Ne tirez pas sur l’Oiseau moqueur – Harper Lee

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To kill a mocking Bird, 1960.
Je cite notre ami wiki pour présenter les traductions françaises, trois titres successifs (en plus du titre de l’adaptation cinématographique) : • Quand meurt le rossignol, en 1961, dans une traduction de Germaine Béraud ; • Alouette, je te plumerai, en 1989, dans une traduction d’Isabelle Stoïanov ; • Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, en 2005, dans la précédente traduction d’Isabelle Stoïanov revue par Isabelle Hausser (éditions de Fallois 2005 ; livre de poche, 2006)
— Prix Pulitzer 1961 —

Maycomb, petite ville de l’Alabama, pendant la Grande Dépression. Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il décide, envers et contre les préjugés moraux et politiques de son époque, de défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. (présentation de l’éditeur)

Ma chronique :

Attention, coup de foudre.

Ce livre est un chef d’œuvre. Et d’ailleurs, je ne l’ai pas dit la première : depuis 1961 et son Prix Pulitzer, c’est devenu un classique dans le monde anglo-saxon. Mais moi, c’est seulement maintenant que je viens de me prendre ce roman en plein coeur. « Pourquoi pas avant ? », une question en forme de gémissement intérieur, d’avoir vécu toutes ces années sans connaître Scout, Jem ni Atticus, Boo Radley, Tom Robinson… Ca fait mal. Alors que j’ai vénéré le Beloved de Toni Morrison, aurais-je craint de (re)tomber avec cet Oiseau moqueur et sa narration d’enfant blanche, dans une vision du Sud tronquée, édulcorée, à la Autant en emporte le vent ? Peut-être… Et bien franchement, quelle erreur ! Car ce chef-d’oeuvre de Harper Lee est une ode brillante, sensible, intelligente et universelle au respect des différences et à l’humanité, dans sa plus belle noblesse.

Le mocking bird est un oiseau du sud des Etats-Unis qui imite cris, chants et bruits divers.  Atticus prévient ses enfants : « Je préférerais que vous ne tiriez que sur des boites de conserve, dans le jardin […] Souvenez-vous que c’est un pêché de tuer un oiseau moqueur. »

Tuer un oiseau moqueur, c’est supprimer de ce monde grâce et innocence.

Dans ce roman j’ai tout aimé, tout, avec un grand A : le ton, le style, les personnages, tous fabuleux, petits, grands, principaux et secondaires. J’ai Aimé l’histoire, l’écriture, sa gravité, sa finesse, et l’humour, ah, l’humour ! Tout. Un livre de chevet.

Nota Bene : j’ai plaisir à voir dans le geai moqueur, symbole de la révolte du Hunger Games de Suzanne Collins, un hommage à ce roman de Harper Lee. C’est en effet la jeune Rue, travailleuse (pour ne pas dire esclave) dans les champs de coton du district onze, qui enseigne la mélodie à Katniss, ces quelques notes marquant la fin de la journée de travail, la liberté, reprises en choeur par les oiseaux chanteurs dans la forêt. Et c’est avec l’assassinat de la jeune fille noire que les districts s’enflamment et finalement s’unissent. Tom Robinson est vengé !!!

Extraits :

« Jusqu’au jour où je craignis que cela me fut enlevé, je ne m’étais jamais rendu copte que j’aimais lire. Pense-t-on que l’on aime respirer ? »

« Jem écarta d’un geste mes paroles comme s’il s’agissait d’un vol de moucherons. »

« Il n’y a pas de saisons bien définies, en Alabama ; l’été tourne à l’automne et il arrive que l’automne ne soit jamais suivi par l’hiver, mais se transforme en un bref printemps qui se fond bientôt en été. »

« Atticus disait que donner à ses enfants le nom de généraux confédérés revenait à fabriquer de futurs alcooliques. »

— Et comment sais-tu, alors, que nous ne sommes pas noirs, nous aussi ?
— Oncle Jack Finch dit qu’on ne peut être sûr de rien mais aussi loin qu’on peut remonter parmi les Finch, il n’y a pas de trace de sang noir ; seulement rien ne dit qu’ils ne sont pas venus d’Ethiopie pendant l’Ancien Testament.
— Si on est venus à l’époque de l’Ancien Testament, c’est trop vieux pour avoir encore de l’importance.
— C’est ce qui me semblait, dit Jem, mais par ici, quand tu as une seule goutte de sang noir, tu deviens tout noir.

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