Le rouge vif de la Rhubarbe – Audur Ava Olafsdottir

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Upphaekud jörd, 1998. Traduit de l’islandais par Catherine Evjólfsson. Editions Zulma, 2016.

Quatrième de couverture : Souvent aux beaux jours, Ágústína grimpe sur les hauteurs du village pour s’allonger dans le carré de rhubarbe sauvage, à méditer sur Dieu, la beauté des nombres, le chaos du monde et ses jambes de coton. C’est là, dit-on, qu’elle fut conçue, avant d’être confiée aux bons soins de la chère Nína, experte en confiture de rhubarbe, boudin de mouton et autres délices.

Singulière, arrogante et tendre, Ágústína ignore avec une dignité de chat les contingences de la vie, collectionne les lettres de sa mère partie aux antipodes à la poursuite des oiseaux migrateurs, chante en solo dans un groupe de rock et se découvre ange ou sirène sous le regard amoureux de Salómon. Mais Ágústína fomente elle aussi un grand voyage : l’ascension de la « Montagne », huit cent quarante-quatre mètres dont elle compte bien venir à bout, armée de ses béquilles, pour enfin contempler le monde, vu d’en haut…

Ma chronique :

Ce roman est le premier d’Audur Ada Olafsdottir, mais son quatrième traduit en français. C’est avec Rosa Candida que la France l’a découverte en 2010, son troisième roman, un immense succès. Le hasard d’une soirée organisée à la librairie près de chez moi avec cette auteure islandaise m’a finalement permis de débuter dans son œuvre d’une manière « chronologique », si l’on peut dire, avec ce titre-ci.

J’ai pris énormément de plaisir à cette lecture. Une plume libre, inventive, doucement sauvage, presque éthérée. Une histoire comme une fable, sans jugements. On aimerait que les personnages autour d’ Ágústína soient plus étoffés, et la fin très ouverte peut laisser un arrière-goût de frustration, mais cela n’enlève que peu au plaisir indubitable de lecture, cette poésie de la vie quotidienne qui touche au merveilleux. Dans ce livre il y a de l’espoir, de l’amour inattendu, jamais de complaisance. Tout est possible, sans colère ni revanche. Des personnages accueillants, ouverts, émerveillés. Ce roman est comme l’esquisse des livres à venir et m’a donné l’envie, plutôt jubilatoire, de découvrir ses autres romans !

(c) Hélène Hiblot &t Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

(c) Hélène Hiblot &t Lettres d’Irlande et d’Ailleurs

J’ai donc eu la chance de participer à un débat-rencontre, organisé le 14 octobre dernier par la librairie Dédicaces, à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine (92). Audur Ava Olafsdottir (à gauche, avec le micro) parle français avec un accent des plus charmants, elle a beaucoup d’humour et raconte admirablement ses romans. Déjà que j’avais aimé son livre, j’ai été impressionnée et durablement conquise.

Elle estime que son texte est terminé lorsqu’elle a l’impression qu’il a été écrit par quelqu’un d’autre. Pour devenir un écrivain en Islande, il faut passer par la nature ; elle fait partie d’eux. Dans ses romans, il y a toujours un personnage bancal. Un défaut physique, qui apporte comme une grandeur d’âme, une ouverture. Opposer l’idée de la vie en tant qu’inattendue, chaotique, à un agrégat comme un roman, qui est construit, organisé, début, fin, sens. Dans le cerveau, l’imagination et la mémoire sont au même endroit : lorsqu’on se souvient, on est dans l’imagination. Dans Le rouge vif de la Rhubarbe, l’éveil à la féminité est symbolisé par le désir de partir, de voir ailleurs, comme un instinct migrateur. En Islande, la nature est sauvage, capricieuse, violente, imprévisible. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Un jour il fait +14°, le lendemain -10° avec tempête de neige (la Bretagne, en comparaison, c’est un climat tropical, nous a-t-elle expliqué dans un grand sourire). Les difficultés extérieures, les congères en hiver, le jour qui dure trois heures, l’adversité, sont tellement grandes, qu’il y a une vraie intensité des sentiments humains.

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3 commentaires pour Le rouge vif de la Rhubarbe – Audur Ava Olafsdottir

  1. J’adore le sujet du livre, découvrir de nouveaux horizons. Je n’ai qu’un mot: merci 📖☺

    Aimé par 1 personne

  2. Julie Dionaea dit :

    Un roman que j’aimerais beaucoup lire prochainement, j’aime beaucoup cette auteure 🙂

    J'aime

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