Des Larmes sous la Pluie – Rosa Montero

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Làgrimas en la Iluvia, 2011. Traduit par Myriam Chirousse. Editions Métailié, 2013 ; réédition dans la collection semi-poche « Suites » de Métailié en janvier 2016.

Quatrième de couverture : États Unis de la Terre 2109, les réplicants meurent dans des crises de folie meurtrière tandis qu’une main anonyme corrige les Archives Centrales de la Terre pour instrumentaliser l’histoire de l’humanité. Bruna Husky, une réplicante guerrière, seule et inadaptée, décide de comprendre ce qui se passe et mène une enquête à la fois sur les meurtres et sur elle-même. Aux prises avec le compte à rebours de sa mort programmée, elle n’a d’alliés que marginaux ou aliens dans ce tourbillon répressif, vertige paranoïaque qui emporte la société.

Ma chronique :

J’ai adoré Des Larmes sous la Pluie. Un univers dystopique superbement construit et cohérent, une héroïne complexe et attachante, de l’action, une atmosphère addictive… Les quatre cent pages de ce roman se dévorent en un clin d’oeil. Un œil à la pupille verticale, bien sûr, comme celui de Bruna Husky, la techno-humaine, réplicante de combat. Le clin d’œil à K. Dick et à Blade Runner est assumé, jusque dans le titre du livre qui s’inspire d’une réplique culte de Roy Batty (Rutger Hauer dans le film) : « Tous ces moments se perdront dans l’oubli comme des larmes sous la pluie. Il est temps de mourir ».

Mais ne vous y trompez pas, Rosa Montero dépasse le simple hommage. Des Larmes sous la pluie aborde intelligemment des sujets de société qui nous concernent tous, tant les dérives suprématistes, religieuses ou sectaires que le réchauffement climatique, la pollution, la manipulation des médias, l’avenir, la mort et la vie. Elle amène habilement le lecteur à réfléchir.

Rosa Montera explore les solitudes, l’importance de la mémoire, la noirceur du monde et les inégalités sociales. Elle semble manier avec autant de grâce le talent et l’humilité que l’ironie, et je sais déjà que je ne me limiterai pas à lire la suite des aventures de Bruna Husky** : je partirai également à la découverte de ses autres romans ! (**Le Poids du Cœur est sorti en début d’année chez Métailié et il est parait-il encore meilleur que celui-ci, le pied).

Extraits :

« Il était déprimé par cette heure du petit matin, sale, délavée, où la nuit mourait et le jour nouveau ne pointait pas encore. Cette heure si nue qu’il n’y avait pas moyen de déguiser l’absurdité du monde. »

« Rien n’ouvrait autant l’appétit que le spectacle de la mort des autres. Quatre ans, trois mois et vingt-quatre jours. »

« Parler de mémoire avec un rep, c’était comme mentionner quelque chose d’obscur et de sale, quelque chose d’indicible qui, quand on l’étalait en plein jour, se révélait presque pornographique. »

« Il vivait sans peur de la mort, comme s’il était éternel. Ou comme s’il était humain, car les humains étaient capables d’oublier qu’ils étaient mortels. »

« Tu connais la mélancolie et la nostalgie. Et l’émotion d’une belle musique, d’un mot ou d’un tableau. Je veux dire que je t’ai aussi donné la beauté, Bruna. Et la beauté est la seule éternité possible. »

« Et elle se serra contre lui jusqu’à réussir à lui frôler le coeur et à tuer la mort. »

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9 commentaires pour Des Larmes sous la Pluie – Rosa Montero

  1. Passionnant, je vais le lire…. merci

    Aimé par 1 personne

  2. jostein59 dit :

    J’avais beaucoup aimé ce premier roman des aventures de Bruna Husky. L’auteur a créé un monde fascinant qui, effectivement relève nos problèmes de société. J’ai un peu moins aimé le second ( Le poids du coeur) parce qu’il n’y avait plus cette surprise sur la découverte de ce monde si bien imaginé. Mais il est très bien tout de même et j’ai apprécié ce sentiment d’évolution de Bruna. Je ne raterai pas la suite.

    Aimé par 1 personne

  3. Frédéric dit :

    Merci pour la découverte ! j’adore la SF, en plus des clins d’œil à Philippe K Dick que j’adore (ah Ubik). Passe un bon dimanche 🙂 Bises ! 🙂

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  4. walachniewicz dit :

    votre billet donne très envie de lire cette auteure, merci ;o)

    Aimé par 1 personne

  5. Ping : Mes lectures préférées en 2016 | Lettres d'Irlande et d'Ailleurs

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