Rentrée littéraire d’automne 2018, quoi de neuf en littérature irlandaise ?

Mise à jour le 5.08.18 : ajout de Jo Spain

Voici venu le temps de nous retrouver, comme tous les ans, pour parler de la rentrée littéraire d’automne, qui promet à nouveau d’être riche en littérature irlandaise !

Août 2018

Les fureurs invisibles du coeur – John Boyne (JC Lattès, 22 août)
Smile – Roddy Doyle (Joelle Losfeld, 23 août)

Septembre 2018

Miracles de sang – Lisa McInerney (Joelle Losfeld, 6 sept)
Rien d’autre sur terre – Conor O’Callaghan (Sabine Wespieser, 13 sept)
La Confession – Jo Spain (City éditions, 26 sept ; ou 2 oct, à vérifier)

Octobre 2018

Une rue étrange – Desmond Hogan (Grasset, 10 octobre)

*

Les fureurs invisibles du coeur de John Boyne (traduit par Sophie Aslanides)

Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?
Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.
Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.
Dans cette œuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du cœur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.

L’auteur : Né à Dublin en 1971, John Boyne a étudié la littérature anglaise au Trinity College de Dublin, avant de se consacrer à l’écriture. Il a publié de nombreux romans, y compris pour la jeunesse. Il a également publié des nouvelles, ainsi qu’un recueil (non encore traduit), en 2015. Il a reçu de très nombreuses récompenses littéraires, et ses romans sont traduits dans plus de cinquante langues.

De lui j’ai lu son formidable roman jeunesse Le Garçon en pyjama rayé (–> voir ma chronique). Le billet que je lui ai consacré plus spécialement sur ses oeuvres pour la jeunesse est par là.

Smile de Roddy Doyle (traduit par Christophe Mercier)

« Victor Forde vient de se séparer de sa compagne, Rachel Carey, le grand amour de sa vie. Il retourne vivre dans le quartier dublinois de son enfance, près de la mer, où il s’installe dans un immeuble moderne abritant essentiellement des émigrés d’Europe de l’Est. Il se force à se rendre tous les soirs dans le même pub, comme « on irait à la salle de sport ou à la messe ». Il y rencontre un certain Ed Fitzpatrick, qui lui assure être un ancien camarade de classe. Il ne se souvient pas de lui mais a une sensation désagréable en sa présence, sans réussir à s’expliquer pourquoi. Ils se croisent régulièrement au pub : Ed recherche une complicité, il revient sans cesse sur leur passé d’écoliers chez les frères chrétiens.
Victor se bat avec sa mémoire et refuse de toute évidence des pans entiers de son passé. Ed Fitzpatrick, suspect, voire sinistre, agit sur lui comme un révélateur et l’oblige à affronter la réalité. »

L’auteur : Roddy Doyle est un écrivain majeur de la scène littéraire irlandaise contemporaine. Il est né à Dublin en 1958 et a passé son enfance à Kilbarnack, un quartier populaire situé au nord de Dublin – qui lui servira d’inspiration pour ses futurs romans. Après des études à l’University College de Dublin, il devient professeur d’anglais et de géographie ; avant de se consacrer entièrement à l’écriture, à partir de 1993.
« Le style de Roddy Doyle est familier, percutant, composé de dialogues à l’humour acerbe, s’inscrivant dans des scènes de vie quotidiennes, découpés comme un scénario. Il rompt avec le style en vogue dans la littérature anglo-saxonne et opte pour une approche humoristique et sensible de la vie, tout en traitant de sujets graves. »

J’ai presque lu toute son œuvre traduite en français. Toujours un immense plaisir de lecture ! Pour lire le billet qu je lui ai consacré, c’est par-là.

• Miracles de Sang de Lisa McInerney (traduit par Catherine Richard-Mas)

C’est la suite de l’excellent Hérésies glorieuses, paru chez Joelle Losfeld également à l’automne dernier.

L’auteure : Lisa McInerney, née en 1981 à Galway, est la jeune auteur talentueuse du blog «Arse End of Ireland», vainqueur des prix du meilleur blog et du meilleur humour décernés par «The Irish Blog Awards», où elle dépeint la vie de la classe ouvrière irlandaise avec cynisme et ironie. Elle est également l’auteur de cinq nouvelles et son premier roman, The Glorious Heresies, a été publié en avril 2015 par la maison d’édition britannique John Murray. Récompensé par le Baileys Women’s Prize et le Desmond Elliott Prize en 2016 et déclaré «livre de l’année» en 2015 par The Irish Times, le Sunday Independent et le Sunday Business Post, The Glorious Heresies est écrit dans cette même plume acérée et méchamment drôle qui a fait connaître son auteur. (via le site de l’éditeur)

J’ai eu la chance de pouvoir l’entendre au festival New writings, new styles au Centre Culturel Irlandais, en mars 2017. Nous étions tombées sous le charme de son humour et de son énergie (mon billet sur le festival est ici)

Rien d’autre sur terre de Conor O’Callaghan (traduit par Mona de Pracontal)

« Quand il ouvre à la gamine terrifiée par la disparition de son père, le prêtre et narrateur de ce troublant premier roman en sait déjà long sur elle. Le village entier se perd en conjectures sur cette famille pas comme les autres, revenue depuis peu en Irlande et installée dans le pavillon-témoin du lotissement en construction.
Mais personne ne les connaît vraiment. Les bribes de confidences livrées par la petite fille, dans son anglais aux intonations bizarres, n’en révéleront pas beaucoup plus sur l’atmosphère inquiétante de la maison : les portes y claquent sans raison, l’électricité est subitement coupée, des objets se volatilisent, avant les habitants eux-mêmes… Tout cela sous une chaleur caniculaire, où le temps s’étire en d’insolites séances de bronzage, où des mots apparaissent, écrits sur la poussière des fenêtres, et où l’irrespirable air nocturne est empli de bruits étranges.
Des années plus tard, le prêtre, tout à sa tentative de comprendre ce qui s’est joué en cet interminable été, se heurte à nouveau au mystère de cette irruption soudaine dans sa vie : « À quoi ressemblait-elle ? disais-je. Elle ne ressemblait à rien d’autre sur terre. »
Toute la force du poète Conor O’Callaghan tient dans sa subtilité à suggérer, sans les expliquer, les ressorts du drame familial qu’il met en scène, de même que ses conséquences, notamment sur celui qui a recueilli la jeune fugitive. »

L’auteur : Conor O’Callaghan, né en 1968 à Newry, en Irlande du Nord, a grandi à Dundalk, une petite ville proche de la frontière. il partage aujourd’hui son temps entre Dublin et l’université de Sheffield, où il enseigne. Poète reconnu, il a publié en Irlande et aux États-Unis cinq recueils depuis 1993, et dirigé un important festival de poésie en Irlande. Nothing on Earth (Rien d’autre sur terre) est son premier roman, paru en anglais en 2016. (via le site de l’éditeur)

La confession de Jo Spain
— Visuel et quatrième de couverture à venir —

Pour tout info – pour le moment-, je n’ai que sa page facebook et le fait qu’elle sera une des (nombreuses !!!) invitées du festival de roman policier irlandais Noire Émeraude organisé du 19 au 22 septembre prochain au Centre Culturel irlandais à Paris.

Une rue étrange de Desmond Hogan (traduit par Pierre Demarty)
— Pas encore de visuel de couverture —

« Dans les années 1970, le Sergent britannique Jeremy Hitchens est envoyé à Belfast. Né d’un père anglais et d’une mère irlandaise, il a grandi entre Leeds et Athlone, toujours partagé entre cette double identité. Jeremy est hanté par la figure d’Alan Mulvanney, un romancier délicat et instable que sa mère, Eileen, avait aimé trente ans plus tôt. Un amour de jeunesse qui obsède le jeune soldat durant son enfance, puis son adolescence lorsqu’il découvre l’amitié et la passion aux côtés d’Eugene et Cherine. D’Alan, il admire la pureté et la fragilité, le désir et même l’impuissance. Il est pour Jeremy comme un père fantomatique qui incarnerait les déchirures de l’Irlande autant que la nostalgie d’une nation enfermée dans ses mythes.
Troisième roman de Desmond Hogan, paru en 1984, Une rue étrange continue l’exploration des thématiques chères à l’écrivain irlandais. L’amitié, le souvenir, l’identité, mais aussi les fractures d’un peuple qui jamais ne suture ses plaies. Un roman plein de folie et de mélancolie. »

L’auteur : Desmond Hogan est semble-t-il très mystérieux : « On dit qu’il n’a pas d’adresse, pas de téléphone, pas d’ordinateur, on dit qu’il ne communique que par cartes postales. » On sait tout de même qu’il est né en 1950 à Ballinasloe, dans le Comté de Galway (ouest de l’Irlande). L’œuvre de Desmond Hogan compte cinq romans, un récit de voyages, une poignée de nouvelles ; « une œuvre qui sera bientôt publiée en français dans son intégralité. » nous disait l’éditeur lors de la parution en 2015 du Garçon aux icônes. Et effectivement, Les Feuilles d’Ombre a paru en 2016 (il est d’ailleurs dans ma PAL) et maintenant celui-ci ! J’ai lu et énormément accroché à ce premier roman traduit, Le Garçon aux icônes (voir ma chronique par-là)

*

Mais aussi… 

La rentrée littéraire irlandaise, ce sera également de beaux échanges humains, en particulier au festival littéraire Livres dans la boucle à Besançon, qui mettra l’Irlande à l’honneur en septembre prochain (du 14 au 16), et qui recevra John Boyne, Eimear McBride, Ian McDonald, Sara Baume et Claire-Louise Bennett, pour leurs romans parus cette année ! Quelle affiche !!!

(pour lire mes chroniques des romans de Sara Baume et Claire-Louise Bennett, cliquez sur leurs noms)

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8 commentaires pour Rentrée littéraire d’automne 2018, quoi de neuf en littérature irlandaise ?

  1. Marilyne dit :

    J’attends désespérément un nouveau livre de Claire Keegan. En attendant, je note Conor O’Callaghan 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. kathel dit :

    J’attends de lire quelques avis, mais c’est sûr que certains sont d’ores et déjà attirants (Roddy Doyle, Connor O’Callghan…)

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  3. Que de belles sorties au programme ! Bises bretonnes 🙂

    Aimé par 1 personne

    • LadyDoubleH dit :

      Oui c’est vrai, on nous gâte ! Je vais lire en premier le John Boyne, dont beaucoup de bien commencé à filtrer sur la toile. Comme c’est un pavé (650 pages), je verrai ce que j’aurai envie de lire ensuite ! Le Roddy Doyle er le Lisa McInerney me tentent, bien sûr, le thriller de Jo Spain et le Conor O’Callaghan aussi ! J’ai encore le deuxième roman de Desmond Hogan dans ma PAL, donc celui-ci attendra… ouf 😂

      Aimé par 1 personne

      • excellent ! quel programme ! 😉 c’est génial et enthousiasmant les rentrées littéraires. Je te fais confiance pour nous dénicher des pépites. Bises d’une Bretagne qui retrouve son calme après le festival interceltique et surtout des températures moins caniculaires… ouf 😉 excellente soirée à toi ! 🙂

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  4. Ping : Au programme de septembre 2018 | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

  5. lorenztradfin dit :

    Je viens de lire son » nouveau » livre « Smile » – qui est loin de histoires tragi-comique…. plus proches de la Femme qui se cogne contre les portes…. et avec une structure vertigineuse…

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