Imparfaite (Destiny, tome 1) – Cecelia Ahern

Flawed, 2016. Traduit de l’anglais (Irlande) par Christophe Rosson. Hachette Livre, 2017.

Ma chronique :

Cecelia Ahern est une auteure irlandaise connue pour ses romances (PS I love you, entre autre). Elle s’est lancée dans le roman young adult l’an dernier avec cet opus, premier tome d’une dystopie très sympa (en deux volumes, apparemment ; le deuxième est sorti cette année en VO). Pour la petite histoire, Cecelia est la fille de Bertie Ahern, qui fut Taoiseach (premier ministre) de la république d’Irlande pendant dix ans. Quand j’ai découvert que Destiny est un roman ancré dans la politique et en prise avec l’avenir d’un pays, sa dédicace, « A toi, papa », prend une tournure émouvante.

Dans Destiny, Cecelia Ahern imagine une société où être Imparfait est la pire des tares. Mentir, commettre un vol, prendre une mauvaise décision, être déloyal, s’écarter du droit chemin, amène un individu, quel qu’il soit, devant un tribunal d’inquisition, de moralité. S’il est déclaré coupable, il se fera marquer. Au départ, ça partait d’une bonne intention : « La crise économique qui a frappé notre pays avait été imputée à de mauvaises décisions de nos dirigeants. A la base, la Guilde avait pour mission d’écarter du pouvoir les personnes Imparfaites. Désormais, elle les élimine avant même qu’elles accèdent aux postes à responsabilités, afin d’empêcher toute catastrophe. » (gros clin d’œil à l’après Tigre Celtique irlandais). Mais quand débute le roman, les choses ont pris une ampleur complètement disproportionnée et véritablement glaçante. « Quoi qu’ils fassent, les Imparfaits le restent à vie. Ils subissent les conséquences de leur unique erreur jusqu’à leur dernier jour ». Ils sont totalement stigmatisés, soumis à un couvre-feu, à une vie sans aucun luxe, interdits de se rassembler à plus de deux, et j’en passe.

Célestine, elle, trouve tout cela normal. La Guilde ne fait que les protéger, elle et tous les citoyens. Célestine est jeune, brillante, promise à un avenir radieux, son petit ami est génial, en bref sa vie est parfaite. Elle est Parfaite.
… Jusqu’à ce qu’un incident remette tout son monde en question.

Je ne vous en dit pas plus. Ce roman est un très chouette page turner. Même si parfois les rebondissements sont peut-être un peu prévisibles, l’héroïne est très attachante, il y a de l’action, le monde est bien pensé, on a envie de connaitre la suite. A l’heure de la quête médiatique quasi universelle de perfection, c’est vraiment une lecture que l’on peut conseiller aux jeunes – et aux moins jeunes, d’ailleurs. Poussé à l’extrême, où pourrait mener une recherche exacerbée de perfection ?

Nota bene : Pour ceux qui craindraient de tomber dans une romance pour ados, pas de soucis, par moments c’est même carrément aux antipodes du bisounoursisme.

Aux amateurs de dystopie intelligente, à celles et ceux qui réfléchissent au monde dans lequel nous sommes embarqués tant bien que mal, je conseille. Et vivement la suite.

 « Si on ne se trompe jamais, on n’apprend jamais rien. »

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