Mémoires de Porcelaine #3 : John McGahern

Cette année, je fête mes vingt ans de passion irlandaise. Pour célébrer ces « noces de porcelaine », je suis partie en exploration dans mes archives, où j’ai repêché quelques avis qui me semblent tenir un peu la route, si ce n’est par leur contenu, leur pertinence ou leur cocasserie, tout au moins me permettront-ils de témoigner ici de riches lectures irlandaises passées.

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Ce troisième opus de mes Mémoires de Porcelaine est consacré à John McGahern, dont j’ai lu trois romans.

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(Dublin, 1934 – 2006)

Selon The Guardian, il fut sans doute le plus grand écrivain irlandais depuis Samuel Beckett. John McGahern a grandi dans l’ouest de l’Irlande, seront situés la plupart de ses livres (comtés de Leitrim et Roscommon). Son enfance est marquée par la violence de son père gendarme et la douceur de sa mère, une institutrice d’une rare indépendance. Elle meurt tragiquement d’un cancer alors que John, aîné de sept enfants, n’avait que neuf ans. Il devient à son tour instituteur, puis obtient un diplôme de l’University College de Dublin en suivant des cours du soir, tout en exerçant son métier.

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[Extrait de La Littérature irlandaise, par Claude Fierobe et Jacqueline Genet, éditions Armand Colin, 1997] :

« La Caserne (1963) est un premier roman d’une force exceptionnelle. Rongée par le cancer, prisonnière du poste de police, Elizabeth est contrainte de mener la vie à laquelle elle a cru pouvoir échapper. Michael Halliday, son premier amour, sombre dans le nihilisme et se tue. Reegan, son mari, ancien héros de la guerre d’indépendance, est désenchanté et amer. Des personnages à la fois individualisés et symboliques se heurtent au non-sens, au néant. Père et fils entrent en conflit dans LObscur (1965), sur fond de frustration sexuelle et d’ambitions contrariées. Patrick Moran, héros de Journée dadieu (1974), enseignant congédié de son poste pour avoir épousé une divorcée, se souvient de son passé – une mère morte du cancer, un père agent de police, un environnement religieux répressif – et songe à la construction de son avenir. Accusé de pornographie par la censure, McGahern réplique avec Le Pornographe (1979), où se combinent le récit de la vie de Michael et le texte du roman pornographique qu’il est en train d’écrire : démonstration éclatante et ironique de ce qui sépare la pornographie de la littérature. Entre toutes les femmes (1990) met en scène une famille où le patriarche Moran, comme Reegan, vétéran de la guerre d’lndépendance, règne sur une maisonnée où les femmes, Rose sa seconde épouse, Mona et Sheila ses deux filles, demeurent plus proches de lui que Luke et Michael, les deux fils qui partent pour l’Angleterre. McGahern est parfois cruel, parce que, dit-il, la vie est cruelle ; ainsi, dans « Les Créatures de la terre » (1994), la mise à mort de deux animaux domestiques, affectueux et sans défense, renvoie dos à dos les jeunes voyous imbéciles et le vieil homme égoïste dans un monde livré au chaos. Sans illusion, sans désespoir non plus, comme Elizabeth, sa plus touchante héroïne, qui sait qu’on ne peut concevoir ni Dieu ni le néant, John McGahern fait entendre une voix singulière, à nulle autre pareille. Une prose dense, à la fois limpide et secrète, dénonce les fausses valeurs, fustige l’hypocrisie, tandis qu’un chant d’amour célèbre l’union spirituelle de l’individu et du cosmos. On sait gré à John McGahern de maintenir cet équilibre miraculeux entre réserve et compassion qui fait de ce romancier d’un immense talent un véritable humaniste. »

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De lui, j’ai lu :

Le Pornographe (The Pornographer, 1980) – Roman lu fin 96.

mcgahern pornographeMon avis : C’est le deuxième roman irlandais que j’ai lu (après la Ville des Ténèbres de Dermot Bolger). C’est cru, cynique, incisif – mais pas du tout pornographique ni même vraiment érotique. C’est juste l’histoire d’un homme qui écrit du porno parce qu’il faut bien vivre. Très bon roman.

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Entre Toutes les Femmes (Amongst Women, 1990) – Roman lu en 1997.

mcgahern entre totues les femmesMon avis : Excellente histoire d’un vieux républicain et de l’oppression de la vie rurale et familiale. A remporté le Irish Times / Aer Lingus Award en 1990.

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La Caserne (The Barracks, 1963) – Roman lu en juillet 1998.

mcgahern caserneMon avis : Le premier roman de McGahern, qui a reçu deux des prix littéraires les plus prestigieux d’Irlande (the A.E. Memorial Award et le Arts Council Macauley Fellowship). Un destin de femme, malheureux, entre un mari gendarme (d’où le titre) et ses enfants d’un premier mariage. C’est bien.

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Son oeuvre est entièrement traduite en français (petit tour d’horizon des différentes éditions – j’espère n’avoir rien oublié) :

La Caserne (The Barracks, 1963) [roman traduit de l’anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Presses de la Renaissance, 1986 ; rééditions : 10-18, 1991, éd. Belfond, 1996]

L’Obscur (The Dark, 1965) [roman traduit de l’anglais par Alain Delahaye, éditions de La Sphère, 1980 ; rééditions : éditions Presses de la Renaissance, 1989 ; Le Livre de poche, 1997, 2004]

Lignes de Fond (Nightlines, 1970) [nouvelles, traduites de l’anglais par Pierre Leyris, éditions Mercure de France, 1971] [Contient : L’Image ; Roues (Wheels) ; Pourquoi nous sommes ici-bas (Why We’re Here) ; Avènement (Coming Into His Kingdom) ; Noël (Christmas) ; Cœurs de chêne et ventres d’airain (Hearts of Oak and Bellies of Brass) ; Strandhill : la mer (Strandhill, the Sea) ; La caisse à grenades (Bomb Box) ; Corée (Korea) ; Lavin (Peaches) ; Mon amour, mon parapluie (My Love, My Umbrella) ; Le sergent recruteur (The Recruiting Officer)]

Journée d’Adieu (The Leavetaking, 1974) [roman, traduit de l’anglais par Alain Delahayeéditions Presses de la Renaissance, 1983]

Les Huîtres de Tchekhov et autres nouvelles (Getting Through, 1978) [nouvelles, traduites de l’anglais par Alain Delahaye, éditions Presses de la Renaissance, 1992] [Contient : Les huîtres de Tchekhov (The beginning of an idea) ; Un contretemps (A slip-up) ; Toutes sortes de choses impossibles (All sorts of impossible things) ; Foi, Espérance et Charité (Faith, hope, and charity) ; L’hermine (The stoat) ; Porches (Doorways) ; L’odeur du vin (The wine breath) ; Sur les crêtes (Along the edges) ; Gorgées (Swallows) ; Sierra Leone (Sierra Leone)]

Le Pornographe (The Pornographer, 1979) [roman, traduit de l’anglais par Alain Delahaye, éditions Presses de la Renaissance, 1981 ; rééditions : 10-18 ; éditions Albin Michel, 1996, 2000]

Haute-Terre (High Ground, 1985) [nouvelles, traduites de l’anglais par Georges-Michel Sarotte, éditions Presses de la Renaissance, 1987] [Contient : Parachutes (Parachutes) ; Balade (A ballad) ; Au temps jadis (Oldfashioned) ; Comme tous les autres hommes (Like all other men) ; Eddie Mac (Eddie Mac) ; Le jaune (Crossing the line) ; Haute-Terre (High ground) ; La montre en or (Gold watch) ; La conversion de William Kirkwood (The conversion of William Kirkwood) ; Jour férié (Bank holiday)]

Entre toutes les femmes (Amongst Women, 1990) [roman, traduit de l’anglais par Alain Delahaye, éditions Presses de la Renaissance, 1990 ; réédition : 10-18. 1995]

Les Créatures de la terre et autres nouvelles (Creatures of Earth, 1994) [nouvelles, traduites de l’anglais par Alain Delahaye, éditions Albin Michel, 1996 ; réédition : Le Livre de poche, 2006] [Contient : Les créatures de la terre (Creatures of the Earth) ; Le directeur de la laiterie (The creamery manager) ; L’enterrement à la campagne (The country funeral)]

Pour qu’ils soient face au soleil levant (That They May Face the Rising Sun, 2002) [roman, traduit de l’anglais par Françoise Cartano, éditions Albin Michel, 2003 ; réédition : Le Livre de poche, 2005]

Tout ira bien. Mémoire (Memoir, 2005) [autobiographie, traduite de l’anglais par Françoise Cartano et Marie-Lise Marlière, éditions Albin Michel, 2009]

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Il est temps que je me remette à lire du McGahern…

Pour aller faire un tour sur mes autres Mémoires de Porcelaine, c’est par là. A bientôt !

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2 commentaires pour Mémoires de Porcelaine #3 : John McGahern

  1. lewerentz dit :

    Je sais que c’est un auteur que j’ai lu mais malgré ta liste, je ne me souviens pas du titre; des nouvelles, il me semble. En tout cas, j’avais aimé.

    Aimé par 1 personne

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