Les fureurs invisibles du cœur – John Boyne

The Hearts’s invisible furies, 2017. Traduit de l’anglais par Sophie Aslanides. Editions JC Lattès, août 2018.

Ma chronique (rentrée automne 2018, 12) :

Quoi de mieux pour terminer l’année en beauté, qu’un coup de cœur irlandais ? John Boyne est plus connu pour ses romans jeunesse, en particulier bien sûr le poignant Le garçon en pyjama rayé (chroniqué sur ce blog par ici).

Les fureurs invisibles du cœur, son dernier roman, est un bon gros pavé de presque 600 pages. On pourrait lui reprocher quelques longueurs, et sans doute aussi des coïncidences parfois un peu trop appuyées… mais non. Il ne faut rien changer à ce roman, il est juste extraordinaire. Puissant, drôle, touchant. Soixante ans de l’histoire de l’Irlande, racontés par Cyril Avery. Enfant illégitime d’une jeune fille de la campagne répudiée par l’église, le village, sa famille – le début du roman est comme un coup de poing en plein visage -, Cyril est adopté par un couple dublinois plutôt excentrique. Certains passages avec Maude et Charles Avery sont franchement désopilants. Parce que voilà, John Boyne a un humour décapant, et manie avec un talent consommé l’art du dialogue ciselé. Savoureux.

Le roman fait des bonds narratifs de sept ans en sept ans, c’est tout à fait maitrisé, intelligent et souvent brillant. L’histoire de l’Irlande, de la fin de la deuxième guerre mondiale à nos jours, vue à travers le regard et la vie d’un gay, qui peine à trouver sa place. Avec quelques passages à Amsterdam, à New-York, et tout un tas de personnages plus grinçants ou attachants les uns que les autres… La religion en prend pour son grade, l’Irlande aussi, « les existences tristement hypocrites ». John Boyne partage avec John Irving une verve captivante et cet art de nous balader dans une vie feuilletonesque, où les pires drames côtoient des moments lumineux.

Les fureurs invisibles du cœur est une ode à la vie, à l’amour, à la différence, à la place que chacun mérite de pouvoir se construire en ce bas monde. Je conseille absolument !

« Nous haïssons ce qui nous effraie en nous-même »

Joyeux réveillon à toutes et à tous ! A l’année prochaine !

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9 commentaires pour Les fureurs invisibles du cœur – John Boyne

  1. kathel dit :

    Il fait partie des quelques livres de la rentrée 2018 qui me tentent encore énormément ! 😉

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  2. Un livre dont je ne vois que de bons avis !

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  3. Eve-Yeshé dit :

    je le note malgré les 600 pages:-)

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  4. John Boyne.. je ne l’ai encore jamais lu même si j’ai entendu parler du « Le garçon en pyjama rayé ». Je le note sur ma PAL. Toujours un plaisir de te lire Hélène. Meilleurs vœux pour cette année 2019, quelle soit pleine de nouveaux partages littéraires dont tu as le secret 😉 Bises bretonnes 🙂

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  5. Ping : Mes lectures préférées de 2018 | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

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