Mon midi, mon minuit – Anna McPartlin

Pack up the Moon, 2005. Traduit par Valérie Le Plouhinec. Le Cherche-midi éditeur, avril 2017.

Ma chronique :

Le titre français, même s’il n’est pas vraiment la traduction de l’original, m’a plu. Il fait référence à l’épigraphe du roman, ces beaux vers de Funeral Blues de W. H. Auden (qu’est-ce que j’ai pu pleurer pendant cet émouvant passage de Quatre mariages et un enterrement) :

« Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;
Je croyais que l’amour ne finirait jamais ; j’avais tort.« 

(Traduction de Thomas Murat ; la version originale est encore mieux :

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song ;
I thought that love would last for ever : I was wrong.)

Quand tu es jeune, entouré, avec l’avenir devant toi, tu n’imagines jamais que soudain tout puisse basculer, comme on claque des doigts, comme une phalène se brûlerait les ailes au lever du jour. C’est pourtant ce qui arrive à Emma et à sa bande d’amis, une nuit, lorsque l’un des leur disparaît.

Pour eux tous va alors commencer le long processus du deuil et de la reconstruction. Anna McPartlin traite avec délicatesse et beaucoup d’humour (à l’irlandaise, très bon) les grands thèmes de la perte, de la culpabilité, de l’après. Des personnages attachants, une exploration nuancée des sentiments, Mon midi mon minuit est un bel hymne à l’amitié et à l’espoir, pas trop mélo – mais préparez tout de même quelques mouchoirs. Franchement, la romance n’est pas du tout mon genre de prédilection, mais celle-ci est plutôt bien, en tous cas j’ai passé un bon moment de lecture.

« Les nuages se soulageaient avec la férocité d’un ivrogne vidant sa vessie. » (quand je vous disais qu’Anna McPartlin sait y faire, à l’irlandaise, pour déclencher le rire ! Et très bonne traduction)

A noter que ce deuxième roman traduit en France d’Anna McPartlin est en fait le premier qu’elle a écrit. Et Les derniers Jours de Rabbit Hayes, qui a fait un tabac l’an dernier (et qui a rejoint ma Pal depuis sa sortie en poche il y a quelques mois), a beau être son premier traduit, c’est en fait son sixième publié. Ceci pouvant peut-être expliquer pourquoi certains ont été un peu déçus par ce roman-ci, après avoir tant adoré le précédent.

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9 commentaires pour Mon midi, mon minuit – Anna McPartlin

  1. J’ai vraiment aimé son livre précédent, il m’a bouleversé 😢
    Je vais lire celui ci. Merci

    Aimé par 1 personne

  2. Eve-Yeshé dit :

    une tentation à l’horizon!!! je n’ai encore rien lu de l’auteure…

    Aimé par 1 personne

  3. Frédéric dit :

    Les derniers Jours de Rabbit Hayes.. j’ai adoré ce livre mais j’ai peur d’être déçu par celui-ci. Je le met sur ma PAL. Merci pour ce beau partage ! Bises de Bretagne pour toi 🙂 🙂

    Aimé par 1 personne

  4. Ping : Les Arcanes du Midi-Minuit, tome 1 : L’Affaire du Nalta P312 – Gaudin / Trichet (Bd) | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

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