Le Sommeil du Monstre (Le monstre, tome 1) – Enki Bilal

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Bande dessinée écrite, dessinée et mise en couleurs par Enki Bilal. Publiée en 1998 chez Les Humanoïdes associés, rééditée en 2006 chez Casterman. Le Sommeil du Monstre est le premier album de la « Tétralogie du Monstre ».

Ma chronique :

Je suis toujours très sensible à l’univers d’Enki Bilal, tant graphique que scénaristique ; et ce Sommeil du Monstre m’a enchantée. Publié en 1998, c’est le premier tome d’une tétralogie futuriste, politique, apocalyptique, scientifique. Mais c’est surtout une oeuvre de mémoire, tant de l’humanité qu’individuelle.

L’intrigue se place en 2026. L’avenir est pris à la gorge par le fanatisme religieux, très moderne (et saisissant) dans ses outils de robotisation humaine et de manipulations scientifiques, mais toujours archaïque dans les attentats, l’aveuglement, l’ignorance forcée, les destructions et l’omnipotence. L’Obscurantis Order a été créé « par des groupes dissidents issus de courants sectaires des trois principales religions monothéistes (judaïsme, christianisme, Islam) ». (mettre tous les barjots de Dieu dans le même panier et qu’ils réussissent à s’entendre, fallait oser quand même)

Mais l’histoire ici passe aussi par 1993, où un enfant naît dans les rues de Sarajevo bombardé. Quelques jours plus tard, ils sont trois sur un même lit d’hôpital, « leurs têtes encastrées les unes dans les autres et leurs corps tendus comme les branches d’une étoile » : trois nouveaux-nés orphelins, Nike, Amir et Leyla, trois voix liées par-delà le temps, trois destins que l’on découvre au long de ce Sommeil du Monstre, et qui – enfin ? A nouveau ? – s’emmêlent.

Le scénario est très travaillé, c’est un régal. L’ensemble est sombre et violent, mais également porteur d’espoir. Bilal ne cesse jamais de croire en l’homme, capable du plus abject pire, certes, mais aussi du plus lumineux meilleur. Et l’étincelle naît du lien. Tant qu’il y aura de l’attachement, de l’amitié, de l’amour, il y aura de l’espoir. C’est ainsi que je perçois cette oeuvre. Les trois clés de l’avenir lovées en équilibre sur leur destin ; Nike, Amir et Leyla.

(En parenthèse, d’ailleurs, le trois a toujours été un symbole fort, la trinité, le triskell celte. Le deux c’est Bien ou Mal, assez simpliste, sans nuances ; et le quatre c’est trop lourd, presque figé… alors que le trois, lui, ouvre toutes les possibilités, tant ésotériques que scénaristiques !)

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