Le Coeur qui tourne – Donal Ryan

The Spinning Heart, 2012. Traduit par Marina Bonaso. Albin Michel, 2015 ; réédition au Livre de Poche, 2016

Ce premier roman de Donal Ryan a fait sensation à sa parution : élu livre de l’année en Irlande, dans la foulée il s’est retrouvé finaliste du Booker Prize.

Présentation de l’éditeur : Dans un petit village irlandais frappé par la crise économique, des tensions émergent et se multiplient dangereusement. Un meurtre est commis, un enfant kidnappé, et c’est une communauté tout entière qui se retrouve en état de choc. Bobby Mahon était le contremaître d’une entreprise assujettie à la fermeture des portes et dont le patron s’est enfui avec la caisse. Chacun des autres personnages – une jeune fille inquiète des difficultés financières de ses parents, une mère célibataire, un ouvrier, une prostituée, un père tyrannique, ou encore un maçon d’origine russe – se trouve intrinsèquement lié à lui. Tous chercheront à raconter leur propre vérité, dressant un portrait émouvant de l’Irlande rurale d’aujourd’hui et de la condition humaine, de la fragilité des relations et des sentiments.

Ma chronique :

Le Cœur qui tourne est un roman choral brillamment mené, sur fond de crise économique en Irlande, l’après Tigre Celtique. Un village en déliquescence, où Bobby Mahon, le trop bon gars, va payer pour les autres, pour tout le reste.

Vingt-et-un chapitres pour vingt-et-un personnages, chacun avec son ton propre et une personnalité palpable. Vingt-et-une voix qui se succèdent et dont le chant imbriqué apporte sa pièce au puzzle. Donal Ryan, avec une lucidité mordante sur l’âme humaine, réussit un tour de force, ses personnages étant tellement travaillés qu’ils mériteraient presque tous leur roman dédié. Chaque rancœur, chaque frustration, va donner du grain à moudre à notre compréhension de l’histoire. Pas seulement celle de Bobby, mais d’une manière plus globale, plus vaste, plus intime et universelle, l’histoire de ce village, de cette Irlande, de notre époque.

Mais la médaille a son revers : ce foisonnement exacerbé de personnages, de malheurs, de griefs, d’absence d’espoir, sur un roman aussi court (180 pages), c’est presque trop. Difficile de s’attacher à quiconque, pas le temps, et du coup c’est un peu frustrant.

Donal Ryan a une belle plume inventive et pleine de noirceur, d’humour et d’ironie. J’ai hâte de découvrir son deuxième roman, qui vient juste de sortir, également chez Albin Michel : Une Année dans la Vie de Johnsey Cunliffe. Pour l’anecdote, il y a déjà des Cunliffe dans Le Cœur qui tourne…

  18 comments for “Le Coeur qui tourne – Donal Ryan

  1. 9 janvier 2017 à 8 h 15 min

    Bonjour. J’ai apprécié Le coeur qui tourne et sa brièveté ne m4a pas gêné. Chroniqué le 6 juilet 2015.

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    • 11 janvier 2017 à 1 h 17 min

      Bonsoir ! Où pourrais-je lire tes chroniques ? J’aimerais bien, et je ne les trouve pas sur ton blog 🙂

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      • 11 janvier 2017 à 8 h 23 min

        Bonjour. En fait Modrone est un de mes deux pseudos, suite à erreur ancienne que je n’ai jamais su corriger. Sur WP j’apparais sous ce pseudo. Mais mon blog s’appelle eeguab.canalblog.com depuis bientôt… onze ans. L’Irlande y tient une place importante. Bonne journée.

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      • 2 février 2017 à 15 h 16 min

        Merci pour ces précisions ! Je suivrai donc ton autre blog aussi 😀

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  2. 9 janvier 2017 à 11 h 10 min

    J’ai noté ce premier roman et je ne note pas le deuxième tant que je ne l’ai pas lu ! 😉

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    • 11 janvier 2017 à 1 h 19 min

      Pareil que toi, je voulais lire les premiers romans d’abord cette fois-ci, c’est maintenant chose faite aussi pour Kevin Barry 🙂 J’ai une impression de devoirs de vacances accomplis, haha.

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  3. 9 janvier 2017 à 19 h 26 min

    Je l’ai lu suite à tes conseils. Je l’ai apprécié mais pas de wouah. Il me semblait que les personnages parlaient pour la plupart la même langue. Je les aurais aimé davantage s’ils s’étaient démarqués les uns des autres…

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    • 11 janvier 2017 à 1 h 23 min

      Ce n’est pas tant leurs voix que la quasi uniformité de leurs vécus scabreux et pathétiques qui m’a semblé légèrement exagéré 🙂

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  4. 11 janvier 2017 à 7 h 47 min

    Lu à sa sortie. Je n’ai pas souvenir ce roman comme une série de chants imbriqués mais je me rappelle bien de sa causticité et de son humour. Hâte de lire le prochain. ☺

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  5. 11 janvier 2017 à 20 h 17 min

    Je ne me souviens pas avoir entendu parler de ce roman… et tu sembles un peu déçue.

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    • 2 février 2017 à 15 h 14 min

      Il est sorti il y a pile deux ans. Juste avant cette lecture je venais de dévorer un roman choral époustouflant (Génération de Paula McGrath). Du coup celui-ci m’a effectivement un peu déçue, alors qu’il est pourtant très bon 🙂

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