La Formule de Dieu – José Rodrigues dos Santos

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A Formula de Deus, 2006. Traduit du Portugais par Carlos Batista. Editions Hervé Chopin, 2012 ; réédité en poche chez Pocket en 2013.

Ma chronique :

Le quatrième de couverture situe les livres de cet auteur portugais à mi-chemin entre Umberto Eco et Dan Brown. « Une enquête à couper le souffle entre science et religion » : Einstein aurait mis Dieu en équation, rien de moins ! Ceci plus l’avertissement aux lecteurs : « Toutes les données scientifiques ici présentées sont vraies [et] défendues par des physiciens et des mathématiciens reconnus »… Le compromis littéraire et les thèmes abordés m’ont semblé alléchants, aussi j’ai franchi le pas et j’ai entamé ce pavé de 600 pages en grand format.

Bon… (ceux qui lisent un peu mes chroniques commencent déjà à se dire : « Ouille, ce n’est pas bon signe ! ») : en un mot comme en cent, je n’ai pas du tout accroché. Une vulgarisation scientifique ambitieuse, certes, et assez bien fichue – la joute verbale entre Tomàs et son père sur la démonstration mathématique de la non-existence de l’âme humaine et pourquoi les ordinateurs pourront un jour être doués de conscience est plutôt sympa, par exemple. Mais ça tient plus du cours magistral que du roman, et c’est tout au long du livre, terriblement répétitif. On se lasse vite, d’autant que souvent ça casse complètement le rythme de l’action. Comme une voix off qui appuierait sur le bouton « pause » du film, en pleine action, pour blablater vingt minutes, avant de laisser à nouveau filer les aventures.

Et surtout, surtout ! Dos Santos écrit vraiment mal (je ne pense pas que cela vienne de la traduction), et l’intrigue est cousue de fil blanc, avec des ficelles stylistiques épaisses comme des cordes à sauter, qui plus est ! Sérieux, par moment j’ai été choquée : non, il ne peut pas être si niais avec les femmes ni si naïf avec les services secrets, c’est un rôle qu’il joue !? Et bien non. Le héros, Tomàs Norohna, avec sa belle prestance (qu’on nous dit) et son aura professionnelle de sommité ultra-mondiale en cryptologie, est en fait un crétin, doublé d’une quiche (j’ai en effet été plus rapide que lui pour craquer certains codes du bouquin). Pour couronner le tout déjà vacillant, on ne s’attache pas du tout aux personnages. Ce sont tous des caricatures, qui servent juste de prétexte à l’auteur pour étaler sa science ; c’est le cas de le dire.

J’ai quand même lu poussivement le bouquin jusqu’au bout (avec quelques diagonales, j’avoue, dans les passages répétitifs), mais la fin n’est même pas transcendantale. Pas inintéressante, mais totalement subjective à l’auteur.

Alors évitez de perdre votre temps, ne le lisez pas ! … Ou bien comme une amie de lycée de ma fille, qui voulait en savoir plus sur les philosophies orientales et réviser les théories scientifiques occidentales d’une manière générale, et pour qui le package « roman » est nettement moins rébarbatif qu’un manuel de science ou de philosophie… là, oui, si vous voulez, mais au moins vous serez prévenus : n’en attendez aucun plaisir littéraire !

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