Douze auteurs jeunesse irlandais #4 : Colin Bateman

L’an dernier, je vous ai proposé des billets sur des auteurs irlandais lus il y a longtemps : mes Mémoires de Porcelaine. Cette année, c’est à un petit tour d’horizon de la littérature jeunesse irlandaise traduite en français que je vous convie, pour vous présenter douze auteurs, qui écrivent ou non exclusivement pour la jeunesse. Une roue à douze rayons, un trèfle à douze feuilles, douze romans – et même plus – que j’ai déjà lus (sauf pour trois d’entre eux, qui sont encore dans ma Pile à Lire et dont j’ai prévu la lecture dans les mois à venir).


Mon quatrième billet de cette série portera sur le nord-irlandais Colin Bateman :

Né à Bangor dans le Co. Down (Ulster) en 1962, Colin Bateman a commencé sa carrière comme journaliste au County Down Spectator, où il tenait une chronique satirique sur la société nord irlandaise. Il a écrit de nombreux romans jeunesse (séries Titanic 2020, Eddie & the Gang with no Name, SOS Adventure). Il est reconnu pour ses romans policiers à l’humour noir et décapant, notamment la série consacrée à Dan Starkey, un journaliste de Belfast en perpétuelle reconquête de son épouse Patricia, inspectrice des impôts (j’en parle plus en détails en fin de billet). Il est également scénariste et metteur en scène pour le cinéma et la télévision (Divorcing Jack, son roman adapté au cinéma en 1998, Wild about Harry (2000), la série la Loi de Murphy (2003, 2004), The Journey (2016) et Driven (2017)).

Côté traduction française : en jeunesse, seuls les deux romans de la série Titanic 2020 sont traduits. Cinq de ses romans policiers sont également traduits : les trois premiers de la série Dan Starkey, ainsi que deux parmi les « hors séries ».

Tous ses romans traduits (par ordre chronologique de parution en version originale) :

Divorce Jack ! (Dan Starkey, tome 1) (policier adulte)
La Bicyclette de la Violence (policier adulte)
L’Autruche de Manhattan (Dan Starkey, tome 2) (policier adulte)
La Fille des Brumes (policier adulte)
Turbulences catholiques (Dan Starkey, tome 3) (policier adulte)
Titanic 2.0 : La Mort rouge (Titanic 2020, tome 1) (roman ado) –> ma chronique
Titanic 2.1 : Cannibal City (Titanic 2020, tome 2) (roman ado)

Romans jeunesse

Série Titanic 2020

• 1. Titanic 2.0 : La mort rouge (Titanic 2020, 2007) Traduit par Antoine Pinchot. Editions Casterman, 2011.

Présentation de l’éditeur : Le Titanic était réputé insubmersible. Une nuit d’avril 1912, un iceberg en a décidé autrement. En ce troisième millénaire, les experts assurent que rien ne pourra faire sombrer le Titanic II. Mais un mal mystérieux et incurable sème la mort die le continent. Les passagers du plus grand paquebot de tous les temps sont-ils à l’abri de l’épidémie ? Jimmy Armstrong, passager clandestin malgré lui et Claire Stanford, fille de milliardaire, doivent faire face à in ennemi aussi implacable qu’invisible…

Ma chronique : Ce roman est le premier tome de la série « Titanic 2020 », de l’écrivain nord-irlandais Colin Bateman. Dans un futur assez proche (2020, donc), un nouveau Titanic prend la mer au départ de Belfast. A son bord, Jimmy Armstrong, 13 ans et passager clandestin par inadvertance, va devoir se débrouiller seul avec sa survie, l’apprentissage du métier de journaliste, Claire la fille du propriétaire du bateau – qu’il déteste sur le champ – et la « Mort rouge », un virus qui est en train de détruire toute vie sur terre.

Le scénario de Titanic 2.0. est original et mené tambour battant, avec un tas de rebondissements et un humour omniprésent. Un léger bémol peut-être, la facilité pas toujours très crédible qu’ont les héros à se tirer de situations délicates. Mais qu’importe, c’est un très chouette roman d’aventure, qui plaira aux jeunes lecteurs amateurs du genre.

2. Titanic 2.1 : Cannibal City (Titanic 2020. Cannibal City, 2008) Traduit par Benjamin Peylet. Editions Casterman, 2012.

2020. Une terrifiante épidémie a décimé l’humanité et les rares survivants évoluent dans un monde où règne la peur. Miraculeusement épargnés par la maladie, Jimmy la Chance et son amie Claire voguent à bord du Titanic II, un gigantesque navire de croisière. Leur errance les mène de villes dévastées en campements de fortune. Ce qui les attend à New York dépasse pourtant de très loin les horreurs qui ont parsemé leur route…

Ses deux autres séries de romans jeunesse n’ont pas (encore ?) été traduites en français.

Eddie & the Gang with no Name
Reservoir Pups (2003)
Bring me the Head of Oliver Plunkett (2004)
The Seagulls (2005)

SOS Adventures
Ice Quake (2010)
Fire Storm (2010)
Tusk (2011)

Autres romans

Série Dan Starkey

• 1. Divorce, Jack ! (Divorcing Jack, 1994) [traduit par Michel Lebrun, éditions Gallimard, « Série noire », 1996]

Présentation de l’éditeur : Dan Starkey, jeune journaliste de Belfast, partage avec sa femme un prodigieux appétit pour boire et danser. Mais l’amour n’a jamais empêché les sentiments et Dan craque un soir pour Margaret, une belle étudiante, qui est assassinée le soir même. Est ce à cause de sa liaison avec Dan ? Parce qu’elle n’était pas exactement ce qu’elle prétendait être ? Ou est-ce l’IRA ? Un amoureux jaloux ? Il ne reste plus à Dan qu’à courir très vite pour sauver son mariage et sa peau. Mais  à Belfast, c’est entre les bombes qu’on cavale.

• 2. L’Autruche de Manhattan (Of wee sweetie Mice and Men, 1996) [traduit par Catherine Cheval, éditions Gallimard, « Série noire », 2001]

Présentation de l’éditeur : Mais qui donc a kidnappé la femme adorée de Bobby McMaster, champion d’Irlande des poids lourds, venu à New York, malgré son évident manque de forme, combattre Mike Tyson lui-même ? C’est ce que Dan Starkey, journaliste alcoolique et en perpétuelle reconquête de son épouse, va tenter de découvrir. Difficile quand on sait que McMaster a réussi le tour de force de liguer contre lui les fondamentalistes Noirs, la communauté homosexuelle, les deux camps irlandais et quelques gangsters et terroristes…

• 3. Turbulences catholiques (Turbulent Priests, 2000) Traduit par Natalie Beunat, éditions Gallimard« Série noire », 2007.

Présentation de l’éditeur : Dan Starkey a décidé de redonner une chance à son couple. Pour preuve, il s’engage à assumer la paternité de Little Stevie, le bébé que sa femme Patricia a eu avec son amant. C’est ce bon moment de félicité familiale que choisit le primat de toute l’Irlande pour lui confier une enquête pour le moins inhabituelle sur une minuscule île aux oiseaux, battue par les flots. Sous la houlette du père Flynn, les rares habitants de cette terre isolée sont persuadés que le Messie est né chez eux, et qui plus est, se serait incarné en une petite fille répondant au prénom de… Christine.
Quoi de mieux pour le journaliste qu’une retraite rurale grassement payée ? Et l’endroit idéal pour se mettre enfin à l’écriture de son livre ! Ce qui s’annonce comme un canular facile à déjouer vire peu à peu au cauchemar ? Pour Dan, aux prises avec ses vieux démons que sont l’alcool et les femmes, ça tourne carrément à l’île de la tentation ! Au premier meurtre, l’ambiance bucolique prend du plomb dans l’aile. Quant au premier verre, il pourrait être le dernier… Avec ce thriller hilarant, Colin Bateman aborde sans complexe l’absurdité de l’intégrisme religieux.

Autres romans

La Bicyclette de la Violence (Cycle of violence, 1995)

Traduit par Stéphane Carn. Editions Gallimard, « Série noire », 1998 ; réédition en poche chez Folio policier, 2004.

Un film a été tiré de ce roman. Miller, journaliste alcoolique, est puni : il doit quitter Belfast pour un journal de province, à Crossmaheart. Et ceci pour remplacer quelqu’un qui a disparu – présumé assassiné par une organisation terroriste ou autre. Une fois là-bas, il tombe amoureux de la petite amie du disparu – des problèmes s’ensuivent inévitablement. Très sombre, très drôle, romantique et débrouillard – Bateman a une voix unique et brillante.

Critique de Mauvaisgenre.com : La Bicyclette de la violence, seconde traduction de l’Irlandais Colin Bateman, se déroule dans une bourgade proche de Belfast. Muté disciplinairement, un journaliste tombe amoureux d’une serveuse au comportement parfois bizarre suite à un viol collectif subi dans son enfance. Fouineur, le journaliste cherche à savoir ce que les violeurs sont devenus. Il déclenche une hécatombe. Cette petite ville, dans sa vie quotidienne représente un microcosme de l’Ulster, et même si l’histoire reste tragique, elle devient fort réjouissante car nourrie en permanence d’épisodes hautement comiques. (Claude Mesplède)

La Fille des Brumes (Maid of the Mist, 1999)

Traduit par Stéphane Carn. Editions Gallimard, 2004

Présentation de l’éditeur : L’unique spécialité de Niagara Falls, c’est les voyages de noces. C’est d’ailleurs pour ça que l’officier de police Frank Corrigan, après des débuts plutôt agités en Irlande du Nord, a choisi d’y terminer sa carrière. Mais le calme est un état précaire… On commence par repêcher en bas des chutes une étrange jeune fille en robe d’indienne traditionnelle dont toutes les tribus de la région pensent qu’elle est la réincarnation de la Princesse Lelewala venue sauver le monde. Et ça continue par l’arrivée en ville d’un certain nombre de personnes qui s’avèrent participer au congrès ultra-secret des responsables du trafic de drogue international. Finalement, se dit Corrigan, c’était plus calme à Belfast…

Critique de Mauvaisgenre.com :  Vous prenez Gretchin, une jeune et belle pute Géorgienne qui rêve d’aller à Hollywood tourner avec David Hasselhoff et qui en attendant se spécialise dans la fellation aux abords des chutes du Niagara. Frank Corrigan, un flic d’Irlande du Nord expatrié au Canada pour avoir éliminé de façon drastique mais néanmoins illégale un commando de l’IRA. Pongo, ex-vedette de variété-rock reconverti dans la consommation de cocaïne et de jeune fille pubère mais peu farouche. Enfin un congrès d’horticulture organisé sur les bords enchanteurs des Niagara Falls (coté Ontario) mais qui réunit en fait les plus gros trafiquants de drogues internationaux.

On peut se dire que Colin Bateman va avoir du mal à construire une intrigue qui se tient et bien non. Le scénario est impeccable, loufoque certes, mais parfait. Corrigan, malgré les coups et l’amputation violente de 2 doigts, mènera sa troupe à travers de nombreux rebondissements jusqu’au dénouement. Tout s’aligne, s’ajuste impeccablement jusqu’à l’explosion finale. Même les amérindiens locaux, de la tribu des Iroquois Tuscaroras (le peuple des collines) retrouveront la paix de l’âme et le droit de porter des Nike Air !

Après « l’autruche de Manhattan » et son boxeur philosophe, Bateman nous prouve ici qu’il est un grand du polar humoristique et du polar tout court d’ailleurs. Un Westlake de la verte Erin.

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Le prochain rendez-vous de Douze auteurs jeunesse irlandais se fera avec Eoin Colfer 🙂
(Les précédents billets : #1 Roddy Doyle, #2 Siobhan Dowd) et #3 John Boyne)

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2 commentaires pour Douze auteurs jeunesse irlandais #4 : Colin Bateman

  1. lewerentz dit :

    Je ne connais pas du tout cet auteur mais je note ses romans policiers adultes.

    Aimé par 1 personne

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