Rentrée littéraire d’hiver 2019 : et la littérature irlandaise ?

Dernière mise à jour le 18 janvier 2019

Bonsoir à toutes et à tous ! 2019 n’est pas encore là, mais d’ores et déjà une chose est sûre, nous allons être vraiment gâtés, côté parutions irlandaises !

Cette année, j’ai ajouté la rentrée des poches en fin de billet.

Grand format

Janvier 2019

Grace – Paul Lynch (Albin Michel, le 2 janvier)
Maison des rumeurs – Colm Toibin (Robert Laffont, le 3 janvier)
D’os et de lumière – Mike McCormack (Grasset, le 9 janvier)
Edith & Oliver – Michèle Forbes (La Table ronde, le 10 janvier)

Février 2019

Musique nocturne – John Connolly (Presses de la Cité, le 7 février, un recueil de nouvelles)
Le miracle du Thé – Seumas O’Kelly (Le nouvel Attila, le 8 février) –> parution initialement prévue en février puis en avril 2017, j’en avais parlé à l’époque – ça y est on va pouvoir le lire !

Sinon, nous attendons avec impatience la traduction de Orchid & The Wasp de Caoilinn Hughes, prévue l’an dernier chez Christian Bourgois.

Poche

Janvier 2019

Killarney Blues – Colin O’Sullivan (Rivages noir poche, le 9 janvier)
Phalène fantôme – Michèle Forbes (la petite Vermillon, Éditions La Table Ronde, le 10 janvier)
Quatre lettres d’amour – Niall Williams (éditions Points, le 17 janvier)

*

Grace de Paul Lynch

« Irlande, 1845. Par un froid matin d’octobre, alors que la Grande Famine ravage le pays, la jeune Grace est envoyée sur les routes par sa mère pour tenter de trouver du travail et survivre. En quittant son village de Blackmountain camouflée dans des vêtements d’homme, et accompagnée de son petit frère qui la rejoint en secret, l’adolescente entreprend un véritable périple, du Donegal à Limerick, au cœur d’un paysage apocalyptique. Celui d’une terre où chaque être humain est prêt à tuer pour une miette de pain.

Après Un ciel rouge, le matin et La Neige noire, le nouveau roman de Paul Lynch, porté par un magnifique personnage féminin, possède une incroyable beauté lyrique. Son écriture incandescente donne à ce voyage hallucinatoire la dimension d’une odyssée vers la lumière. »

Ma chronique de Un ciel rouge le matin, son premier roman, est par ici

A noter : Le 18 janvier 2019, Paul Lynch sera à la Librairie Millepages à Vincennes, à 19h !

Maison des rumeurs de Colm Toibin (traduit par Anna Gibson)

« Après le sacrifice de sa fille, une mère fomente la mise à mort de l’assassin. Enragée, elle crie sa joie de venger son enfant. Puis son fils est enlevé et passe des années en exil où, dans un douloureux monologue intérieur, il revit le meurtre de sa soeur. Au foyer, il ne reste qu’une fille, obsédée jusqu’à la folie par la place démesurée qu’occupent les disparus dans le coeur de leur mère.
Clytemnestre, Oreste, Électre. Ils mêlent leurs voix en un choeur tragique pour raconter ce drame : l’assassinat d’Iphigénie par son père en échange d’une victoire à la guerre.
Dans des paysages sauvages qui rappellent les contrées isolées d’Irlande, Colm Tóibín donne aux héros et aux héroïnes du mythe grec une humanité bouleversante, inattendue, qui nous hante longtemps. »

Je suis une grande admiratrice de l’ouvre de Colm Toibin. J’ai lu quasiment tous ses écrits traduits en français. Quatre de ses romans sont chroniqués sur ce blog : Le maître, La bruyère incendiée, Le testament de Marie et Nora Webster.

D’os et de lumière de Mike McCormack (traduit par Nicolas Richard)

« Marcus Conway est assis devant la table de sa cuisine, un sandwich et un verre de lait posés sur la nappe blanche. Il lit son journal et écoute la radio dans la maison vide, sa femme et ses deux enfants sont absents. Il est midi et les cloches sonnent l’Angelus, nous sommes le 2 novembre dans le village de Louisburgh, en Irlande. Pendant une heure, jusqu’au prochain bulletin d’information, Marcus se remémore sa vie depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte, sa vie de fils, de mari, de père, d’ingénieur du génie civil. Il désosse son passé comme il observe les ponts, d’un regard aussi rationnel qu’émerveillé. Il se souvient également des épreuves qu’il a traversées comme son combat contre la petite corruption locale qui menace sans cesse de mettre en péril la qualité de son travail, et donc la sécurité de ses concitoyens.
Marcus se rappelle ses premières années d’homme marié aux côtés de Mairead, la naissance de leur fille puis celle de leur benjamin – l’aînée deviendra artiste-plasticienne alors que le second partira vivre à l’autre bout du monde, en Australie. Puis ce jour où, comme une large partie de la population du comté, Mairead est prise de violentes douleurs causées par un virus présent dans l’eau du robinet, un véritable désastre sanitaire. Il se souvient ensuite du trajet en voiture pour rapporter des médicaments à sa femme alitée. Il se souvient de sa vie qui s’est alors mise à vaciller…
Mike McCormack raconte avec tendresse et émotion l’histoire d’un homme. En suspension durant cette heure hors du temps, les souvenirs de Marcus Conway s’agrègent avec grâce pour mettre en regard l’intime et la société, le monde rural et l’économie globalisée, la tradition et les grandes questions contemporaines – la démocratie ou encore l’écologie. Il y a une lumière singulière dans ce texte, une langue qui bat au rythme d’un cœur en peine et qui nous immerge dans les profondeurs de l’âme celtique. Écrit d’un seul souffle, D’os et de lumière est un livre qui fera certainement date dans l’histoire de la littérature anglo-saxonne. »

Voici un roman dont j’attendais la traduction avec impatience ! Beaucoup aimé l’auteur au festival New Writings, new Style au Centre culturel irlandais en mars 2017 –> voir mon billet

L’auteur : Nouvelliste et romancier, Mike McCormack a grandi dans une ferme de Louisburgh, dans le comté de Mayo en Irlande. Son troisième roman, D’os et de lumière, a été acclamé par la critique et traduit dans le monde entier. Désigné « Roman de l’année » lors des Irish Book Awards, il a été couronné en 2018 par le très prestigieux International Dublin Literary Award – qui a récompensé par le passé Orhan Pamuk, Javier Marías, Colm Tóibín ou encore Herta Müller. Mike McCormack vit aujourd’hui à Galway.

Edith et Oliver de Michèle Forbes (traduit par Anouk Neuhoff)

« Belfast, 1906. Edith tombe follement amoureuse d’Oliver, un illusionniste ambitieux qu’elle croise un soir de fête trop arrosée et retrouve le lendemain sur scène, où elle doit l’accompagner au piano. Mais c’est sur la jetée de Dun Laoghaire, bien des années plus tard, que s ‘ouvre le roman. Edith y attend, avec sa fille, le bateau qui les emmènera en Angleterre et contemple à regret le pays où elle laisse son mari après avoir tout tenté pour le sauver de ses démons et le soutenir à une époque où le music-hall pâtit de l’arrivée du cinéma.

Edith & Oliver est une déchirante histoire d’amour qui entraîne le lecteur dans les coulisses du théâtre, porteur de rêve et de magie, dont Michèle Forbes, actrice et scénariste, connaît aussi toute la cruauté. »

J’ai beaucoup aimé son premier roman, Phalène fantôme, paru en 2016. Il sort en poche le 10 janvier (voir plus bas dans le billet pour plus d’infos)

L’auteure : Née à Belfast, Michèle Forbes est une actrice de théâtre, de cinéma et de télévision. Parallèlement à sa carrière artistique, elle a étudié la littérature à Trinity College, puis travaillé comme critique littéraire au Irish Times. Ses nouvelles ont été couronnées par plusieurs prix nationaux. Elle vit près de Dublin avec son mari et ses deux enfants.

Musique nocturne de John Connolly (traduit par Jacques Martinache)

Un recueil de nouvelles.

« La vengeance d’une victime de viol, des émissaires du Vatican aux intentions troubles, un petit garçon qui sourit aux morts, une reine aux larmes magiques, un livre hanté, une bibliothèque diabolique, des fœtus dans des bocaux, une créature aux milliers d’yeux, des fantômes, des démons, des assassins… Avec ce recueil de nouvelles (dont deux novellas) envoûtantes et effrayantes, John Connolly délaisse le détective Charlie Parker et se plonge dans le registre du surnaturel pour le plus grand plaisir des lecteurs ! »

*

Le Miracle du Thé de Seumas O’Kelly (traduit par Marc Volin)

« Kilbeg, petit village d’Irlande, début du XXe siècle. Lorsque Nan Hogan, vieille femme acariâtre, tombe malade, le village décide, contre son gré, de l’envoyer à l’hospice. Là, ellerencontre Maura Casey, une femme de ménage, à qui elle confie ses malheurs et qui, pour avoir un endroit à elle, part s’installer dans la maison de Nan, dont elle prétend être la gardienne. Devant son assurance, les habitants laissent faire, mais quand Nan veut rentrer chez elle, les deux femmes s’affrontent autour de la maison… ainsi qu’une voisine, Sara Finnessy, ennemie jurée de Nan.
Portraits de femmes et subtile évocation de la vie de village, ce récit de Seumas O’Kelly décrit avec finesse la vie d’une maison très humble qui cristallise les conflits et les intérêts… mais qui sera aussi la source de résolution de la dispute. »

L’auteur : Considéré comme le plus grand nouvelliste irlandais, couvert d’éloges de son vivant, Seumas O’Kelly (né en 1881) est mort assassiné, en 1918, dans le journal indépendantiste qu’il dirigeait. Fils de commerçants, originaire de Loughran, dans le comté de Galway, membre du Sinn Fein, il a écrit de nombreux recueils de nouvelles (Waysiders, The Golden Barque, The Leprechaunof Kilmeen) et trois romans : Wet Clay, The Lady of Deerpark, et La tombe du tisserand (Attila, 2010) – qui est dans ma pile à lire !

*

En poche

Killarney Blues de Colin O’Sullivan (traduit par Ludivine Bouton-Kelly)

Paru en grand format en 2017 chez Rivages noir.

Je suis tombée sous le charme de ce beau roman sombre et mélancolique, porté par le souffle du blues –> lire ma chronique

« La pittoresque ville de Killarney, dans le sud-ouest de l’Irlande, pourrait sembler l’endroit idéal pour profiter d’un soleil trop rare, mais la ville a le blues. Bernard Dunphy, cocher excentrique et guitariste, se languit d’un amour non réciproque et doit composer avec une mère et un cheval tous deux malades ; son ami Jack se mêle d’un crime violent ; et un trio de copines se prennent dans la toile de leurs propres méfaits. Le roman oscille entre l’obscurité et la lumière tandis que ses protagonistes luttent avec leurs démons intérieurs. L’amitié, l’amour et la musique peuvent-ils sauver leurs âmes tourmentées ? »

L’auteur : Après avoir fait ses premiers pas d’artiste sur les planches en jouant Mr Orange (Reservoir Dogs) dans la troupe de théâtre amateur du jeune Michael Fassbender, Colin O’Sullivan s’est tourné vers l’écriture. Il vit aujourd’hui au nord du Japon où il enseigne l’anglais. Il a publié de nombreuses nouvelles et des recueils de poésie. Killarney Blues est son premier roman noir.

Phalène fantôme de Michèle Forbes (traduit par Anouk Neuhoff)

Paru en grand format en 2016. Dans ce roman, il est terriblement question d’amour, d’amour et de mort, mais c’est également une réflexion intelligente sur la vie et l’attachement, ainsi qu’un témoignage d’époque poignant sur l’émergence des Troubles en Irlande du Nord. Une superbe découverte –> lire ma chronique et mon billet sur la rencontre avec l’auteure à la librairie Nouvelle, à Asnières, en mars 2016)

« Belfast, 1969 : tension dans les rues, trouble dans les âmes. De loin, Katherine a tout d’une femme comblée. Trois petites filles, un bébé adorable, un mari valeureux, George, ingénieur et pompier volontaire. Seulement, Katherine a un passé… En 1949, chanteuse lyrique amateur, passionnée par son rôle de Carmen, elle fait la connaissance de Tom, jeune tailleur chargé de lui confectionner son costume de scène. Le coup de foudre est immédiat, mais elle est déjà fiancée à George et la double vie a un prix. Vingt ans après le drame qui a décidé de son destin, Katherine ne parvient plus à garder ses émotions sous cloche. Au moment où sa ville se déchire, elle doit affronter les zones d’ombre de son passé.
Exploration de la mémoire, de l’enfance, de l’amour illicite et de la perte, Phalène fantôme dépeint des morceaux de vie ordinaire qui ouvrent sur de riches paysages intérieurs. »

Quatre lettres d’amour de Niall Williams (traduit par Josée Kamoun)

Réédité en grand format aux éditions Héloïse d’Ormesson en 2018.
Un gros c
oup de coeur ! → lire ma chronique

Le titre peut tromper, car ce n’est pas une romance comme on l’entend à l‘heure actuelle, mais plutôt l’épopée épique d’un amour destiné ; on pense à quelque Tristan et Iseult moderne. Entre la banlieue de Dublin et les îles d’Aran, deux destins, une narration puissante et l’âme irlandaise joliment saupoudrée de réalisme magique. Étincelant.

Bonnes lectures ! 😀

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15 commentaires pour Rentrée littéraire d’hiver 2019 : et la littérature irlandaise ?

  1. jostein59 dit :

    Il paraît qu’il ne faut pas passer à côté du McCormack.
    Il me semble avoir raté le Colm Toibin dans ma liste, grave oubli

    Aimé par 1 personne

  2. Marilyne dit :

    Je note le Paul Lynch, merci pour l’info. J’ai beaucoup aimé ses deux précédents romans.

    Aimé par 1 personne

  3. Grace de Paul Lynch me semble indispensable pour 2019 car l’histoire et la couverture sont attirantes. Merci pour la qualité de cette note qui donne envie d’être déjà en 2019 😉 Bises bretonnes 🙂

    Aimé par 2 personnes

  4. Marie-Claude dit :

    Je note aussi le Paul Lynch, pour le sujet (et pour la couverture!). Le Mike McCormack pique aussi ma curiosité. Je dois m’armer de patience… Ils n’arriveront ici qu’en février.

    Aimé par 1 personne

    • LadyDoubleH dit :

      Heureuse que ces deux roman t’intéressent ! J’ai lu le premier roman de Paul Lynch (celui-ci est son troisième) et j’avais été très impressionnée par son style et la puissance sombre de sa narration. J’ai très hâte de découvrir ce roman-ci. Et le Mike McCormack m’intrigue aussi. Il a été récompensé par le prestigieux Prix Impac de Dublin (dans les 100 000 euros de prix, quelque chose comme ça) et pour avoir lu deux ou trois autres romans ayant décroché ce prix, on trouve de tout !

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  5. Ta sélection me plait alors je note 😉 merci Hélène

    Aimé par 1 personne

  6. lewerentz dit :

    De belles tentations, en effet. Après, c’est toujours la même histoire, il faudra voir si les styles d’écritures me conviennent.

    Aimé par 1 personne

  7. Ping : Nouvelles découvertes irlandaises #22 : janvier 2019 | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

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