotá 39, réunissant les écrivains latino-américains de moins de 40 ans les plus prometteurs. Il est l’auteur de cinq romans devenus cultes dans toute l’Amérique latine. (présentation de l’éditeur)

Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb

Éditions Albin Michel, août 2018 ; 162 p.

Mon avis :

Je n’avais pas relu Nothomb depuis 2002. Découverte avec Hygiène de l’assassin, j’ai tellement adoré cette histoire que j’avais lu ensuite tous ses romans. Puis en 2002, donc, je me suis lassée, comme beaucoup. Mais contrairement à d’autres, je n’y suis jamais revenue… Jusqu’à ce début d’année et Les prénoms épicènes.

Et ce n’est pas un hasard. J’ai vu passer un article du Télégramme, où Nothomb expliquait pourquoi ses personnages sont originaires de Brest : « Je trouvais que mes trois personnages, Dominique, Claude et Épicène sont des têtes dures. De telles personnalités ne pouvaient être que des Finistériens, courageux, solides et d’une obstination extraordinaire. Ils ne pouvaient pas être méditerranéens, parisiens ni belges parce que ces derniers sont trop frivoles pour vivre des passions aussi longues, pour être d’une telle constance. »

Ces mots m’ont tellement fait sourire que j’étais obligée de lire ce roman. Parce que je suis née à Brest, que j’y ai vécu mes vingt premières années, et même si ensuite j’ai vécu ailleurs et que j’y suis toujours – ailleurs -, une grande partie de ma famille vit par là-bas et je reviens dans la Cité du Ponant plusieurs fois par an ; Brestoise un jour, Brestoise toujours, quoi.

Voilà pour la petite histoire. Septième sur liste d’attente à la bibli, j’ai attendu Les prénoms épicènes trois mois, et puis voilà.

Verdict ? Une lecture pas désagréable, soyons honnête, mais sans plus. Une histoire de vengeance à long terme, d’amour, de haine, de relation père-fille compliquée. Une histoire pétrie de cruauté, mais narrée avec un détachement froid et peu d’affect, un style linéaire et précis, que j’ai reconnu (en cela, Amélie Nothomb est unique). J’ai trouvé le dénouement hélas trop vite expédié, Épicène pas assez travaillée (par contre j’ai adoré ce prénom, ainsi que la métaphore du coelacanthe).

Concernant Brest, et bien… effectivement on en vient et on y retourne, mais à en attendre plus, on resterait sur sa faim. Ni pont de Recouvrance, ni rue de Siam, pas de médiathèque des Capucins ni de port de commerce, nul grand-père ouvrier à l’Arsenal. Ah c’est sûr, Amélie Nothomb ne tombe pas dans les clichés, mais bon. Pas même un seul nom de quartier ! Tsss tsss, là, ce n’est vraiment plus crédible (les Brestois comprendront, haha).

Voilà donc pour ma rechute Nothomb. Plutôt contente d’y avoir été, mais pas sûre qu’on m’y reprenne de sitôt.

★★★★★☆☆☆☆☆

Les mille visages de notre Histoire – Jennifer Niven

Holding up the Universe, 2016. Traduit de l’anglais (USA) par Vanessa Rubio-Baneau. Gallimard jeunesse, février 2018 ; 464 p.

Quatrième de couverture : Tout le monde croit connaîte Libby Groby, pourtant, personne ne s’est jamais intéressé qu’à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s’est inscrite au lycée.
Tout le monde croit connaître Jack Masselin : étudiant rebelle, sexy… aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.
Une histoire d’amour rédemptrice.
Des ados justes et charismatiques et le courage de s’accepter tel que l’on est.

Mon avis :

Un roman jeune adulte sympa, un bon page-turner (pour vous dire, ses quatre-cent cinquante pages m’ont tenu une journée, haha). Jack et Libby sont très attachants. Je ne spoile pas vraiment en vous dévoilant le « lourd secret » de Jack, car on le découvre au tout début du roman : il souffre de prosopagnosie : il ne reconnaît pas les visages. Je ne connaissais pas cette maladie, elle est redoutable ! Une mère ne reconnaît pas ses propres enfants, par exemple. Imaginez, tous les matins, vous entrez dans une pièce pleine d’étrangers… alors qu’en fait c’est votre propre famille. Vous vous doutez que ce sont eux, car ils sont dans votre cuisine, mais pour vous, ça pourrait être n’importe qui. Jack a toujours réussi à cacher qu’il était prosopagnosique, en mettant en place des stratégies pour que cela ne se remarque pas. Il ne reconnaît pas les visages, mais se fie aux dégaines, aux voix, aux cheveux, aux couleurs de peau, etc. Un de ses meilleurs potes, par exemple, il le reconnaît immanquablement, car il arbore une crête décolorée sur la tête.

Lorsque Libby entre au lycée, cent cinquante kilos, tout le monde la connaissant comme l’ancienne « adolescente la plus grosse d’Amérique », Jack, lui, va réussir à se souvenir d’elle. Une belle relation va se nouer alors entre eux, amitié, entraide, confiance. Le roman aborde des sujets intéressants avec lumière et légèreté, de l’humour et un bon rythme.

De bons personnages, donc, pour une histoire mignonne, mais sans surprises, et avec une romance dont on aurait pu se passer.

★★★★★★★☆☆☆

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10 commentaires pour Bouquet d’avis #1 : Ici et maintenant – Pablo Casacuberta ; Les prénoms épicènes – Amélie Nothomb ; Les mille visages de notre histoire – Jennifer Niven

  1. Brest sans le pont de Recouvrance, la rue de rue de Siam, le port de commerce, je refuse de lire 😉 lol
    Mon avis sur Nothomb est le même que le tien, j’aime beaucoup Amélie mais moins ses derniers livres.
    Je suis Lorientaise, j’ai vécu quelques années à Brest et j’adore cette ville… Miossec bien sûr…
    Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
    Même la terre part à la renverse
    Tonnerre, tonnerre, tonnerre de Brest
    Est-ce que toi aussi ça te bouleverse ?
    Breizh bisous Hélène

    Aimé par 1 personne

  2. Tu es bretonne Hélène, je l’ignorais.. Brestoise et moi Lorientais, chouette ! Sinon Amélie Nothomb me tombe des mains depuis ses débuts.. je n’ai jamais adhéré à ses livres. Avis subjectif bien sûr mais je pense que sans « son personnage » qu’elle c’est créé et bien on en parlerait plus depuis bien longtemps. Pablo Casacuberta, je le note, merci Hélène, excellent weekend et bises de notre Bretagne 🙂

    Aimé par 1 personne

  3. Marie-Claude dit :

    Je passe, comme d’habitude, pour le Nothomb. J’en suis restée à ses trois premiers romans.

    Par ailleurs, tu m’as presque donné envie de lire « Les mille visages de notre Histoire ». D’abord pour le sujet (intriguant, cette prosopagnosie…) et le milieu. Mais la romance prévisible, je fuis.

    Pour « Ici et maintenant », c’est vraiment dommage que le roman pourrait en fait dans n’importe quel pays du sud. Reste que celui-là, je le note!

    Aimé par 1 personne

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