Mes nouvelles découvertes irlandaises #3 : Décembre 2015

 

Intrigué par le temps – étant donné que le présent ne dure pas et que le passé comme le futur n’existent pas – il conclut que la mesure du temps doit être la mémoire.
[Ciaran Carson, le Thé au Trèfle]

 

Si le mois de novembre avait été un peu tristounet en nouvelles découvertes – même pas de quoi en faire un billet -, c’était apparemment pour que décembre rayonne en flamboiements : la littérature irlandaise, cauchemars de nos PALs ?! Hé hé.

De nombreux nouveaux auteurs :

  1. Joseph O’Neill

ONeill_0Netherland, paru en 2009 aux éditions de l’olivier.

Joseph O’Neill est né en 1964 à Cork, en Irlande. Ancien avocat au barreau de Londres, il vit dorénavant à New York. Dès sa sortie en 2008, Netherland est entré dans la liste des best-sellers, porté par une critique unanime. Troisième roman de Joseph O’Neill (le premier publié en France), le livre a reçu le Pen/Faulkner Award.

Article du Magazine littéraire du 25 novembre 2010

 

 

 

2. Le poète Geoffrey Squires

Geoffrey Squires est né en 1942 en Irlande. Après des études à Cambridge, il a travaillé dans diverses universités en Iran, en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, où il a notamment enseigné à l’université de Hull. Depuis Drowned Stones en 1975, il a publié une quinzaine de recueils de poésie.

Trois recueils de poésie traduits en français, parus aux éditions Unes

squires pierres noyees2Pierres noyées
Édition bilingue, Éditions Unes, Nice, 2015. Traduit de l’anglais (Irlande) par François Heusbourg

Extrait

• Sans Titre, article dans l’Humanité, mars 2014

• Paysages et Silences, entretien sur France Culture, mars 2015

Articles dans Poezibao.

 

 

3. Liz Nugent

nugentUne nouveauté de la rentrée littéraire 2015 passée entre les mailles de nos filets à Maeve et moi !
Oliver ou la Fabrique d’un manipulateur, paru le 3 septembre 2015 chez Denoel

Un livre découvert le 3 décembre au hasard d’une exploration de catalogue, et le lendemain j’ai trouvé sa chronique sur un nouveau blog ami ! C’est par ici, à l’Ombre du Noyer.

Alice et Oliver Ryan sont l’image même du bonheur conjugal. Complices, amoureux, ils mènent la belle vie. Pourtant, un soir, Oliver agresse Alice avec une telle violence qu’il la plonge dans le coma. Alors que tout le monde cherche à comprendre les raisons de cet acte d’une brutalité sans nom, Oliver raconte son histoire. Tout comme les personnes qui ont croisé sa route au cours des cinquante dernières années. Le portrait qui se dessine est stupéfiant. Derrière la façade du mari parfait se cache un tout autre homme. Et lorsque le passé resurgit, personne n’est à l’abri, pas même Oliver.
Nouveau génie du suspense psychologique, Liz Nugent dissèque la fabrication fascinante d’un monstre, du mal à l’état pur. Un roman dans la pure tradition de Patricia Highsmith, qu’on ne lâche pas jusqu’à la toute dernière page.

 

4. Mark O’Sullivan, un auteur jeunesse

o sullivan noraDe nombreux titres, dont • Mélodie pour Nora, paru à l’école des Loisirs en 1998

Irlande, août 1922. Michael Collins, qui a signé le traité de paix avec l’Angleterre, est assassiné et nul ne peut savoir désormais jusqu’où ira la guerre fratricide qui déchire le pays. Nora a quatorze ans, elle vient de perdre sa mère. Si elle veut respecter ses dernières volontés, elle doit aller vivre chez son oncle Peter et sa tante Molly, à Tipperary, et continuer le piano. Pour Tipperary, elle n’a pas le choix, mais le piano, elle ne veut plus jamais en jouer. Son père a réussi à lui faire croire que sa mère s’était tuée au travail pour lui payer ses leçons. Enfermée dans sa souffrance et sa révolte, Nora refuse les attentions de Peter et de Molly, tout comme elle refuse d’aller aux séances de cinéma que Peter organise le vendredi soir dans son hangar. Quant au pianiste alcoolique qui accompagne les films, Alec, elle le déteste et ne veut même pas lui adresser la parole. Elle cherche à comprendre pourquoi sa mère l’a envoyée dans cette ville. N’y a-t-elle pas été malheureuse elle-même, autrefois ? Elle ne sait pas encore que Jack, le frère de Peter, dont personne n’a envie de parler parce qu’il fait partie de l’armée irrégulière, est quelqu’un qui a énormément compté pour sa mère. Jack est blessé, il se cache aux abords de la maison. Lorsqu’il voit Nora à la fenêtre, il croit être en présence d’un fantôme. Il a besoin d’aide. À cause de lui, Nora va se trouver plongée au coeur de la guerre civile et se remettre au piano. Et le plus étrange, c’est que les deux seront liés.

5. Caroline Blackwood

blackwood webster livre de poche

Granny Webster, paru en 2011 chez Bourgois, réédité en 2013 au Livre de poche

« Envoyée en convalescence au bord de la mer chez son arrière grand-mère, une vieille dame acariâtre qui ne se déplace qu’en Rolls, vit comme à l’époque victorienne et évite toute émotion pour ménager son cœur, une jeune fille – qui n’est pas sans rappeler Caroline Blackwood –découvre peu à peu les secrets qui se cachent derrière les rideaux empesés de la luxueuse demeure… La description de cette grande famille irlandaise, avec une tante excentrique et suicidaire, une grand-mère un peu dérangée et une femme de chambre borgne, est d’une réjouissante noirceur. Ce livre ressemble à une boîte de chocolats fourrés aux amphétamines – Francis Wyndham, Sunday Times »

Lire la chronique de Maeve sur son blog Mille et une Lectures (merci pour cette découverte !)

 

6. Dov Lynch

lynch dov mer noire• Mer noire, paru en février 2015 aux éditions Anacharsis.

Dimitris est un ancien membre de l’IRA. À la mort de son père, il part à la recherche de son frère disparu quelque part dans le Caucase.

Sa trajectoire, un road movie sur les franges de l’Europe, marquée au sceau du crime, semée de rencontres fragmentées, d’histoires inabouties, de visions fugitives, le conduira d’une guerre qui n’a plus de nom à une autre qui n’en possède pas encore, jusqu’à ce que s’accomplisse son aventure.

Les premières pages du roman lues (en français  !!!) par l’auteur sur France Culture

La page fb du roman

Article dans le Monde diplomatique

 

7. La poétesse Eavan Boland

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Une Femme sans passé, paru en février 2015 au Castol Astral

« Prendre la parole dans un pays comme l’Irlande, trouver sa place dans une tradition poétique majoritairement masculine n’allait pas de soi. C’est ce parcours passionné et paradoxal que retrace ce choix de poèmes publiés entre 1974 et 2014. »

 

 

 

 

Et aussi de nouveaux titres d’auteurs déjà publiés en français :

  1. Desmond Hogan, dont j’ai lu la nouvelle Souvenirs du swimming London, tirée du recueil The mourning Thief [parue dans Trésors de la Nouvelle de la Littérature irlandaise, tome 2, éditions Les belles Lettres, 2002], vient de voir (enfin !) traduit en français son premier roman, The Ikon  maker, sorti en 1976.

hogan iconeLe garçon aux icônes, paru en avril 2015 chez Grasset

« Irlande, début des années 1970. Susan O’Hallrahan, depuis sa petite boutique de confection à Ballinasloe, dans le comté de Galway, ne perçoit plus du tumulte du monde qu’une lointaine rumeur. Depuis la mort de son époux, elle vit seule, bercée par les souvenirs, et elle attend. Elle attend, avec une ferveur mêlée d’appréhension, le retour de son fils, Diarmaid, un garçon étrange, solitaire et ombrageux, parti à Londres en quête d’aventure. Jusqu’au jour où, poussée par un funeste pressentiment, Susan décide de ne plus attendre et de se lancer à sa recherche. Son iliade miniature sera pour elle l’occasion de se confronter aux révélations les plus douloureuses – sur elle-même, sur son fils, et sur la nature exacte, magnifique et terrible, du lien qui les attache l’un à l’autre. »

Lire la chronique d’Yvon (Merci !)

 

2. Carlo Gebler : de ce fils d’Edna O’Brien (et oui !) j’ai lu Exorcisme (The Cure, 1994) [paru chez Phébus en 2001], un roman historique sur l’hystérie et l’abus de pouvoir, basé sur le procès en Irlande de Martin Cleary, accusé du meurtre de sa femme en 1895. Sa défense était qu’il avait dû l’exorciser par les manières douces, et finalement par le feu. Vient de sortir :

gebler foxyL’Histoire de Foxy Moll, sorti en mars 2015 chez Joelle Losfeld

« Carlo Gébler utilise [un] fait divers [de meurtre] pour construire un roman dont on peut dire qu’il est à la fois un roman social et un thriller dont la lecture est impossible à interrompre. Il observe le genre humain dans ce qu’il a de plus sombre, de plus mystérieux, avec une acuité troublant. »

 

 

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4 commentaires pour Mes nouvelles découvertes irlandaises #3 : Décembre 2015

  1. maevedonovan dit :

    A reblogué ceci sur .

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  2. maevedonovan dit :

    Eh bien dis donc, tu as vachement bien travaillé ! Que de choses appétissantes !! Nos PAL vont râler mais tant pis ^_^

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  3. lewerentz dit :

    Je dois lire le Nugent pour le prix Elle 2016 !

    Aimé par 1 personne

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